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Guinée

Prison ferme pour les instigateurs de la contestation anti-Condé

Une route barrée à Cosa dans la banlieue de Conakry, Guinée, le 14 octobre 2019. (VOA/Zakaria Camara)

Un tribunal de Conakry a condamné mardi à des peines allant de six mois à un an de prison ferme les principaux initiateurs des manifestations qui agitent la Guinée depuis une semaine et qui ont fait une dizaine de morts.

Le jugement a été accueilli dans la salle par des cris de "justice corrompue".

"C'est un procès inique dirigé par des magistrats sous influence de l'exécutif", s'est indigné Mohamed Traoré, l'un des avocats des prévenus. "C'est une manière pour le pouvoir d'intimider la population (et de dire) que quiconque essaie de s'opposer au projet de 3e mandat (du président Alpha Condé) sera jugé et condamné".

Abdourahamane Sanoh, coordinateur du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), a été condamné à un an de prison ferme et quatre autres responsables à six mois ferme. Trois autres prévenus ont été relaxés.

Ils étaient jugés pour avoir causé des troubles graves aux yeux de la justice guinéenne en appelant à manifester et à paralyser l'économie à partir du 14 octobre pour faire obstacle à un éventuel troisième mandat du président Condé en 2020.

Les avocats des prévenus ont dit leur intention de faire appel.

Le procureur avait requis contre sept des huit prévenus la peine maximale de cinq ans de prison ferme, et la relaxe du huitième.

A la suite de l'appel à la mobilisation lancé par le FNDC, Conakry et plusieurs villes guinéennes ont été en proie la semaine dernière à des heurts violents. Au moins huit manifestants (10 selon l'opposition) et un gendarme ont été tués, des dizaines d'autres blessés.

"Nul ne peut être détenu pour avoir organisé ou appelé à une manifestation pacifique. Les leaders du FNDC doivent être libérés immédiatement et sans condition", a réagi François Patuel, chercheur à Amnesty International. "Ces condamnations de leaders de la société civile confirment la volonté des autorités guinéennes d'écraser toute forme de dissidence", a-t-il ajouté.

La contestation a aussi donné lieu à l'arrestation et au procès de dizaines de membres du FNDC et de manifestants à travers le pays. Un tribunal de Mamou, à 300 km de Conakry, a condamné lundi trois personnes à un an de prison avec sursis, 20 à six mois avec sursis et en a relaxé 19.

Les défenseurs des droits humains dénoncent un usage excessif de la force par les services de sécurité, des arrestations arbitraires et une répression visant à faire taire l'opposition.

- Les invectives de Condé -

Le pouvoir dit que le mouvement est illégal faute de déclaration préalable et invoque les risques causés à la sécurité publique pour justifier la répression.

La communauté internationale s'alarme du danger d'une escalade. Ce pays pauvre malgré ses importantes ressources minières, à la stabilité incertaine, est coutumier des protestations et des répressions extrêmement violentes, comme le massacre d'au moins 157 personnes il y a 10 ans dans un stade de Conakry.

Elles étaient rassemblées pour s'opposer à la candidature à la présidentielle du chef de la junte Moussa Dadis Camara, qui dirigeait alors le pays.

L'ONU, la Cédéao, les Etats-Unis, l'Union européenne ou la France ont appelé au dialogue et, de la part des autorités, au respect des libertés.

Mais aucune sortie de crise ne paraît en vue et le FNDC, coalition de partis d'opposition, de syndicats et de membres de la société civile, appelle de nouveau à manifester cette semaine.

Le FNDC entend faire barrage au projet prêté au président Condé de briguer sa propre succession en 2020 et de changer à cette fin la Constitution qui l'empêche de concourir à un troisième mandat. Elle dénonce une dérive de la part de M. Condé, opposant historique dont l'accession au pouvoir en 2010 a marqué l'instauration d'un gouvernement civil après des décennies de régimes militaires et autoritaires.

M. Condé ne confirme ni n'infirme les intentions qu'on lui attribue. Mais en septembre il a lancé des consultations sur la Constitution et, peu après, appelé ses supporteurs guinéens à New York à se préparer à un référendum et des élections.

Le président guinéen avait assuré samedi que la contestation était limitée et accusé ses adversaires de chercher à "semer la pagaille pour décourager les investisseurs". "Quand on accuse les gendarmes de tirer à balle réelle, sachez que ce sont les manifestants eux-mêmes qui tuent des gens pour ensuite faire accuser le gouvernement et ternir l'image du pays", avait-il dit.

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Procès des instigateurs de la contestation : la justice reporte son jugement

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Procès des instigateurs de la contestation Guinée: la justice reporte son jugement

Les membres du FNDC avant leur libération à Conakry, Guinée, le 28 novemvre 2019. (VOA/Zakaria Camara)

La justice guinéenne a reporté jeudi son jugement dans le procès de dix responsables d'opposition à l'origine de manifestations monstre contre un éventuel troisième mandat du président Alpha Condé, le temps que la Cour constitutionnelle examine la validité des poursuites.

