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L'enquête américaine sur les ingérences russes dans la campagne s'accélère


Le procureur spécial américain Robert Mueller au Capitol Hill, Washington, 12 mars 2013.

Le procureur spécial américain Robert Mueller a fait inculper au moins une première personne dans l'enquête sur les ingérences russes dans la campagne présidentielle de l'an dernier, marquant le franchissement d'une nouvelle étape judiciaire.

On ignore à ce stade qui a été inculpé, et pour quel chef d'accusation. Mais CNN a confirmé avec plusieurs sources qu'un grand jury fédéral avait approuvé vendredi des chefs d'inculpation, et que des arrestations pourraient avoir lieu dès lundi.

Selon le Wall Street Journal, il s'agit d'au moins une personne.

L'équipe de Robert Mueller reste mutique, fidèle à sa conduite depuis que l'ancien patron du FBI a repris les rênes de l'explosive enquête russe, le 17 mai dernier.

Il avait été nommé par le numéro deux du ministère de la Justice, Rod Rosenstein, après le limogeage par le président Donald Trump du directeur du FBI James Comey. Jusqu'alors, c'était le FBI qui menait les investigations, ouvertes en juillet 2016. Un procureur spécial est plus indépendant du pouvoir politique qu'un procureur classique, même s'il reste sous la tutelle du ministère.

Le périmètre de l'enquête inclut toutes les actions menées par la Russie pour influencer l'élection américaine, et notamment une éventuelle collusion avec des Américains ou des membres de l'équipe de campagne de Donald Trump. Le président a nié toute collusion avec Moscou.

L'équipe de Robert Mueller s'intéresse aussi à la question d'une éventuelle tentative d'entrave à la justice de la part du dirigeant, qui a reconnu avoir limogé James Comey en raison de l'affaire russe. M. Comey a déclaré sous serment au Congrès, lors d'une audition, que le président lui avait demandé en tête à tête sa "loyauté", et lui avait intimé l'ordre de lever le pied sur l'enquête visant l'ex-conseiller présidentiel Michael Flynn.

- Contre-feu sur Clinton -

L'ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, figure parmi la liste des personnes qui intéressent les enquêteurs, notamment en raison de ses relations financières avec la Russie, en tant que lobbyiste et consultant au fil des années.

Quant à Michael Flynn, éphémère premier conseiller à la sécurité nationale du président, il serait aussi pris dans la nasse pour son travail de lobbying. Il a également rencontré des responsables russes après l'élection.

L'imminence d'arrestations a déclenché une vague d'indignation parmi les supporteurs les plus fervents de Donald Trump, qui comme lui estiment que l'enquête de M. Mueller est une "chasse aux sorcières".

Sean Hannity, défenseur acharné du président et présentateur star de la chaîne Fox News, agite la thèse que l'enquête de Robert Mueller est un écran de fumée destiné à masquer un autre scandale impliquant... Hillary Clinton.

"Quand Hillary Clinton sera-t-elle inculpée?" a tweeté cet ami du président.

Récemment, les républicains ont rouvert le dossier d'une vente en 2010 de mines d'uranium américaines, alors qu'Hillary Clinton était la chef de la diplomatie de Barack Obama, au groupe nucléaire public russe Rosatom. Ils accusent l'ancienne secrétaire d'Etat d'avoir laissé passer la vente en échange de dons à la fondation Clinton.

A cela s'ajoute la découverte cette semaine que l'équipe de campagne d'Hillary Clinton, ainsi que le parti démocrate, avaient payé l'enquêteur britannique privé qui a établi l'an dernier un dossier controversé sur Donald Trump, incluant des informations compromettantes sur ses liens avec la Russie. Ce dossier avait fuité dans la presse en janvier, dénoncé comme une manipulation par le camp Trump.

Ces deux dossiers sont pour les démocrates une tentative évidente de diversion, notamment celui de l'uranium, connu et disséqué depuis des années. Mais la Maison Blanche elle-même les exploite pour accuser Hillary Clinton de collusion avec la Russie.

"Nous commençons à voir que les démocrates sont en réalité coupables eux-mêmes de tout ce dont ils ont accusé le président", a affirmé vendredi la porte-parole présidentielle, Sarah Sanders.

Avec AFP

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