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Le journaliste Taoufik Bouachrine condamné à 12 ans de prison au Maroc

Taoufik Bouachrine (D), directeur du journal Akhbar Al Youm et le caricaturiste Khalid Gueddar, Casablanca, 23 octobre 2009.

Le patron de presse marocain Taoufik Bouachrine a été condamné à 12 ans de prison ferme pour des violences sexuelles qu'il a toujours niées, au terme d'un procès mouvementé qui a divisé l'opinion.

"Procès politique" pour certains, "affaire de mœurs" pour d'autres: l'affaire jugée à huis clos depuis le 8 mars à Casablanca a passionné la presse locale du fait de la personnalité de l'accusé et de la gravité des charges, "traite d'êtres humains", "abus de pouvoir à des fins sexuelles", "viol et tentative de viol".

Arrêté en février dans les locaux de son journal au cours d'une opération spectaculaire de police et incarcéré depuis, le directeur du quotidien indépendant Akhbar al-Yaoum était jugé par la chambre criminelle de la Cour d'appel de Casablanca qui l'a reconnu coupable de tous les chefs d'accusation.

L'influent journaliste risquait 20 ans de prison. Ses avocats avaient plaidé pour son acquittement.

- "Procès politique" -

Invité à prendre une dernière fois la parole vendredi, l'accusé a dit qu'il était "victime d'un procès politique à cause de sa plume", a dit un de ses avocats Mohamed Ziane.

"Calme et sûr de lui", il a déploré que "dans le monde arabe on ne comprenne toujours pas ce que c'est que la liberté de la presse", selon son avocat.

Il a affirmé qu'il payait ses écrits contre des personnalités politiques marocaines, comme le milliardaire Aziz Akhannouch, ministre de l'Agriculture, et contre le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane.

Il a assuré avoir "appris de sources gouvernementales que l'ambassade d'Arabie saoudite à Rabat s'était plainte auprès du chef du gouvernement de deux de ses éditos critiques", selon son avocat Abdelmoula El Marouri.

"C'est un dossier pénal, avec des faits et des victimes. Il n'y a aucune relation entre exprimer des positions politiques et commettre des agressions sexuelles", a contesté un des avocats de la partie civile, Me Mohammed Karout.

Le tribunal a octroyé aux victimes des indemnisations allant de 100.000 à 500.000 dirhams (environ 9.000 à 46.000 euros).

La partie civile estime que "les indemnisations ne sont pas à la hauteur des préjudices" et compte faire appel, a indiqué Me Karout.

- "Montages" -

L'accusation repose sur des plaintes, des témoignages à charge et une cinquantaine de vidéos d'ébats sexuels saisies dans son bureau lors de son arrestation.

Ces images très explicites, dont certaines ont fuité dans la presse, démontrent "des pratiques abjectes", selon les avocats des plaignantes. La défense, elle, assure qu'il s'agit de "montages".

Une expertise technique menée au cours du procès a confirmé l'authenticité des vidéos. Mais selon la défense, rien ne permet d'identifier formellement Taoufik Bouachrine.

Dans ses dernières déclarations, le patron de presse a une nouvelle fois nié être l'homme filmé dans les vidéos qui de plus, montrent "des scènes de relations consenties", selon un de ses avocats.

L'affaire a connu plusieurs rebondissements depuis l'ouverture du procès: quatre femmes citées comme "victimes" par l'accusation ont démenti être concernées. L'une d'elle a été condamnée à six mois de prison ferme pour avoir accusé la police d'avoir falsifié sa déclaration, une peine confirmée en appel cette semaine. D'autres ont refusé de se présenter devant le tribunal.

Au final 8 des 15 parties civiles citées à l'origine par l'accusation ont été reconnues comme victimes et indemnisées, selon les avocats de la partie civile.

Du fait du huis-clos, la presse locale a diffusé pendant le procès des compte-rendus contradictoires, avec d'un côté des témoignages détaillés sur les "perversions" de l'accusé, de l'autre des protestations dénonçant une "affaire montée de toutes pièces".

Taoufik Bouachrine avait déjà fait l'objet de poursuites: en 2009 pour une caricature jugée irrespectueuse de la famille royale et du drapeau national, en 2015 pour un article attentatoire "à la réputation du Maroc", début 2018 pour "diffamation" à l'encontre de deux ministres.

Avec AFP

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Arrestation au Maroc d'un djihadiste qui visait Séville

Arrestation d'un homme accusé de collaborer avec l'Etat Islamique dans un cybercafé à Barcelone le 8 décembre 2015.

Un djihadiste présumé, soupçonné de vouloir commettre un attentat à Séville (sud de l'Espagne) a été arrêté au Maroc, a annoncé mercredi le ministère de l'Intérieur espagnol.

Un djihadiste présumé, soupçonné de vouloir commettre un attentat à Séville (sud de l'Espagne) a été arrêté au Maroc, a annoncé mercredi le ministère de l'Intérieur espagnol.

Contacté par l'AFP, le ministère n'a pas voulu indiquer si cet homme, qui réside à Séville, voulait agir durant la Semaine sainte, à l'occasion de laquelle des centaines de milliers de touristes affluent dans la capitale andalouse pour assister aux processions catholiques.

"La police nationale et les services de renseignement espagnols et marocains ont mené une opération antiterroriste qui s'est soldée par l'arrestation au Maroc d'un jihadiste présumé qui prévoyait de commettre un attentat à Séville", a écrit le ministère dans un communiqué.

