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Madagascar fête les 60 ans de son indépendance en grande pompe

Le président Andry Rajoelina à Analakely, à Madagascar, le 8 janvier 2019.

Des militaires en tenue d'apparat, une belle Américaine décapotée mais pas de public... Le président malgache Andry Rajoelina a célébré vendredi le 60e anniversaire de l'indépendance de son pays en grande pompe et à huis clos, pandémie oblige.

Pendant deux heures, plus de 3.000 soldats, policiers et gendarmes ont défilé dans les rues du centre de la capitale Antananarivo devant M. Rajoelina et quelque 200 privilégiés, ministres, diplomates ou chefs traditionnels.

En tenue blanche d'inspiration très... coloniale, le chef de l'Etat a bouleversé les habitudes en passant ses troupes en revue, non pas à bord d'un véhicule militaire mais de la voiture officielle du premier président de la Grande Ile, un rutilant cabriolet Cadillac des années 1960.

Après la parade militaire, des jeunes ont reconstitué l'histoire de la colonisation française de 1896 à 1960.

"Le feu du patriotisme en chacun de nous donne de la chaleur à tous les Malgaches", s'est amusé Andry Rajoelina en référence au froid - tout relatif - qui enveloppait "Tana" en ce début d'hiver austral.

Dans son discours, il a appelé ses compatriotes à l'union "pour donner un réel développement à notre chère patrie" qui, avec neuf habitants sur dix vivant avec moins de 2 dollars par jour, reste l'un des plus pauvres de la planète.

"On va vaincre la division, les épidémies et surtout la pauvreté", a insisté le chef de l'Etat, promoteur d'une tisane controversée contre le Covid-19 dont aucune étude n'a confirmé les prétendues vertus thérapeutiques.

Son appel à l'union n'a pas été entendu par ses deux prédécesseurs, Marc Ravalomanana (2002-2009) et Hery Rajaonarimampianina (2014-2018), qui ont boudé les cérémonies.

Interdits de rassemblement, les habitants du centre de la capitale, dûment vidée de ses milliers de vendeurs informels, ont dû se contenter de suivre le défilé à la télévision et... par intermittence, en raison de nombreuses coupures de retransmission.

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A Tana, cet étrange "Colisée" qui ne passe pas chez les Malgaches

Un ouvrier travaille sur le chantier de construction d'une «arène» en béton sur le site historique du Palais de la Reine (Rova de Manjakamiadana) à Antananarivo, Madagascar, le 22 mai 2020.

Il a poussé à l'ombre du palais d'une reine, sur la piscine sacrée d'un roi, au sommet de la plus haute colline d'Antananarivo. Dédié à l'histoire de Madagascar, le "Colisée" du président Andry Rajoelina sème la discorde.

Lorsque ce projet d'arène en béton largement inspirée de la Rome antique a été dévoilé il y a plus d'un an, personne n'y a vraiment prêté attention.

Il s'agissait alors, en vue du 60e anniversaire de l'indépendance de l'ex-colonie française cette année, de bâtir une enceinte destinée à "accueillir un spectacle pour traiter l'histoire de notre pays de manière éducative, populaire et culturelle", selon la ministre de la Culture, Lalatiana Rakotondrazafy.

Mais au fur et à mesure qu'il sortait de terre, ce bâtiment nommé "Masoandro" - soleil en malgache - a fait froncer de nombreux sourcils. Et à la veille des célébrations du 26 juin, il est devenu l'objet de toutes les critiques.

A commencer par celles des descendants des souverains malgaches qui ont trôné sur le site historique du palais de la reine de Manjakamiadana, du XVIIe siècle jusqu'à l'annexion de la Grande île en 1896.

"On pensait qu'il ne s'agirait que de simples décorations accessoires", note Christian Raoelina, un des petits-fils du frère de la reine Ranavalona III.

"Notre étonnement en voyant la hauteur de la construction n'en a été que plus grand", ajoute-t-il, "on n'avait pas compris que ces travaux allaient apporter de grands changements dans le paysage du palais".

L'association des Amis du patrimoine de Madagascar (APM) s'est elle aussi émue de la forme du "Colisée".

"Il apparaît de façon évidente que, outre son incongruité, cette structure n'a rien à voir avec l'architecture initiale du site, ni avec l'histoire de Madagascar, encore moins avec sa culture", s'est-elle indignée.

La construction est d'autant plus malvenue, a ajouté l'APM, qu'elle menace le classement de la haute-ville d'Antananarivo au patrimoine mondial de l'Unesco.

- "Sauvegarder, pas défigurer" -

Dans un courrier, l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) s'était émue en février de l'impact du projet sur "la valeur universelle exceptionnelle" de la capitale.

L'opposition elle aussi a tiré à boulets rouges contre l'arène présidentielle, en dénonçant le "massacre" d'une "place sacrée" et d'un "symbole historique" du pays.

