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Le mouvement néo-nazi à la peine un an après Charlottesville

Le nationaliste blanc Jason Kessler, au centre, devant la Maison-Blanche pour célébrer le premier anniversaire du rassemblement "Unite the Right", à Washington, le 12 août 2018,

Un an après le défilé de suprématistes blancs torches en mains dans le sud des Etats-Unis et la réaction ambivalente du président Donald Trump à une manifestation meurtrière, l'extrême droite américaine est dans un piteux état, plombée par des querelles internes et des problèmes financiers.

Les désaccords sont apparus au grand jour dimanche, lorsqu'un rassemblement dans la capitale fédérale Washington a tourné au fiasco. Il avait été organisé, un an après jour pour jour, par le même homme qui était derrière la manifestation "Unite the Right" à Charlottesville (Virginie), au cours de laquelle une femme a été tuée par un sympathisant néo-nazi ayant foncé dans la foule.

Jason Kessler escomptait environ 400 manifestants près de la Maison Blanche. Une vingtaine de personnes seulement ont répondu à son appel, cernées par de très nombreux policiers et submergées par des milliers de contre-manifestants.

>> Lire aussi : Une poignée de néonazis seulement à Washington, des centaines de contre-manifestants

Une déconvenue pour le mouvement néo-nazi, qui, en novembre 2016, avait salué l'élection de Donald Trump au cri de "Heil Trump" et autres saluts nazis, et qui pensait que la victoire du milliardaire allait essaimer leurs opinions dans le grand public.

Les groupes néo-nazis avaient jubilé lorsque le président avait évoqué "des torts des deux côtés" à Charlottesville, estimant qu'il y avait des "gens très bien des deux côtés".

David Duke, un ancien leader du Ku Klux Klan, qui était présent à Charlottesville le 12 août 2017, avait alors tweeté: "Merci président Trump pour votre honnêteté et votre courage", le remerciant d'avoir "dit la vérité".

Mais les mois ont passé et le mouvement néo-nazi a été touché au plus douloureux: le compte en banque.

Des géants de la Silicon Valley refusent d'héberger des sites extrémistes et ont fermé des comptes servant à récolter des fonds pour des néo-nazis.

Les suprématistes subissent par ailleurs, relève Heidi Beirich, une "déplateformisation", c'est-à-dire qu'ils perdent leurs accès aux réseaux sociaux. Selon cette experte de l'observatoire des groupes extrémistes Southern Poverty Law Center (SPLC), plusieurs personnes ayant défilé à Charlottesville sont également poursuivies en justice.

Une poignée de néonazis devant la Maison Blanche (vidéo)
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Identité révélée

"Ca n'a pas été une bonne année pour les manifestants de Charlottesville et Kessler en a été tenu personnellement responsable", a dit Mme Beirich à l'AFP. "C'est ce qui explique qu'aussi peu de gens soient venus le soutenir" dimanche.

Certains experts imputent aussi cette faible présence au fait que les participants potentiels s'inquiètent que leur identité ne soit révélée.

Après Charlottesville, plusieurs manifestants néo-nazis ont perdu leur emploi lorsque leur photo a été publiée en ligne pour demander aux internautes de les identifier. Une pratique appelée "doxing".

>> Lire aussi : "Pas de place" pour néo-nazis et suprémacistes aux Etats-Unis, dit Ivanka Trump

"Si vous participez à cet événement (dimanche, NDLR) et que vous êtes identifié, votre vie sera détruite", avait prévenu Andrew Anglin, fondateur du site néo-nazi Daily Stormer, estimant qu'un autre problème de l'"alt-right" --l'extrême droite américaine-- était son apparence.

De nombreux participants à Charlottesville ayant considéré que rangers aux pieds et croix gammées leur donneraient une mauvaise image auprès du grand public, les avaient troquées pour des vêtements neutres.

Mais les plus extrémistes avaient vu cela comme une capitulation face au politiquement correct. Un comportement qualifié de "soumission optique" par le suprématiste Christopher Cantwell.

Reste que pour M. Anglin, le mouvement néo-nazi devrait s'employer à être "branché, cool, sexy, amusant".

"Nous devons parler de la culture. Nous ne voulons pas apparaître comme une bande de tocards bizarres qui défilent comme des trous du cul en étant complètement surpassés en nombre et en étant raillés par la planète entière", a-t-il ajouté.

>> Lire aussi : Trump dit "condamner tous les types de racisme", un an après les violences de Charlottesville

Malgré leurs divisions, les néo-nazis ont un impact.

Dans la très libérale ville de Portland (Oregon), deux groupuscules d'extrême droite --Patriot Prayer et Proud Boys-- ont manifesté en soutien à Joey Gibson, fondateur de Patriot Prayer et candidat républicain au Sénat américain dans l'Etat de Washington voisin.

Plusieurs candidats ouvertement racistes ou nationalistes sont en lice aux élections législatives de novembre, dont le néo-nazi Arthur Jones, qui nie l'existence de l'Holocauste et brigue dans l'Illinois un siège au Congrès américain.

Ou encore Paul Nehlen, qui devrait remporter dans le Wisconsin le siège de l'actuel président de la Chambre des représentants Paul Ryan, sur le point de prendre sa retraite. M. Nehlen s'est révélé être un dirigeant important de l'alt-right.

Pour Mme Beirich, l'extrême droite reste enhardie par la présence de Donald Trump à la Maison Blanche et se délecte de sa rhétorique et de ses politiques anti-immigration.

