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Les autorités marocaines ouvrent une enquête après l'agression de journalistes


Un policier marocain garde l'entrée du bureau judiciaire d'investigation à Sale, près de Rabat, Maroc, le 29 janvier 2017. (AP Photo/Abdeljalil Bounhar)
Un policier marocain garde l'entrée du bureau judiciaire d'investigation à Sale, près de Rabat, Maroc, le 29 janvier 2017. (AP Photo/Abdeljalil Bounhar)

Les autorités marocaines ont ouvert une enquête interne visant des agents administratifs locaux et démenti toute implication de la police, après la publication par Reporters sans Frontières (RSF) d'un communiqué dénonçant l'agression de journalistes locaux pendant un reportage.

Jeudi, RSF avait appelé les autorités à prendre des sanctions après qu'une équipe de la TV Amazigh a été agressée physiquement et verbalement pendant un tournage sur un marché local à Tiflet, dans la région de Rabat.

Le communiqué publié par RSF dénonçait le "comportement inacceptable" de la police dans cet incident, ce qui a suscité une réaction indignée de la direction de la sûreté marocaine (DGSN).

Les fonctionnaires de la police qui s'efforcent de faciliter le travail des journalistes depuis le début de la pandémie "n'ont effectué aucune intervention" à Tiflet, précise un communiqué de la DGSN.

Ce sont des agents administratifs du ministère de l'Intérieur qui ont bousculé les deux journalistes de la TV Amazigh pour les empêcher de travailler, comme le montre une vidéo de l'incident publiée sur les réseaux sociaux.

Le Syndicat national de la presse marocaine s'est adressé jeudi au ministère de l'Intérieur en lui demandant "d'accélérer les mesures contre cette agression claire contre la liberté de la presse".

Le ministère a depuis "ouvert une enquête interne pour déterminer les circonstances de l'incident et établir la vérité", a indiqué un porte-parole de l'Intérieur à l'AFP en laissant entendre que des sanctions seraient prises le cas échéant.

Pour sa part, la DGSN a dénoncé avec force les "fausses informations" portant atteinte à la réputation de ses fonctionnaires.

Elle souligne dans un communiqué que ses services "répondaient favorablement à toutes les demandes de tournage formulées par les médias nationaux et internationaux".

Le Maroc est classé 133e sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse 2020 établi par Reporters sans frontières.

Le royaume a instauré le 20 mars un état d'urgence sanitaire musclé avec confinement obligatoire, déplacement soumis à permis spécial et port du masque, sous le contrôle étroit des forces de l'ordre massivement déployées sur le terrain. La presse a été dotée de permis spéciaux lui permettant de travailler normalement.

Le Maroc comptait vendredi 5.661 cas officiellement détectés et 185 décès pour environ 55.000 tests menés depuis la mi-mars.

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