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Côte d'Ivoire

L'avocat de Gbagbo demande sa "liberté immédiate"

Laurent Gbagbo à la CPI le 15 janvier 2019.

L'avocat de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, acquitté en 1ère instance par la CPI mais en liberté surveillée en Belgique en raison d'un appel de la Procureure, demande sa "mise en liberté immédiate et sans condition" et la possibilité pour lui d'être candidat à la présidentielle 2020. 

Dans sa requête de 22 pages dont l'AFP a obtenu une copie, Me Emmanuel Altit, conseil principal de Laurent Gbagbo, demande à la Chambre d'"ordonner la mise en liberté immédiate et sans condition de Laurent Gbagbo" et "de dire qu’il peut être libre d’aller où il le souhaite, par exemple dans son propre pays".

"Laurent Gbagbo pourrait en effet, à la demande de responsables politiques du pays, être amené à participer à la campagne ou même être amené, par hypothèse, à poser sa propre candidature", écrit l'avocat.

"Laurent Gbagbo, acquitté de toutes les charges portées contre lui (...) ne peut se déplacer où il veut, il ne peut tenir publiquement les propos qu’il veut, il ne peut participer aux réunions publiques auxquelles il voudrait participer".

"Le maintien du régime restrictif de liberté aurait (...) pour conséquence d’interdire à Laurent Gbagbo de jouer un rôle dans la vie publique et dans la réconciliation de son pays. Cela lui interdirait par exemple de participer d’une manière ou d’une autre aux élections présidentielles à venir".

La procureure de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, a fait appel de l'acquittement de crimes contre l'humanité prononcé en janvier en faveur de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, l'ex-chef du mouvement pro-Gbagbo des Jeunes Patriotes. Dans l'attente de la suite du procès, Gbagbo réside à Bruxelles, et Blé Goudé, qu'aucun pays n'a accueilli, est resté aux Pays-Bas.

Les deux hommes ont été jugés pour crimes contre l'humanité commis en 2010 et 2011 au cours des violences post-électorales qui avaient fait 3.000 morts en Côte d'Ivoire, avant d'être acquités et libérés sous conditions.

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Guillaume Soro se déclare candidat à la présidentielle de 2020

Le président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire Guillaume Soro à Abidjan, Côte d’Ivoire, 17 novembre 2017.

L'ancien chef de la rébellion ivoirienne, Guillaume Soro, ex-président de l'Assemblée nationale passé à l'opposition, a annoncé vendredi qu'il était candidat à l'élection présidentielle de 2020 en Côte d'Ivoire.

"C'est décidé, je suis candidat pour 2020", a-t-il dit dans un entretien à la radio RFI et la chaîne France 24, soulignant qu'il ferait lors de son retour "une déclaration solennelle et officielle en terre de Côte d'Ivoire".

M. Soro est le premier homme politique à se déclarer candidat à la présidentielle ivoirienne.

"Je ne vois absolument pas de raison pour que la justice (ivoirienne) m'empêche d'être candidat", a-t-il déclaré, balayant toutes les affaires le concernant.

Ancien Premier ministre et ancien allié du président Alassane Ouattara, M. Soro, qui n'est soutenu par aucun des trois grands partis ivoiriens, a lancé une nouvelle structure, Générations et peuples solidaires (GPS), dont il espère un succès équivalent à celui d'En Marche, lancé un an avant son élection à la présidence française par Emmanuel Macron.

"Quand Macron lançait +En marche+, toute la classe politique était unanime (pour dire) qu'il ne serait jamais président (...) J'ai décidé de prendre mon destin en main. J'ai 47 ans et je pense que je ferai cavalier seul".

Près de dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui avait fait 3.000 morts, la prochaine présidentielle d'octobre 2020 s'annonce tendue en Côte d'Ivoire. Les élections municipales et régionales de 2018 avaient été marquées par de nombreuses violences et des fraudes.

L'Afrique veut en finir avec la maladie du sommeil

(Benno Muchler/VOA)

Au XXe siècle, elle a provoqué des hécatombes: la maladie du sommeil, transmise par la mouche tsé-tsé, est en passe d'être éliminée en Afrique. A condition de ne pas relâcher l'effort de lutte.

"La maladie du sommeil, ça fait peur, quand ça prend quelqu'un, il devient fou", témoigne auprès de l'AFP, lors d'une séance de dépistage dans un village, Emile Gouribitiali, 56 ans, dont la mère et le petit frère ont été atteints par le passé.

