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Côte d'Ivoire

Blé Goudé se voit un destin présidentiel

Charles Blé Goudé, dirigeant des mouvements de "jeunes patriotes" ivoiriens 13 juin 2005 lors d'une conférence de presse à Abidjan où les "patriotes" appellent les soldats français à quitter le pays. AFP PHOTO KAMPBEL (Photo de KAMBOU SIA / AFP

L'ancien chef controversé des Jeunes Patriotes de Côte d'Ivoire, Charles Blé Goudé, récemment acquitté de crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale, se voit un destin présidentiel dans son pays, dans un entretien diffusé mercredi par la chaîne France 24.

"J'ai des ambitions pour un jour diriger mon pays, avec une équipe qui comprendra qu'il faut faire de la politique autrement en Côte d'Ivoire", déclare depuis La Haye, où il est en liberté sous condition après cinq ans de prison, ce fidèle de l'ex-président ivoirien Laurent Gbgabo, également acquitté par la CPI.

"Le jour où la procédure sera finie (la procureure de la CPI a fait appel, NDLR), je rentrerai chez moi, dans mon pays, la Côte d'Ivoire m'attend", affirme l'ancien ministre de la Jeunesse de Gbagbo.

"J'ai un projet, une vision sur l'avenir de ma nation", affirme encore M. Blé Goudé, qui se voit en "homme d'Etat", contrairement aux "hommes politiques qui ne pensent qu'aux élections".

Dans un entretien à l'AFP fin mai, M. Blé Goudé avait indiqué qu'il ne serait "candidat à rien en 2020", l'année de la prochaine élection présidentielle.

"Je vais prendre mon temps", a-t-il dit sur France 24.

Interrogé sur le risque de nouvelles violences lors du prochain scrutin présidentiel, Charles Blé Goudé demande qu'on "tire les leçons de ce qui nous est arrivé", faisant référence à la crise post-électorale de 2010-11 qui fit 3.000 morts.

Dans les années 2000, Charles Blé Goudé fut surnommé "le général des rues" pour sa capacité à mobiliser les partisans de Laurent Gbagbo, y compris pour des actions violentes, à travers le mouvement des Jeunes Patriotes notamment, souvent qualifié de milice.

Ses détracteurs et les ONG internationales le considèrent comme un de ceux qui ont contribué à la montée de la tension en Côte d'Ivoire dans la décennie 2000.

En novembre 2004, Blé Goudé avait lancé ses partisans à l'assaut des Blancs vivant à Abidjan, provoquant la fuite de milliers d'entre eux, évacués dans la précipitation par la France. Il s'est cependant dit "victime de propagande" dans son entretien à l'AFP.

Sur France 24, il a redit qu'il "n'est pas anti-français" et qu'il souhaite des "rapports gagnant-gagnant" avec l'ex-puissance coloniale, qui dispose toujours d'une importante base militaire à Abidjan, et entretient de forts liens économiques avec la Côte d'Ivoire.

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Un engin explosif détonne en Côte d'Ivoire, selon l'armée

Un officier de police ivoirien se tient près d'un bus en feu à Abidjan, le 10 septembre 2015.

Un engin a explosé, sans faire de victime, au passage d'un véhicule de la gendarmerie ivoirienne à Kafolo près de la frontière avec le Burkina Faso (nord), théâtre récemment d'une attaque ayant fait deux morts, a annoncé lundi l'armée.

"Dans la matinée du 12 avril 2021, un incident est survenu sur le tronçon Petit Nassian – Kafolo à environ deux kilomètres de cette dernière localité. Il s’agit de la détonation d’une charge explosive au passage d’un véhicule de liaison de la gendarmerie nationale", souligne un communiqué de l'état-major de l'armée.

"Cet incident n’a causé aucune victime ni blessé parmi le personnel embarqué. Quant au véhicule, il a subi des éraflures extérieures, sans dommages majeurs" poursuit le texte transmis à l'AFP.

Le 29 mars, un poste des forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire avait été attaqué à Kafolo, faisant au moins deux morts.

Dans la nuit du 10 au 11 juin 2020, une attaque contre l'armée ivoirienne s'était déjà produite à Kafolo, dans laquelle 14 soldats avaient été tués.

Attribuée au jihadistes qui frappent dans plusieurs pays voisins - Burkina Faso, Mali et Niger - cette attaque n'avait pas été revendiquée.

