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Côte d'Ivoire

Les pro-Gbagbo dénoncent un "acharnement" après l'appel de la CPI

Laurent Gbagbo attend le début de son procès devant la CPI à La Haye, le 28 janvier 2016.

Pascal Affi N'Guessan, président d'une tendance du Front populaire ivoirien (FPI), a dénoncé lundi "l'acharnement" à l'encontre de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, après l'annonce d'un appel de la procureure de la Cour pénale internationale contre son acquittement en première instance.

"C'est du dilatoire juridique et de l'acharnement politique pour maintenir le plus longtemps possible loin de leur pays Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, et les empêcher de prendre part à la vie politique de la Côte d'Ivoire", a déclaré à l'AFP M. Affi N'Guessan.

La procureure de la CPI, Fatou Bensouda, a fait appel lundi contre l'acquittement de crimes contre l'humanité prononcé en janvier en faveur de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, l'ex-chef du mouvement pro-Gbagbo des Jeunes Patriotes.

Ancien Premier ministre de M. Gbagbo, qui a fondé le FPI, Pascal Affi N'Guessan en revendique la présidence en son absence. Mais il est contesté par la tendance "légitimiste" du parti qui ne reconnaît que Laurent Gbagbo.

Georges Armand Ouegnin, président d'Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS), coalition pro-Gbgabo qui regroupe des partis politiques d'opposition et des associations de la société civile, a lui aussi fait part de sa "déception" et dénoncé un "acharnement", après l'annonce de l'appel de la CPI.

"Je suis profondément déçu, mais je garde espoir". "J'ai confiance en la justice, même s'il y a un acharnement judiciaire", a déclaré à l'AFP M. Ouegnin. Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé "sont innocents". "C'est important qu'ils reviennent en Côte d'Ivoire pour la réconciliation nationale".

Les deux hommes ont été reconnus non coupables de crimes contre l'humanité commis en 2010 et 2011 au cours des violences post-électorales qui avaient fait 3.000 morts en Côte d'Ivoire, et libérés sous conditions. Dans l'attente de la suite du procès, M. Gbagbo réside à Bruxelles, et M. Blé Goudé aux Pays-Bas.

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Quatre Ivoiriens morts lors des manifestations contre le 3e mandat de Ouattara

Un homme tient une machette alors que des habitants en colère brûlent des pneus et bloquent la rue pendant des manifestations qui avaient tué au moins six femmes, le 3 mars 2011 à Abobo, un quartier ouvrier de Abidjan. PHOTO AFP / ISSOUF SANOGO (Photo par ISSOUF SANOGO / AFP)

En Côte d'Ivoire, au moins quatre personnes sont mortes mercredi et jeudi dans des violences liées à la candidature controversée à un troisième mandat du président Alassane Ouattara.

L'opposition et des membres de la société civile avaient appelé à manifester jeudi alors que les autorités avaient interdit tout rassemblement pour non-respect "des procédures appropriées".

A Bonoua (Sud-Est), fief de l'ex-première dame Simone Gbagbo, un jeune de 18 ans a été tué lors de heurts avec les forces de l'ordre, a annoncé à l'AFP Jean-Paul Améthier, le maire de la ville.

"Le commissariat de Bonoua a été saccagé par les manifestants en colère", a témoigné Hervé Niamkey, un habitant. La situation était tendue jeudi soir dans cette ville traversée par la voie internationale qui relie Abidjan au Ghana.

Des violences ont fait trois morts mercredi lors de violences à Daoukro, fief de l'ancien président Henri Konan Bédié également candidat à la présidentielle, entre ses partisans et des jeunes favorables au président Ouattara.

"Le calme revient timidement, mais nous déplorons trois morts" a indiqué une source sécuritaire, sous couvert de l'anonymat. Des témoins ont aussi fait état de trois morts.

"Nous avons entamé des pourparlers avec la population pour ramener le calme" a annoncé le maire de la ville, Aubin Djè Koffi.

- "ADO, dégage !" -

D'autres heurts ont eu lieu jeudi entre manifestants et force de l'ordre, notamment dans la capitale économique Abidjan. Ces manifestation ont rassemblé plusieurs centaines de personnes.

"Nous manifestons pour le départ du président Ouattara, parce que sa candidature viole la Constitution. Nous ne voulons pas accepter un troisième mandat", a expliqué Hervé Séka, dans le quartier d'Anono.