Le président de la cour d'appel de Conakry a décidé de demander à la plus haute juridiction du pays de se prononcer sur la "constitutionnalité" des poursuites, c'est-à-dire de dire si les articles du code pénal sur lesquels elles se fondent ne contredisent pas la Constitution, qui garantit la liberté de manifester.

"Je ne juge pas avant que la cour constitutionnelle se prononce", a dit le juge Mangadouba Sow, en accédant à une demande des avocats de la défense.

L'annonce du report a été saluée par des cris de joie dans les rangs du public. Car elle signifie que les prévenus, remis en liberté provisoire la semaine dernière après un mois de détention, ne retournent pas pour l'instant en prison, a expliqué l'un de leurs avocats, Hamidou Barry.

"C'est toujours un plaisir de repartir avec son homme à la maison dans des situations pareilles où, pour un oui ou pour un non, on se retrouve en prison", a déclaré à l'AFP Asmaou Barry Diallo, l'épouse d'un des accusés.

Ces opposants affiliés au Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), dont leur coordonnateur national Abdourahamane Sanoh, avaient été reconnus coupables fin octobre d'avoir causé des troubles graves en appelant à manifester et à paralyser l'économie à partir du 14 octobre pour faire obstacle à un éventuel troisième mandat du président Condé en 2020.

Condamnés à des peines allant de 6 mois à deux ans ferme, ils avaient fait appel.

Le FNDC est parvenu à mobiliser à plusieurs reprises des foules de manifestants qui ont envahi les rues des quartiers périphériques de Conakry, fiefs de l'opposition. La prochaine manifestation est prévue le 10 décembre.

Les protestations ont à différentes reprises été brutalement réprimées. Au moins 20 civils ont été tués depuis le 14 octobre, ainsi qu'un gendarme.

La Guinée, ancienne colonie française d'Afrique de l'Ouest coutumière des protestations et des répressions brutales, est en proie à l'agitation depuis que le FNDC a appelé à faire barrage au projet prêté à M. Condé, élu en 2010 et réélu en 2015, de briguer sa propre succession en 2020 et de réviser la Constitution, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

A 81 ans, M. Condé, ancien opposant historique qui fut le premier président démocratiquement élu après des décennies de régimes autoritaires et militaires, entretient le flou sur ses intentions, mais a lancé en septembre des consultations sur la Constitution.

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La justice britannique confirme que le magnat Steinmetz doit 1,25 md de dollars au groupe Vale

Beny Steinmetz, magnat franco-israélien du diamant, comparaît le 14 août 2017 devant le tribunal israélien Rishon Lezion près de Tel Aviv, après avoir été placé en détention dans le cadre d'une enquête internationale sur le blanchiment d'argent.

La Cour Suprême britannique a confirmé vendredi une décision d'un tribunal d'arbitrage londonien selon lequel l'homme d'affaires et diamantaire franco-israélien Beny Steinmetz doit verser au géant minier brésilien Vale 1,25 milliard de dollars.

D'après plusieurs médias britanniques, le juge Michael Burton a tranché en faveur de Vale, estimant que BSGR, la société de M. Steinmetz, n'avait pas fait l'objet de préjugés ou discriminations, contrairement à ce qu'elle affirmait.

"La décision de la Haute Cour est particulièrement décevante étant donné que le gouvernement de Guinée a mis fin à ses accusations de malversations", a réagi BSGR dans un communiqué.

"Nous continuerons à demander justice pendant aussi longtemps que nécessaire", a ajouté un porte-parole de BSGR.

D'après le quotidien Financial Times, la société de M. Steinmetz avait été condamnée plus tôt cette année à payer à Vale 1,25 milliard de dollars - sans compter les frais d'avocats et les intérêts -, par un tribunal d'arbitrage, pour avoir présenté de manière trompeuse une coentreprise en Guinée.

L'homme d'affaires franco-israélien, qui résidait et travaillait à l'époque à Genève, avait obtenu la licence d'exploitation d'une mine géante de minerai de fer à Simandou en Guinée, juste avant le décès du président Lansana Conté en 2008.

En 2013, il avait affirmé dans une interview à un journal français avoir investi 170 millions de dollars dans cette mine, avant d'en revendre 51% en 2010 au groupe brésilien de matières premières Vale pour 2,5 milliards de dollars, soit presque 30 fois plus cher.

Dans cet article, M. Steinmetz accusait l'actuel président guinéen Alpha Condé d'avoir orchestré "des machinations" contre lui avec le milliardaire américain George Soros.

En février 2019, Beny Steinmetz et la présidence guinéenne ont annoncé avoir trouvé un accord à l'amiable, à savoir le retrait des poursuites pour corruption contre M. Steinmetz en échange de son renoncement à ses droits sur le gisement de Simandou.

Mais cet arrangement n'a pas mis fin aux poursuites pour corruption engagées par le Parquet genevois qui devrait requérir des peines allant de deux à dix ans d'emprisonnement.

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