Mis en cause de toutes parts, le président Rajoelina a riposté en accusant les détracteurs de son arène - il réfute le terme de "Colisée" - d'être "de mauvaise foi".

"L'appel d'offres a été lancé des mois d'août à septembre l'année dernière et est paru dans les journaux les plus lus du pays (...) pendant toute une semaine", a-t-il lancé fin mai à la télévision à tous les "surpris".

"Les descendants des monarques à Madagascar n'ont plus aucun pouvoir", lui a rétorqué aussi sec Christian Raoelina, "mais en tant qu'héritiers propriétaires des tombeaux royaux, nous méritions d'être consultés".

D'autant plus, insiste-t-il,que le "Colisée" a été érigé "dans un emplacement sacré".

"Le rôle de l‘Etat est de sauvegarder, de réhabiliter, d'entretenir le patrimoine du passé, mais non pas de le défigurer ou de le piétiner par de nouvelles constructions", a renchéri l'artiste plasticien Jean Andrianaivo Ravelona.

Président de l'Académie malgache, le Pr Raymond Ranjeva a proposé une concertation nationale sur le sujet. "On doit admettre que cette construction, en l'état actuel des choses, divise la nation", a-t-il regretté.

Pas question, a répondu le chef de l'Etat, déterminé à imposer son projet quoi qu'il en coûte.

"Est-ce qu'on veut restaurer nos fiertés nationales oui ou non ?", a plaidé Andry Rajoelina, dont l'arène doit permettre d'offrir à tous les visiteurs du palais royal des spectacles retraçant l'histoire et le quotidien des anciens souverains de la Grande île.

Son projet - d'un coût estimé à 1,4 million d'euros "financé par le seul budget de l'Etat", insiste le gouvernement - doit drainer 300.000 à 500 000 visiteurs vers le palais de la reine de Manjakamiadana, a-t-il assuré.

Lancement d'une nouvelle marque de véhicules fabriqués à Madagascar

Andry Rajoelina, le président malgache à Alexandria en Egypte le 7 juillet 219.

Le président malgache Andry Rajoelina a annoncé mercredi la production dans le pays d'une nouvelle marque de véhicules, en collaboration avec des entreprises chinoise et allemande. 

"Nous nous réunissons aujourd'hui pour lancer officiellement la marque GasyCar, une marque qui va construire des voitures et des motos", a déclaré le président Rajoelina à Antananarivo.

"On va vendre sur le marché national, mais on pense aussi exporter en Afrique et partout dans le monde", a-t-il ajouté.

Une usine de montage de la marque sera construite à Madagascar. Les premiers véhicules, conçus en collaboration avec des sociétés chinoise et allemande, dont les noms n'ont pas été révélés, seront commercialisés d'ici trois ans.

Mercredi, des prototypes de motos de la marque GasyCar, et des maquettes de véhicules SUV, ont été présentés au public.

GasyCar sera la deuxième marque de véhicules fabriqués à Madagascar, après Karenjy.

Le constructeur Karenjy, fondé en 1984, vend tant bien que mal chaque année quelques dizaines de véhicules rustiques et bon marché (à partir de l'équivalent de 6.500 euros), qui peinent à concurrencer les grandes marques européennes ou asiatiques.

Karenjy a fabriqué deux "papamobiles" à l'occasion de la visite en 1989 du pape Jean Paul II et l'an dernier pour la visite du pape François.

Après son élection en 2018, Andry Rajoelina a promis une industrialisation de Madagascar, l'un des pays les plus pauvres au monde. Neuf habitants sur dix de la Grande Ile vivent avec moins de deux dollars par jour.

L'Assemblée nationale malgache légalise le rhum traditionnel local

Nettoyage du marché d’Anosibe l’un des quartiers d’Antananarivo à Madagascar le 10 octobre 2017.

L'Assemblée nationale malgache a adopté une loi légalisant le rhum traditionnel de la Grande Ile, le  "taoka gasy" ou alcool malgache à base de canne à sucre, une boisson très prisée de la population.

"La fabrication et la vente de taoka gasy ont depuis toujours été considérées comme illégales à Madagascar", a expliqué à l'AFP mercredi le député issu du parti présidentiel Jean Brunelle Zafitsiandraofa, auteur de la proposition de loi.

"Or, ce produit circule et se vend partout sur tout le territoire de l'île, en cachette, grâce à la corruption, malgré l'interdiction et les arrestations", a ajouté cet ancien commissaire de police.

"J'ai fait cette proposition de loi car je trouve cette interdiction sans fondement", a encore dit l'élu.

Elle reflétait "une vision néocolonialiste des produits de fabrication locale (...) On a toujours sous-estimé et dénigré les produits de fabrication malgache, comme les biscuits, les bonbons, l'alcool et même la médecine", a-t-il souligné.

La proposition de loi, adoptée mardi par l'Assemblée nationale, doit encore être approuvée par le Sénat, aux mains de l'opposition, avant le contrôle de constitutionnalité et une promulgation par le président Andry Rajoelina.

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