Dans le quartier populaire de Yopougon, des affrontements entre policiers et manifestants ont paralysé la circulation.

A Port-Bouet, quartier donnant sur la mer et abritant le port et l'aéroport d'Abidjan, des dizaines de manifestants ont bloqué la voie principale, certains brandissant des pancartes "ADO dégage!" en référence aux initiales du président Alassane Dramane Ouattara.

Dans le quartier chic de Cocody, où résident beaucoup de hauts fonctionnaires et où se trouvent la plupart des ambassades, les forces anti-émeute avaient été déployées en grand nombre. Les policiers y ont interpellé un groupe de femmes chantant l'Abidjanaise (l'hymne national).

La situation restait volatile dans le reste du pays. Des incidents ont notamment eu lieu à San Pedro, deuxième port du pays (sud-Ouest).

Dans la région d'Adzopé (proche d'Abidjan), des femmes vêtues de blanc en signe traditionnel de colère ont envahi la voie principale.

- "On a tous peur" -

Des arbres ont été abattus pour paralyser l'axe routier Abengourou-Agnibilekro, dans l'Est.

Jeudi à Ferkessédougou (nord), fief de Guillaume Soro, ancien allié de Ouattara passé dans l'opposition et aujourd'hui en exil en France, le marché hebdomadaire s'est vidé après des rumeurs sur une marche de protestation.

"Aujourd'hui on a tous peur" , a témoigné Mourlaye Koné, employé d'une société sucrière.

"Ce n'est pas fini. Tant que Guillaume Soro n'est pas rentré au pays nous allons continuer", a promis un partisan de l'ancien chef de la rébellion, visé par plusieurs procédures judiciaires mais qui ambitionne toujours d'être candidat à la présidentielle.

Le président Alassane Ouattara, 78 ans, avait été élu en 2010 face au chef d'Etat sortant, Laurent Gbagbo. Ce dernier avait refusé de reconnaître sa défaite, plongeant le pays dans la crise jusqu'à son arrestation par les forces de son rival, appuyées par les forces française et de l'ONU.

Alassane Ouattara avait été réélu en 2015, puis avait annoncé en mars passer le relais à son Premier ministre Amadou Gon Coulibaly pour le scrutin d'octobre. Mais celui-ci est décédé le 8 juillet d'un infarctus. Après ce décès, Alassane Ouattara a annoncé le 6 aout qu'il briguerait finalement un troisième mandat.

La Constitution limite à deux les mandats présidentiels, mais opposition et pouvoir sont en désaccord sur l'interprétation de la réforme adoptée en 2016: les partisans de Ouattara affirment qu'elle a remis le compteur des mandats à zéro, ses adversaires jugent anticonstitutionnelle une troisième candidature.

L'ex-président Henri Konan Bédié a dénoncé comme "illégale" la candidature de M. Ouattara, son ancien allié. Agé de 86 ans, il est lui-même le candidat désigné du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), la principale formation d'opposition).

La situation se tend de plus en plus à l'approche du scrutin du 31 octobre, dix ans après la crise née de la présidentielle de 2010, qui avait fait 3.000 morts et vu Alassane Ouattara accéder au pouvoir.

Manifestations contre la candidature du président ivoirien Alassane Ouattara

La police anti-émeute ivoirienne disperse les manifestants qui ont brûlé des barricades sur la route lors d'une manifestation contre le troisième mandat du président Alassane Ouattara dans le quartier de la Riviera Anono à Abidjan, le 13 août 2020. ( Issouf SANOGO / AFP)

Des manifestations sporadiques ont éclaté jeudi à Abidjan et dans ses environs pour protester contre la candidature à un troisième mandat du président ivoirien Alassane Ouattara.

A l'appel de l'opposition et de la société civile, des groupes de manifestants ont érigé des barricades et brûlé des pneus dans différents quartiers de la mégapole abidjanaise de cinq millions de personnes.

Les autorités ont annoncé mercredi soir l'interdiction de ces manifestations, dans un communiqué du ministre ivoirien de l'Administration du territoire, Sidiki Diakité, lu à la télévision publique.

"Nous manifestons pour le départ du président Ouattara, parce que sa candidature viole la Constitution, nous ne voulons pas accepter un troisième mandat", a expliqué un manifestant, Hervé Séka, dans le quartier d'Anono.