C'était la deuxième action jihadiste dans le pays après l'attentat de Grand Bassam, station balnéaire proche d'Abidjan en 2016, qui avait fait 19 morts.

Début février, Bernard Emié, patron du renseignement extérieur français, avait affirmé que Al-Qaïda au Sahel développait un "projet d'expansion" vers le golfe de Guinée, en particulier la Côte d'Ivoire et le Bénin.

"Ces pays sont désormais des cibles eux aussi et pour desserrer l'étau dans lequel ils sont pris et pour s'étendre vers le sud, les terroristes financent déjà des hommes qui se disséminent en Côte d'Ivoire ou au Bénin", avait-il affirmé.

Le Sahel est en proie aux attaques et attentats meurtriers d'une myriade de groupes jihadistes, liés soit à Al-Qaïda soit au groupe Etat islamique (EI), et implantés dans des zones largement délaissés par les pouvoirs centraux.

Le prix réel du cacao est 2 fois inférieur à celui des années 1960

Des femmes d'une association locale de producteurs de cacao marchent dans une plantation à Djangobo, dans le Niable, dans l'est de la Côte d'Ivoire, le 17 novembre 2014.

Les grands pays producteurs de cacao, la Côte d'Ivoire et le Ghana, ont raté leur pari d'imposer une hausse des prix du cacao aux multinationales chocolatières. Une fois encore, ce sont les petits planteurs pauvres qui paient les pots cassés.

"C'était un combat de David contre Goliath. On croyait avoir gagné, mais les multinationales ont eu raison de nous", constate avec amertume Yao Dinard, planteur et responsable d'une coopérative cacaoyère à Oumé, dans le centre de la Côte d'Ivoire.

Les deux pays d'Afrique de l'Ouest, qui produisent les deux tiers des fèves de cacao vendues dans le monde, avaient annoncé en fanfare un prix de 1.000 francs CFA (1,5 euro) par kilo en octobre 2020, en hausse de 20%.

Grâce à une concertation inédite, ils avaient aussi réussi à imposer aux multinationales du cacao et du chocolat une prime de 400 dollars par tonne pour mieux rémunérer les planteurs tropicaux, qui ne touchent que 6% des 100 milliards de dollars annuels de ce marché mondial.

Mais devant la difficulté à écouler la production, la Côte d'Ivoire, leader mondial avec plus de 40% du marché, a baissé la semaine dernière d'un quart son prix de référence à 750 FCFA (1,1 euro) pour la campagne dite "intermédiaire" (d'avril à septembre), qui représente 25% de la récolte annuelle.

"Ce prix de 750 FCFA par kilo est un retour à la réalité, il correspond au prix réellement payé aux planteurs", avait commenté un expert.

"Surproduction structurelle"

Un agriculteur ouvre une cabosse de cacao dans une ferme de cacao à Bobia, Gagnoa, Côte d'Ivoire, le 6 décembre 2019.
Un agriculteur ouvre une cabosse de cacao dans une ferme de cacao à Bobia, Gagnoa, Côte d'Ivoire, le 6 décembre 2019.


Plusieurs raisons expliquent les prix bas du cacao sur les marchés mondiaux, selon les experts.

D'abord la "surproduction structurelle" de fèves depuis plusieurs années: pour la campagne 2020-21, elle est évaluée à 100.000 tonnes, soit 5% de la production mondiale.

Un excédent qui favorise les acheteurs, dans un marché régi par la loi de l'offre et de la demande. D'autant plus - deuxième raison - que le marché mondial du cacao et du chocolat est tenu par une douzaine de multinationales, face à des millions de planteurs ne disposant pas d'organisations collectives efficaces pour les défendre.

"En coulisse, les multinationales ont fait plier le gouvernement ivoirien", ont affirmé des organisations de commerce équitable la semaine dernière, leur reprochant d'avoir préféré puiser dans leurs importants stocks de fèves, qui représentent un tiers de la production annuelle mondiale, plutôt que d'accepter de payer des prix plus élevés aux planteurs.

S'ajoute à cela une raison conjoncturelle: la pandémie de Covid-19 a provoqué une crise économique mondiale, qui a un gros impact sur la consommation de chocolat.

Un constat toutefois remis en cause par les organisations de commerce équitable.

"On se pose des questions car certaines enquêtes disent que la consommation de chocolat était forte pendant la crise", note Franck Koman, coordinateur du Réseau ivoirien du commerce équitable (RICE).