Les forces de l'ordre perquisitionnaient mercredi dans l'après-midi le domicile de cet homme à Séville.

L'Espagne est placée depuis 2015 au niveau 4 sur 5 d'alerte antiterroriste.

Le pays a été frappé à deux reprises par des attentats jihadistes d'envergure: en 2004, quand des bombes avaient explosé dans des trains de banlieue de Madrid, tuant 191 personnes, puis en 2017 quand un double attentat avait fait 16 morts à Barcelone et Cambrils, en Catalogne.

Le pape François tient une masse au Maroc

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Le royaume chérifien attend le pape avec impatience

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Le pape au Maroc : main tendue à l'islam et aux migrants

Le pape au Maroc : main tendue à l'islam et aux migrants
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Le pape au Maroc : main tendue à l'islam et aux migrants

Le Pape François au Vatican le 15 juin 2018.

Le pape se rend samedi et dimanche au Maroc, terre musulmane prônant le dialogue interreligieux, pour une courte visite qui le verra aussi rencontrer des migrants, alliant ainsi deux grandes priorités de son pontificat.

"Je viens en pèlerin de paix et de fraternité, dans un monde qui en a tant besoin", a commenté jeudi François dans un message vidéo adressé au peuple marocain.

Il estime que chrétiens et musulmans croient en un Dieu "miséricordieux", désirant que "nous vivions en frères, se respectant dans les diversités".

Le souverain pontife argentin, spécialiste des voyages dans les plus minuscules communautés catholiques du globe, est également attendu avec impatience par une communauté de quelque 30.000 fidèles. Il s'agit essentiellement d'étrangers venus d'Afrique subsaharienne, étudiants ou migrants en route vers le continent européen.

Dans son message vidéo, le pape précise encore qu'il est venu "encourager le cheminement" de la communauté chrétienne et rencontrer les migrants "qui représentent un appel à construire ensemble un monde plus juste et plus solidaire".

Environ 10.000 catholiques du pays sont attendus dimanche à une messe dans un centre sportif, un chiffre historique pour une célébration catholique dans ce pays à 99% musulman (sunnite).

A l'instar de son voyage aux Emirats arabes unis en janvier, l'image du pape célébrant la messe, au lendemain d'une rencontre avec le roi et "Commandant des croyants" Mohammed VI et de hauts responsables religieux, offrira un visage concret à ses appels répétés à la tolérance religieuse.

Le voyage du chef spirituel des quelque 1,3 milliard de catholiques suscite l'espoir des minorités chrétiennes et des musulmans convertis, qui demandent à pouvoir bénéficier pleinement de la liberté de culte inscrite dans la Constitution marocaine.

- Liberté de culte incomplète -

"Nous rêvons d'un Maroc libre qui assume sa diversité religieuse", a ainsi affirmé la Coordination des chrétiens marocains. Elle souhaite que cette visite soit "une occasion historique" pour que le Maroc avance "tangiblement dans ce sens".

Selon la Constitution marocaine, "l'islam est la religion de l'Etat, qui garantit à tous le libre exercice des cultes". Le code pénal marocain ne prévoit pas la peine de mort pour les apostats de l'islam, contrairement par exemple à celui des Emirats arabes unis.

Au Maroc, "la règle du jeu, c'est la discrétion", explique un responsable religieux à Rabat.

Le sujet reste sensible. En juin dernier, le ministre marocain d'Etat chargé des droits de l'Homme, l'islamiste Mustapha Ramid, avait ainsi estimé que la liberté de conscience était "une menace" pour la "cohésion" du Maroc.

La conversion volontaire n'est pas un crime, mais le prosélytisme (le fait "d'ébranler la foi d'un musulman ou de le convertir à une autre religion") peut coûter jusqu'à trois ans de prison. "Ce qui est condamné c'est le prosélytisme agressif", insiste l'ambassadeur du royaume du Maroc à Paris, Chakib Benmoussa.

Pour lui, "la visite du pape François est un moment fort, aussi bien pour lutter contre les courants de fanatisme, de repli identitaire, d'intolérance mais aussi (...) pour l'interraction positive entre les religions, les peuples et les civilisations".

- Migrants, sujet sensible -

Le pape François a confié qu'il aurait aimé se rendre personnellement à Marrakech en décembre pour l'adoption par plus de 150 pays du Pacte mondial sur les migrations des Nations unies.

Le texte non contraignant, qui vise à renforcer la coopération internationale pour une "migration sûre", avait déchainé les passions dans plusieurs pays avant sa ratification finale à New York.

François a prévu de rencontrer samedi des migrants dans le centre Caritas diocésain, où il prononcera un discours.

La question des migrants est un autre sujet sensible au Maroc, qui revendique une politique d'accueil "humaniste". Mais Rabat se fait régulièrement épingler par les défenseurs des droits de l'Homme, qui critiquent des vagues d'arrestations musclées destinées à éloigner les candidats à l'exil des rives de la Méditerranée.

"J'espère que la visite du pape apportera du progrès sur cette question", a déclaré l'archevêque de Tanger, Mgr Santiago Angelo Martinez, au cours d'un récent point de presse.

Le voyage de François au Maroc intervient près de 34 ans après celui Jean Paul II, à l'été 1985, marquée par une rencontre interreligieuse avec 80.000 jeunes dans un stade. Premier chef d'Etat d'un pays arabe à inviter un pape, le roi Hassan II (père de l'actuel monarque) avait été reçu au Vatican en novembre 1991.

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