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Des centaines de marocaines se déclarent "hors-la-loi" pour défendre leur liberté

Manifestation de solidarité pour la journaliste Hajar Raissouni, Rabat, Maroc, 9 septembre 2019.

Des centaines de Marocaines se sont déclarées "hors-la-loi" en proclamant avoir violé les lois "obsolètes" de leur pays sur les mœurs et l'avortement, dans un manifeste publié lundi au nom des libertés individuelles.

"Nous sommes hors-la-loi. Nous violons des lois injustes, obsolètes, qui n'ont plus lieu d'être. Nous avons eu des relations sexuelles hors mariage. Nous avons subi, pratiqué ou été complices d'un avortement", affirment les signataires.

"La culture du mensonge et de l'hypocrisie sociale génère la violence, l'arbitraire, l'intolérance. Ces lois, liberticides et inapplicables, sont devenues des outils de vengeance politique ou personnelle", déclare le manifeste lancé sous forme de pétition ouverte aux hommes.

Le texte co-rédigé par l'écrivaine franco-marocaine Leila Slimani porte symboliquement 490 signatures, en référence à l'article 490 du code pénal marocain qui punit de prison les relations sexuelles hors mariage.

Sa publication coïncide avec la troisième audience du procès de Hajar Raissouni, une journaliste en détention depuis fin août pour "avortement illégal" et "débauche". Cette reporter du quotidien arabophone Akhbar Al-Yaoum dénonce une "affaire politique" depuis son arrestation.

- "Défendre toutes les vies brisées" -

Sa demande de remise en liberté a été rejetée la semaine dernière par le tribunal de Rabat, tout comme celle de son fiancé, du médecin, de l'infirmier et de la secrétaire médicale, arrêtés en même temps qu'elle. L'audience de lundi doit être consacrée au fond, les "vices de forme" soulevés par la défense n'ayant pas été retenus.

Au-delà de ce cas, le manifeste des "Hors-la-loi" veut "défendre toutes les vies brisées par le déshonneur, l'infamie ou la prison", a déclaré Leïla Slimani. "C'est une campagne portée par des femmes de tous bords, enseignantes, banquières, femmes au foyer, étudiantes, artistes ou intellectuelles", a précisé la réalisatrice Sonia Terrab, co-autrice du texte.

"Je n'en peux plus. Car mon corps m'appartient, il n'appartient ni à mon père, ni à mon mari, ni à mon entourage, ni aux yeux des hommes dans la rue, et encore moins à l'Etat", affirment les signataires.

En 2018, la justice marocaine a poursuivi 14.503 personnes pour débauche, 3.048 pour adultère, 170 pour homosexualité et 73 pour avortements, selon les chiffres officiels. Entre 600 et 800 avortements clandestins sont pratiqués chaque jour au Maroc, selon des estimations.

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Sahara occidental: reprise du trafic routier à la frontière avec la Mauritanie

Des membres du Front Polisario quittent leur campement près de la frontière mauritanienne à Guerguerat, au Sahara occidental, sur la route menant à la Mauritanie, le 13 novembre 2020.

Le trafic routier a repris samedi, après trois semaines de blocage, entre la Mauritanie et le Sahara occidental, au lendemain d'une opération militaire lancée par le Maroc dans une zone-tampon de ce territoire disputé proche de la frontière mauritanienne, a-t-on appris de sources sécuritaires mauritanienne et marocaine.

"80 camions ont traversé côté mauritanien (en direction du nord). De l'autre côté, cela reprend également", a déclaré à l'AFP cette source haut placée ayant requis l'anonymat.

Vendredi, Rabat avait annoncé avoir lancé une opération militaire dans la zone-tampon de Guerguerat, à l'extrême sud du Sahara occidental, afin de rouvrir la route conduisant vers la Mauritanie voisine, un axe routier essentiel pour le trafic commercial vers l'Afrique de l'Ouest.

Le regain de tensions dans l'ancienne colonie espagnole que se disputent le Maroc et le Polisario depuis des décennies, a suscité de l'inquiétude à l'ONU, à l'Union africaine (UA) mais aussi en Algérie, en Mauritanie, en France, en Espagne ou même en Russie, pays qui suivent de près ce dossier.

Le Front Polisario, mouvement indépendantiste sahraoui, a affirmé samedi poursuivre les combats au Sahara occidental alors que plusieurs pays appellent à respecter le cessez-le-feu de 1991.

"Le trafic routier entre le Maroc et la Mauritanie a repris dans les deux sens à Guerguerat", a confirmé depuis Rabat à l'AFP un haut responsable marocain.

Des vidéos transmises à l'AFP par les autorités marocaines montrent la reprise du trafic côté marocain au poste frontière de Guerguerat.

L'agence officielle marocaine MAP a pour sa part indiqué que "des dizaines de camions de transports de marchandises qui étaient bloqués depuis trois semaines à cause des agissements des milices et du Polisario ont traversé la frontière dans les deux sens".

L'état-major général marocain avait indiqué vendredi soir que le passage de Guerguerat était "complètement sécurisé via la mise en place d'un cordon de sécurité par les forces armées royales", tandis que les Affaires étrangères répétaient que "le Maroc reste fermement attaché au cessez-le-feu".

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