Causée par un parasite, le trypanosome, qui donne son nom scientifique à la maladie, la trypanosomiase humaine africaine (THA) est mortelle si elle n'est pas diagnostiquée et traitée à temps.

La maladie du sommeil épuise ceux qui en sont atteints. Après une phase de fièvres et de maux de tête, le malade dort le jour, mais plus la nuit. Il devient fou quand le cerveau est atteint puis tombe dans la coma et décède en quelques mois ou quelques années.

"Après un siècle de lutte, la maladie du sommeil est en passe d'être éliminée", et "n'est quasiment plus un problème de santé publique en Afrique", se réjouit Dramane Kaba, médecin entomologiste et directeur de l'Institut Pierre Richet (IPR) de Bouaké (centre de la Côte d'Ivoire).

"Mais attention à ne pas relâcher l'effort", avertit le scientifique. En effet, on a déjà cru une fois vaincre la maladie du sommeil, après une grande campagne menée des années 1920 aux années 1960. "La vigilance s'est ensuite relâchée, et la maladie est repartie", raconte-t-il.

Des équipes de l'IPR sillonnent régulièrement les campagnes ivoiriennes pour sensibiliser les populations et détecter les malades. La glossine, nom scientifique de la mouche tsé-tsé, vit en effet le long des marigots et dans les champs, s'épanouissant dans les zones humides et ombragées. Les paysans et leurs familles sont donc les premiers touchés.

- Dépistage sous le manguier -

Mi-octobre, une équipe s'installe pour la journée à Paabénéfla, un village de 500 habitants en pays gouro, dans le centre de la Côte d'Ivoire. Cette zone fut une des plus touchées par la maladie.

Un agent communautaire de santé, Felix Goulizan, s'improvise griot : muni d'un mégaphone, il parcourt les rues pour rameuter la population.

Le dépistage se fait sur la place devant la maison du chef de village, sous un grand manguier. Petit à petit, les habitants arrivent. Un premier agent les recense et les questionne sur d'éventuels symptômes. Puis on leur prélève une goutte de sang, qui est immédiatement analysée à l'aide d'un petit laboratoire de campagne. Si c'est positif, des examens plus poussés seront effectués à l'hôpital de Sinfra, la ville voisine.

Un jeune du village, Franck Guessanbi, raconte son calvaire lorsqu'il est tombé malade à 17 ans. "Je dormais beaucoup, même à l'école, je n'avais plus de force". Agé maintenant de 21 ans et guéri, il est cependant toujours suivi par l'équipe de l'IPR.

Paradoxalement, grâce au succès de la lutte, "la population ne ressent plus la maladie comme une menace", explique Vincent Jamonneau, chercheur-parasitologue à l'Institut de recherche pour le développement (IRD - France), détaché à l'IPR.

Du coup, de nombreux habitants, surtout les jeunes, ne viennent plus spontanément se faire dépister, alors que le risque est toujours présent.

- Traitement en test -

Le traitement par injections ou par perfusion (suivant le stade de la maladie), assez lourd, nécessite une hospitalisation d'une semaine à dix jours. Il est gratuitement fourni par l'OMS dans toute l'Afrique.

Un traitement révolutionnaire avec un seul comprimé en prise unique est en phase de test, précise Brice Rotureau, parasitologue et chercheur à l'Institut Pasteur de Paris, en mission en Côte d'Ivoire.

La Côte d'Ivoire est en pointe dans la lutte contre la trypanosomiase, avec seulement huit cas détectés depuis 2015. Le pays vise l'arrêt de la transmission dès 2025.

Sur l'ensemble de l'Afrique, seul continent où la maladie est présente, seulement 1.000 cas de THA ont été recensés en 2018. Un chiffre sans commune mesure avec le pic de 300.000 malades estimés par l'OMS dans les années 1990. L'OMS vise un arrêt total des infections d'ici 2030.

Il y a cependant "des poches de résistance", comme la République démocratique du Congo, qui concentre 80% des cas, la Guinée, dont les programmes de santé ont été durement ébranlés par la crise de l'épidémie d'Ebola, "des zones d'ombre", liés aux différents conflits armés en cours, note Dramane Kaba.

"Il y a vraiment moyen d'éliminer la trypanosomiase. Mais cette maladie ne suscite pas beaucoup l'intérêt des bailleurs de fonds. Or nous avons encore besoin de leur soutien car c'est un défi crucial de dépister et traiter les derniers cas pour en finir avec la maladie", plaide Vincent Jamonneau.

Avec AFP

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