Dans le quartier populaire de Yopougon, des affrontements entre policiers et manifestants ont paralysé la circulation dans la zone du palais de justice.

"Les voitures font demi-tour, de nombreux fonctionnaires n'ont pas pu se rendre au travail", a affirmé un autre habitant de Yopougon.

A Port Bouet, quartier balnéaire d'Abidjan, des dizaines de manifestants ont bloqué la voie principale, certains brandissant des pancartes affirmant "ADO dégage!" en référence au président Alassane Dramane Ouattara.

En revanche, dans le quartier chic de Cocody, où résident le chef de l'Etat et de nombreuses personnalités, les forces anti-émeute ont été déployées en grand nombre et ont maintenu le calme.

Les policiers, qui procédaient à des fouilles corporelles sur les passants, ont toutefois interpellé un groupe de femmes chantant l'Abidjanaise (l'hymne national), le drapeau ivoirien en main.

A Bonoua, ville de l'ex-première dame de Côte d'Ivoire, Simone Gbagbo, 50 km à l'est d'Abidjan, un face à face tendu entre manifestants et la police a bloqué la route internationale menant au Ghana.

Le président Alassane Ouattara, 78 ans, élu en 2010 puis réélu en 2015, a annoncé qu'il allait se présenter à la présidentielle du 31 octobre pour un troisième mandat, ce dont l'opposition lui conteste le droit.

L'ex-président Henri Konan Bédié a déclaré récemment qu'une candidature de M. Ouattara serait "illégale". Agé de 86 ans, il est lui-même le candidat désigné du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, principale formation d'opposition).

Simone Gbagbo s'oppose à la candidature d'Alassane Ouattara

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Les jeunes ivoiriens manifestent contre le 3e mandat de Ouattara

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Incidents à Daoukro, entre partisans de l'ex-chef d'Etat Bédié et jeunes du RHDP

Les partisans d'Henri Konan Bedie, tenant le portrait de l'ancien président ivoirien et actuel dirigeant du Parti démocratique ivoirien (PDCI) ,lors d'un rassemblement électoral le 19 octobre 2019 à Yamoussoukro, dans le centre de la Côte d'Ivoire. (Photo par SIA KAMBOU / AFP)

En Côte d’Ivoire des incidents ont éclaté mardi à Daoukro, fief de l'ex-président Henri Konan Bédié, entre ses partisans et des jeunes du parti au pouvoir, faisant plusieurs blessés. 

Des affrontements ont paralysé mardi la ville de Daoukro d’apres Adama Kolia Traoré, président du conseil régional du Iffou, précisant que la police a été vite débordée. Selon un habitant, la manifestation a tourne en affrontement ethnique, entre baoulé et dioula.

A Ferkéssédougou, fief de l'ancien président de l'Assemblée nationale Guillaume Soro, en exil, la police a dispersé une manifestation de jeunes. Les femmes du RHDP, au pouvoir ont demandé hier au gouvernement d'interdire toutes les manifestations pour éviter la violence et le désordre".

Ces incidents interviennent à la veille des manifestions prévues par des jeunes opposants de Côte d'Ivoire contre la candidature à un troisième mandat du président Alassane Ouattara.

Des manifestions sont prévues mercredi par des jeunes contre la candidature à un troisième mandat du président Alassane Ouattara, dénonçant une "forfaiture de trop".

Les autorités ont annoncé l'interdiction de ces manifestations, dans un communiqué du ministre ivoirien de l'Administration du territoire, Sidiki Diakité, lu à la télévision publique.

"A ce jour, les services administratifs compétents n’ont fait l’objet d’aucune saisine de la part de formations politiques ou d’organisations de la société civile. Par conséquent, les manifestations projetées (...) n’ayant pas respecté les procédures appropriées, ne sont pas autorisées" souligne le texte.

Enfin, le ministère de l’Administration du Territoire "invite au strict respect de cette décision et indique que toutes les mesures seront prises pour garantir la sécurité et la libre circulation des personnes et des bien sur l’ensemble du territoire national."

Le président Alassane Ouattara, 78 ans, a annoncé qu'il allait se présenter pour un troisième mandat à la présidentielle du 31 octobre. L'opposition lui conteste ce droit. L'ex-président, 86 ans, est lui-même candidat désigné du PDCI, la principale formation d'opposition.

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