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Madagascar

Rajoelina et Ravalomanana au coude à coude lors de la présidentielle à Madagascar

Le candidat à la présidentielle malgache Andry Rajoelina à Antananarivo, le 3 novembre 2018.

Les deux frères ennemis et anciens chef de l'Etat malgaches Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana sont au coude à coude après le premier tour de l'élection présidentielle, selon des résultats très partiels publiés jeudi par la commission électorale de ce pays coutumier des crises politiques.

Andry Rajoelina obtient 43,5% des suffrages et Marc Ravalomanana 42,44%, selon des résultats qui portent sur 147 des 24.852 bureaux de vote.

Très loin derrière, en troisième position, arrive l'ancien président Hery Rajaonarimampianina (2014-2018), qui décroche 2,93% des voix, a précisé la commission électorale nationale indépendante (Ceni).

Le taux de participation provisoire s'établit à 47,18%.

Les trois ex-présidents, qui ont déployé des moyens colossaux pendant leur campagne électorale dans un pays extrêmement pauvre, faisaient figure de favoris parmi les 36 candidats en lice.

La prudence est de mise compte tenu du faible échantillon de voix déjà dépouillées, mais "ces premiers résultats confirment un sondage" interdit de publication en septembre, a relevé l’analyste politique Andry Raodina, interrogé par l'AFP.

"On est sur un échantillon très petit mais la tendance est là et claire", a ajouté Marcus Schneider de la Fondation indépendante Friedrich Erbert. "Il y a une bipolarisation du vote entre Ravalomanana et Rajoelina".

Mercredi soir, les deux hommes avaient pris la parole devant leurs partisans pour se dire confiants dans leur victoire.

"Les tendances (des premiers résultats) expriment la volonté de changement", avait déclaré Andry Rajoelina dans le studio de sa chaîne de télévision Viva, sous les applaudissements à tout rompre de centaines de ses supporters présents sur le plateau.

"Je suis optimiste et positif", avait estimé pour sa part Marc Ravalomanana dans un climat plus sobre.

Hery Rajaonarimampianina a lui gardé le silence depuis le vote.

Marc Ravalomanana, 68 ans, et Andry Rajoelina, 44 ans, ont déjà occupé la magistrature suprême, lors de périodes très instables.

Le premier a dirigé la Grande Ile de l'océan Indien de 2002 à 2009, date à laquelle Andry Rajoelina lui a succédé à la suite d'un coup d'Etat, ainsi que l'a qualifié la communauté internationale. Il est resté au pouvoir jusqu'en 2014.

L'élection de 2018 a un parfum de revanche pour les deux hommes, interdits de se présenter à la présidentielle de fin 2013, une décision imposée par la communauté internationale pour éviter de nouveaux dérapages.

"Danger"

"La marche vers un deuxième tour est incontournable", a estimé jeudi à l'AFP Serge Zafimahova, coordonnateur de campagne de Marc Ravalomanana, après la publication par la Ceni des premiers résultats.

Mercredi soir, les chaînes de télévision de Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina donnaient pourtant vainqueur leur candidat dès le premier tour, en se basant sur des résultats partiels obtenus par leurs équipes dans les bureaux de vote.

Si personne n'a obtenu 50% des suffrages mercredi, un second tour sera organisé le 19 décembre entre les deux candidats arrivés en tête.

"Un candidat se risquera-t-il à revendiquer sa victoire au premier tour ?" si les résultats de la Ceni ne vont pas dans ce sens, s'est interrogé Andry Raodina.

Une telle hypothèse ferait naître le "danger d'un scénario comparable à celui de 2001-2002" qui avait débouché sur une crise politico-militaire de sept mois, a ajouté Marcus Schneider.

A l'époque, Marc Ravalomanana avait revendiqué la victoire dès le premier tour de la présidentielle, contrairement aux résultats officiels. Des manifestations avaient suivi et fait une centaine de morts.

La crédibilité des résultats du scrutin de cette année sera essentielle, selon les observateurs.

Le millionnaire Ravalomanana a déjà prévenu dimanche qu'il "accepterait" la défaite "mais à condition qu'il n'y ait eu ni corruption, ni trucage".

L'élection de 2018 est considérée comme un test pour la consolidation de la démocratie à Madagascar.

La campagne électorale, dominée par le thème du développement dans un pays qui affiche un taux d'extrême pauvreté de 76,2% malgré ses richesses naturelles (or, saphir, bois de rose, vanille...) , s'est déroulée dans le calme.

Aucun incident majeur n'a perturbé le scrutin et jeudi, la population vaquait normalement à ses occupations dans la capitale Antananarivo.

Avec AFP

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Détenus tués dans une mutinerie à Madagascar : vive préoccupation à l'ONU

Image d'illustration: plusieurs dizaines de détenus de Farafangana (sud-est) se sont révoltés et ont attaqué les gardiens le 23 août réussissant à s'emparer d'un fusil.

Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a fait part vendredi de son inquiétude après la mort d'une vingtaine de détenus à Madagascar, tués par la police au cours d'une mutinerie dans une prison.