Résultat de ce yoyo des prix, "c'est le planteur qui va perdre encore, c'est toujours lui qui paie les pots cassés", se désole M. Koman.

"Les planteurs n'y comprennent rien"

"On avait plein d'espoir au début de la campagne" en octobre 2020, "mais les planteurs et les coopératives n'arrivaient pas à vendre. Ils ont été obligés de brader leurs produits", explique M. Koman, qui évoque 100.000 à 150.000 tonnes de cacao invendues en Côte d'Ivoire.

Le Conseil Café Cacao, qui gère la filière ivoirienne, s'est refusé à donner des chiffres.

"Pourquoi on n'arrive pas à stabiliser les prix? Les planteurs n'y comprennent rien dans ce système. Le mécontentement est généralisé car on est frappé de plein fouet", tempête Yao Dinard.

En décembre, plusieurs organisations de producteurs ivoiriens avaient menacé de "boycott" les multinationales si elles ne payaient pas la prime spéciale aux planteurs. Une stratégie médiatisée qui avait payé, les grandes firmes craignant pour leur image.

"Nous sommes en train de nous concerter pour un nouveau plan d'action", a assuré M. Yao à l'AFP.

Plus de la moitié des planteurs ivoiriens vivent sous le seuil de pauvreté, selon la Banque mondiale, dans un pays où le cacao fait vivre 5 à 6 millions de personnes, un cinquième de la population.

Historiquement, le prix réel du cacao reste deux fois inférieur à celui des années 1960, et même près de quatre fois inférieur au pic atteint dans le milieu des années 1970, selon la Banque mondiale.

Pas de hausse de prix du cacao pour les planteurs de cacao ghanéens et ivoiriens

Pas de hausse de prix du cacao pour les planteurs de cacao ghanéens et ivoiriens
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Procès de la "terreur de l'ouest ivoirien": Amadé Ouérémi nie toute responsabilité

Le commandant ivoirien Jean-Noël Abehi, ancien chef de la gendarmerie, au centre, dans une salle d'audience du quartier général de l'armée dans le quartier du Plateau, le jour de son procès, avec huit officiers ivoiriens, à Abidjan, le 4 juin 2015.

L'ancien chef de milice Amadé Ouérémi, qui fit régner la terreur dans l'ouest de la Côte d'Ivoire en 2011 lors de la crise post-électorale, a continué de nier toute responsabilité jeudi devant la cour d'assises d'Abidjan, avant les réquisitions du procureur.

"Moi en 2011, je n'avais pas de fusil", a affirmé M. Ouérémi à la barre.

Cet ancien chef de guerre est accusé "d'assassinats massifs, viols, traitements inhumains et dégradants" commis dans la ville de Duékoué, théâtre des pires massacres. Jugé depuis le 24 mars, il encourt la prison à perpétuité.

817 personnes ont été exécutées en une journée à Duekoué, selon la Croix-Rouge, 300 selon l'ONU, des chiffres rendus publics lors de l'audience.

La première partie du procès s'est achevée par les témoignages glaçants de rescapés des massacres.

Yvette Diao a raconté avoir perdu trois frères et une soeur, exécutés par les miliciens. Son frère Diao Nessemon David "a vu son sexe et ses oreilles arrachés et emportés par ses bourreaux", a-t-elle raconté.

Franck Glazai, bras droit amputé, a témoigné que les soldats de Amadé Ouérémi ont tiré sur une centaine de personnes qui s'étaient réfugiés dans une église, après avoir séparé les femmes des hommes.

L'ouest de la Côte d'Ivoire a été l'un des points chauds de la crise post-électorale de 2010-2011, née du refus du président Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite électorale face à Alassane Ouattara, et qui avait fait 3.000 morts.

Selon l'ONU et plusieurs organisations internationales, la prise de Duékoué en mars 2011 par les combattants pro-Ouattara s'est accompagnée de massacres à grande échelle.

Sur fond de problèmes fonciers, la crise politique avait débouché sur des violences communautaires entre Guérés, l'ethnie locale majoritairement pro-Gbagbo, habitants "allogènes", notamment Dioulas venus du nord majoritairement pro-Ouattara, et des immigrés burkinabè.

Le procès se poursuivra mercredi prochain par les réquisitions du procureur et les plaidoiries de la défense.

La Côte d'Ivoire sur le point d'éradiquer la maladie du sommeil

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