"Ils pensaient qu'il était un milliard de fois mieux que tout ce qu'ils avaient pu voir de leur vivant", a-t-elle relevé. "Et je ne pense pas que leur enthousiasme ait faibli en la matière."

Avec AFP

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Le réseau social TikTok victime collatérale du conflit sino-américain

Les drapeaux de la Chine et des États-Unis sont visibles près d'un logo TikTok dans cette photo d'illustration prise le 16 juillet 2020. REUTERS/Florence Lo/Illustration

Le fondateur de ByteDance, maison mère du réseau social TikTok menacé d'interdiction aux Etats-Unis, a indiqué lundi que ses équipes travaillaient dur pour obtenir "la meilleure issue possible" à la crise, selon un média officiel chinois.

Ses propos interviennent au moment où des discussions se poursuivent entre le groupe basé à Pékin et Microsoft pour que ce dernier rachète la branche américaine de la plateforme de vidéos, populaire auprès des jeunes.

TikTok est très utilisé par les 15-25 ans et compte environ un milliard d'utilisateurs dans le monde. Il permet de créer, partager et visionner de courts clips généralement musicaux, décalés ou humoristiques.

Dans un contexte de tensions sino-américaines, les Etats-Unis accusent depuis plusieurs mois la plateforme de pouvoir être utilisée par la Chine à des fins de surveillance. Ils n'ont cependant pas fourni jusqu'ici de preuves.

TikTok a toujours fermement démenti tout partage de données avec Pékin.

"TikTok pourrait être forcé de vendre ses activités américaines" et "les produits TikTok pourraient être bloqués aux États-Unis", a indiqué Zhang Yiming, le fondateur de ByteDance, dans un courriel envoyé à ses employés et cité par le quotidien officiel Beijing Daily.

"Nous sommes confrontés à une pression externe accrue sur certains marchés. Ces dernières semaines, les équipes impliquées dans la réponse (à cette crise) se relayent jour et nuit et font des heures supplémentaires. Cela afin d'obtenir la meilleure issue possible", a-t-il poursuivi.

Microsoft a confirmé dimanche que des négociations étaient toujours en cours pour racheter la branche américaine de TikTok à ByteDance. Le géant informatique de Seattle espère que les pourparlers aboutiront d'ici le 15 septembre.

Depuis quelques jours, Donald Trump et ses conseillers profèrent des menaces contre l'application. Le président américain avait déclaré vendredi qu'il voulait interdire TikTok et s'était même montré opposé à un rachat par Microsoft.

Une position qu'il a assouplie après l'opposition de nombreux utilisateurs du réseau social. En particulier celle des créateurs de contenus qui tirent un revenu de leurs vidéos publiées sur l'application.

"Nous ne sommes pas d'accord avec cette décision" de forcer la vente de TikTok, a souligné Zhang Yiming. "Car nous nous sommes toujours engagés à garantir la sécurité des données des utilisateurs, ainsi que la neutralité et la transparence de la plateforme."

Donald Trump devrait "passer à l'action dans les prochains jours" contre TikTok et d'autres applications liées à des entreprises chinoises, a déclaré dimanche le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo.

Selon le Global Times, un quotidien chinois à tendance nationaliste, "en interdisant Huawei, les États-Unis vont prendre du retard dans la technologie 5G. En bloquant TikTok, les États-Unis vont porter un coup à la foi dans la liberté et la démocratie".

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Amazon va investir 10 milliards dans l'internet depuis l'espace

Jeff Bezos, fondateur d'Amazon et Blue Origin, à l'occasion du JFK Space Summit, célébrant le 50e anniversaire de l'atterrissage sur la lune, à Boston, Massachusetts, États-Unis, le 19 juin 2019.

Amazon a obtenu l'approbation des autorités américaines pour déployer une constellation de plus de 3.000 satellites en orbite basse, censés fournir de l'internet à haut débit partout dans le monde.

Le géant du commerce en ligne va investir 10 milliards de dollars dans son "Project Kuiper", a-t-il fait savoir jeudi lors de la publication de très bons résultats trimestriels.

Le Project Kuiper de Jeff Bezos, patron du groupe et homme le plus riche au monde, compte 3.236 satellite. Il doit permettre d'amener de la connectivité aux zones actuellement non couvertes.

Il visera d'abord les zones blanches des Etats-Unis, puis dans le monde entier, et pourrait alimenter des réseaux sans-fils et 5G.

"Nous avons entendu tellement d'histoires récemment sur les personnes qui ne peuvent pas travailler ou étudier parce qu'ils n'ont pas d'internet fiable à la maison", a déclaré Dave Limp, vice-président d'Amazon.

"Kuiper va changer cette situation. Nos 10 milliards d'investissements vont créer des emplois et les infrastructures américaines vont nous aider à combler le fossé".

Le projet ciblera en priorité les foyers, ainsi que les écoles, hôpitaux, entreprises et d'autres organisations, et pourra rétablir les télécommunications en cas de catastrophe naturelle.

Plusieurs entreprises se sont déjà positionnés sur le créneau de l'internet depuis l'espace.

Le mastodonte SpaceX du milliardaire américain Elon Musk a déjà déployé la constellation Starlink qui compte quelque 300 satellites en orbite et ambitionne d'en lancer jusqu'à 42.000.

En Europe, le gouvernement britannique, associé au conglomérat indien Bharti, a été choisi comme repreneur de l'opérateur de satellites en faillite Oneweb, qui porte un projet similaire.

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