Plusieurs dizaines de détenus de Farafangana (sud-est) se sont révoltés et ont attaqué les gardiens le 23 août réussissant à s'emparer d'un fusil, selon les autorités malgaches, qui ont fait état jeudi de 23 détenus tués par la police.

"Nous sommes très préoccupés par les informations faisant état d'un usage excessif de la force par les forces de sécurité", a déclaré un porte-parole du Haut-Commissariat, Rupert Colville, lors d'un point de presse, évoquant pour sa part un bilan de 22 tués.

"Nous continuerons à travailler avec las autorités malgaches pour nous assurer qu'elles conduisent des enquêtes approfondies, rapides, indépendantes et impartiales", a-t-il ajouté.

Amnesty International a condamné le recours "illégal à la force létale" et exigé une enquête indépendante.

"L'évasion s'est produite dans un contexte où les établissements pénitentiaires sordides et surpeuplés du pays sont un foyer de propagation du Covid-19", a pointé le porte-parole du Haut-Commissariat.

Le ministre malgache de la Justice Johnny Andriamahefarivo a expliqué jeudi la mutinerie par le "mécontentement des détenus, qui sont déjà en surpopulation, qui n'ont plus de droit de sortie à cause du coronavirus, et qui ne savent pas quand ils vont sortir, vu que les procès sont suspendus au tribunal pour cause de confinement".

M. Colville a également souligné qu'il s'agissait de la septième tentative d'évasion de prison à Madagascar depuis le début de la pandémie. Le Haut-Commissariat s'est entretenu avec les autorités pour leur faire part de ses préoccupations concernant les conditions de détention et les risques liés à la surpopulation carcérale dans le contexte du coronavirus, a-t-il indiqué.

Au moins 20 morts, 8 blessés et 31 fugitifs suite à une mutinerie dans une prison malgache

Des policiers surveillent l'entrée d'un abri pour les personnes infectées par le coronavirus à Toamasina, Madagascar, le 3 juin 2020. (Photo by RIJASOLO / AFP)

Vingt prisonniers ont été abattus alors qu'ils tentaient de s'échapper de la prison de Farafangana, à Madagascar, dimanche.

Huit autres détenus ont été blessés dans le chaos.

Selon les autorités, 37 prisonniers ont été capturés, tandis que 31 sont toujours en fuite.

Un rapport d'Amnesty International datant de 2018 sur les prisons de Madagascar indique que "les personnes accusées d'un crime sont régulièrement mises en prison en attendant leur procès" et peuvent attendre "un procès pendant des années, avec peu ou pas d'informations sur leur cas".

Ce qui, toujours selon l'ONG, conduit "à la situation extraordinaire où les prisons de Madagascar détiennent plus de personnes qui n'ont pas été condamnées que celles qui ont été jugées coupables".

Selon le quotidien L'Express de Madagascar, les prisonniers ont organisé une mutinerie et ont pris une arme à feu aux gardiens.

Les autorités ont lancé une recherche des fugitifs et "la situation a secoué la ville", souligne le quotidien.

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Covid-19: le FMI accorde une aide supplémentaire à Madagascar

Le président malgache Andry Rajoelina assiste à un dépistage de patients suspectés d'être infectés par le coronavirus, à Antananarivo, le 31 mars 2020.

Le conseil d'administration du FMI a approuvé jeudi une aide supplémentaire de 171,9 millions de dollars en faveur de Madagascar, dont la situation économique continue de se dégrader en raison de la pandémie de Covid-19, a annoncé l'institution dans un communiqué.

Ce nouveau décaissement, effectué au titre de la facilité de crédit rapide (FCR), porte à 337,9 millions le montant total du soutien financier à ce pays, a précisé le Fonds monétaire international.

"Les perspectives économiques de Madagascar se sont dégradées depuis l'approbation de la première demande (d'aide), en raison d'une nouvelle détérioration de l'environnement mondial et de l'aggravation de l'impact de la pandémie de Covid-19, le PIB (produit intérieur brut, NDLR) devant désormais se contracter de 1% en 2020", a commenté le FMI.

Les secteurs clés de l'économie malgache, notamment le tourisme et l'industrie manufacturière orientée vers l'exportation, sont particulièrement affectés, "affaiblissant davantage les perspectives macroéconomiques", souligne l'institution de Washington.

Les ressources supplémentaires doivent contribuer à répondre aux besoins de financement urgents pour atténuer l'impact de la pandémie, en particulier pour les dépenses de santé et de protection sociale, pour soutenir les plus vulnérables, "et catalyser les ressources supplémentaires des donateurs", détaille le Fonds.

En accordant début avril la première aide, le FMI prenait déjà acte des "graves répercussions" de la crise sanitaire mondiale sur l'économie de Madagascar.

Le tourisme est confronté à "un déclin spectaculaire", et des perturbations affectent les exportations minières et manufacturières, ainsi que le commerce et l'investissement, avait-il alors précisé.

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