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États-Unis

Jugement d'un néonazi américain pour meurtre

Premiers secours autour d’un véhicule qui a foncé sur un groupe de manifestants lors d’un rassemblement à Charlottesville, Virginie, 11 août 2017.

Les avocats d'un néonazi américain jugé pour le meurtre d'une manifestante à Charlottesville l'an dernier ont assuré qu'il était "mort de peur" lorsqu'il a foncé dans la foule avec son véhicule, alors que l'accusation a pointé du doigt sa "colère".

Le procès de James Fields, 21 ans, poursuivi pour assassinat, s'est ouvert lundi. Il est accusé d'avoir tué une militante anti-raciste de 32 ans, Heather Heyer, et blessé plusieurs personnes lors d'un rassemblement de l'extrême droite américaine en août 2017 dans cette petite ville de Virginie.

Si le fait qu'il ait été au volant de la Dodge Challenger n'est pas contesté, ses intentions sont au coeur des argumentaires de la défense et de l'accusation.

L'un de ses avocats, John Hill, a ainsi décrit le 12 août 2017 comme une journée de chaos où "des disputes éclataient" entre manifestants et contre-manifestants, dont certains étaient armés.

Selon lui, James Fields a exprimé des remords après son arrestation. Il a confié à la police qu'il "avait craint pour sa sécurité et qu'il était mort de peur", a assuré Me Hill.

L'accusation a au contraire argué que le jeune homme avait agi de manière préméditée, et qu'un monceau de preuves (photos et vidéos) le montraient.

"Regardez ce qu'il a fait ce jour-là. Ecoutez les mots qu'il scande. Regardez les expressions sur son visage", a lancé la procureure Nina Antony.

Peu avant que le jeune homme ne lance sa voiture sur la foule de contre-manifestants, il s'est "mis complètement à l'arrêt à une certaine distance du groupe" et a fait vrombir son moteur tout en regardant le groupe, a-t-elle poursuivi.

La procureure a également évoqué deux images publiées par James Fields sur Instagram en mai 2017.

"Sur ces deux images, on peut voir un groupe décrit comme étant composé de manifestants être percuté", a-t-elle dit.

"Le 12 août, James Alex Fields Junior était ici à Charlottesville avec de la colère et des images de violence imprimées dans la tête", a-t-elle martelé.

Le rassemblement à Charlottesville avait été organisé par des nationalistes blancs pour protester contre le déboulonnement annoncé d'une statue du général sudiste Robert Lee.

Au second jour des manifestations, le 12 août 2017, des heurts avaient éclaté entre des néonazis et des manifestants antifascistes, culminant avec l'attaque à la voiture.

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Elizabeth Warren confirme sa place dans le trio de tête de la course démocrate à la Maison Blanche

Vue du plateau du débat des démocrates à Miami.

La sénatrice progressiste Elizabeth Warren a assis mercredi soir sa stature de prétendante sérieuse à la Maison Blanche lors d'un premier débat démocrate marqué par la crise migratoire et la solide performance de plusieurs "petits" candidats.

Dix démocrates étaient pour la première fois réunis sur un plateau de télévision à Miami, grande ville de Floride, un Etat clé dans les élections américaines.

Jeudi soir, avec une affiche nettement relevée, ce sera au tour du second groupe de prétendants à la Maison Blanche d'entrer en scène. Les deux meneurs dans les sondages --l'ancien vice-président centriste Joe Biden et le socialiste Bernie Sanders-- croiseront le fer avec deux étoiles montantes du peloton de tête -- la sénatrice Kamala Harris et le jeune maire Pete Buttigieg-- ainsi que six autres candidats.

Pourfendeuse de Wall Street âgée de 70 ans, c'est armée d'un programme déjà très étoffé qu'Elizabeth Warren a grimpé à la troisième place des sondages pour l'investiture démocrate ces dernières semaines.

Ses propositions détaillées sur un vaste éventail de sujets sont même devenues objet de plaisanterie, sa phrase préférée en meeting --"j'ai un projet pour cela"-- étant devenue un classique de ce début de campagne.

Bénéficiant de ne pas avoir à partager le plateau avec son rival direct Bernie Sanders, elle a dénoncé "une économie qui marche parfaitement pour ceux qui ont de l'argent mais pas pour les autres".

- Image "déchirante" -

Dans cette ville de Miami où sept habitants sur dix sont Hispaniques, la polémique sur la gestion par le président républicain Donald Trump de la crise migratoire à la frontière avec le Mexique a pris une grande importance dans le débat, après les révélations sur les conditions de vie sordides de jeunes migrants dans un centre de rétention et la noyade d'un père et de sa fillette.

Cette image "est déchirante. Elle devrait aussi nous foutre tous en rogne", s'est indigné Julian Castro, qui espère devenir le premier président hispanique des Etats-Unis.

"Si j'étais président aujourd'hui, je signerais un décret pour annuler la politique de tolérance zéro de Trump", a-t-il lancé.

La politique étrangère, l'Iran, le problème endémique de la violence par armes à feu, le changement climatique... les prétendants démocrates à la Maison Blanche ont critiqué Donald Trump et exposé leurs vues souvent proches, certains petits candidats parvenant à imprimer leur marque, comme Julian Castro.

Proche des 0%, le maire de New York Bill de Blasio a ainsi été le premier à interrompre un de ses rivaux et a lancé plusieurs tirades passionnées, en affirmant vouloir replacer "les travailleurs au premier plan".

La sénatrice modérée Amy Klobuchar a, elle, été chaudement applaudie lorsqu'elle a remis en place l'un des ses rivaux qui affirmait être le seul à avoir voté une loi protégeant le droit à l'avortement.

Le sénateur Cory Booker, seul candidat noir sur le plateau, a multiplié les références aux difficultés encore plus criantes rencontrées par les minorités.

Très attendu en début de campagne, l'ex-élu de la Chambre des représentants Beto O'Rourke n'a lui pas fait d'étincelles.

- "Ennuyeux!" -

Alors qu'il vole vers le Japon pour un sommet du G20, Donald Trump a affiché à plusieurs reprises son dédain pour ses rivaux potentiels, ironisant d'un tweet pendant le débat: "Ennuyeux!"

Mais un sondage le donnait la semaine dernière perdant en Floride face à plusieurs démocrates engagés dans la primaire, Joe Biden en tête.

"Les démocrates ont proposé une prise d'assaut de la société, par un gouvernement radical, qui démolirait le rêve américain", a réagi son équipe de campagne en clôture du débat, vantant la bonne santé de l'"économie Trump".

Un temps éclipsée en milieu de débat, Elizabeth Warren a conclu en rappelant son enfance modeste pour exposer sa vision.

"Je suis dans ce combat car je suis convaincue que nous pouvons faire marcher notre gouvernement, notre économie et le pays non seulement pour ceux qui se trouvent au sommet mais pour tous" les Américains.

Mais certains s'inquiètent qu'elle soit trop vulnérable dans un éventuel duel présidentiel avec Donald Trump, qui la surnomme "Pocahontas" pour moquer sa revendication controversée de très lointaines origines amérindiennes.

A huit mois des premiers votes de la primaire démocrate, il est encore trop tôt pour esquisser un réel pronostic, souligne Kyle Kondik, politologue à l'université de Virginie. Et "la première soirée risque d'être oubliée dès que les grands noms arriveront" jeudi soir.

Avec AFP

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