Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Guinée

Coup de filet contre la société civile avant des manifestations à haut risque

Des militants guinéens de "Balai Citoyen Guinee" participent à une manifestation devant la cour constitutionnelle de Conakry, le 19 septembre 2018.

Les autorités guinéennes ont procédé samedi à l'interpellation de plusieurs figures de la société civile engagées dans la contestation contre l'ambition prêtée au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat, à 48 heures de manifestations considérées comme à haut risque.

Une demi-douzaine de dirigeants du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), une coalition créée en avril par des partis d'opposition, des syndicats et des membres de la société civile, ont été interpellés par des membres des forces de l'ordre "cagoulés" au domicile de leur coordinateur, Abdourahamane Sanoh, alors qu'ils se préparaient à donner une conférence de presse pour détailler les modalités de la mobilisation prévue lundi, selon l'opposition.

Outre M. Sanoh, les personnalités interpellées, membres comme lui d'associations de la société civile, sont le responsable des opérations du FNDC, Ibrahima Diallo, des stratégies et de la planification, Sékou Koundouno, et Mamadou Baïlo Barry, de l'ONG Destin en Main.

"Les cinq, peut-être six membres du Front interpellés sont retenus à la Police judiciaire", a déclaré à l'AFP Asmaou Barry Diallo, l'épouse d'lbrahima Diallo.

L'avocat du FNDC, Salifou Béavogui, a qualifié la situation "d'extrêmement grave". Le chef de l'opposition politique, Cellou Dalein Diallo, a quant à lui dénoncé des interpellations "arbitraires".

- 'Manifestation maintenue' -

Le coup de filet de samedi intervient dans un contexte de plus en plus tendu, le FNDC ayant appelé les Guinéens à se "mobiliser" à partir de lundi pour dénoncer un projet de révision de la Constitution qui permettrait à Alpha Condé de briguer un troisième mandat.

"Nous ne sommes nullement ébranlés par ces arrestations que je mets dans le registre des intimidations. Je réitère que la manifestation du lundi 14 octobre 2019 reste et demeure maintenue", a déclaré samedi un autre responsable du FNDC, Oumar Sylla.

Ancien opposant historique, le président Alpha Condé, 81 ans, est le premier président démocratiquement élu de cette ex-colonie française d'Afrique de l'Ouest, régie jusqu'alors par des pouvoirs autoritaires, voire dictatoriaux. Le président, dont le deuxième mandat s'achève en octobre 2020, a souvent contesté la pertinence de la limitation du nombre de mandats en Afrique - deux maximum en Guinée.

L'opposition s'attend à ce qu'il officialise bientôt la tenue d'un référendum constitutionnel. Fin septembre, il avait demandé aux Guinéens de s'y "préparer".

Son Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, vient d'achever des consultations en ce sens, qualifiées de "mascarades" par l'opposition, dont les députés ont annoncé vendredi qu'ils "suspendaient" jusqu'à nouvel ordre leur participation aux travaux de l'Assemblée nationale.

- Risques de violences -

L'opposition met en garde contre de nouvelles violences lundi, alors qu'une centaine de manifestants ont été, selon elle, tués par les forces de l'ordre depuis l'arrivée au pouvoir d'Alpha Condé en décembre 2010. Les autorités font pour leur part état d'une douzaine de policiers ou militaires tués lors de manifestations au cours de cette période.

Le Front a recommandé aux compagnies minières, banques, usines, stations-service et aux autres entreprises publiques et privées de "suspendre toute activité durant les manifestations, en vue d'éviter tout incident dommageable". Le gouvernement a prévenu qu'il ne cèderait "pas le moindre centimètre carré au règne de l'anarchie".

"Dans un contexte de débat politique acharné en Guinée, il est plus important que jamais de protéger le droit de manifester pacifiquement", avait estimé le 3 octobre la directrice pour l'Afrique de l'Ouest de Human Rights Watch, Corinne Dufka. Selon l'ONG, les autorités guinéennes ont interdit "de fait" une vingtaine de manifestations depuis plus d'un an, utilisant "des gaz lacrymogènes contre les personnes qui défiaient l'interdiction" et arrêtant "des dizaines de manifestants".

Samedi, le chef d'état-major général des armées, Namory Traoré, a indiqué que les militaires, dont des éléments incontrôlés sont accusés d'avoir commis des exactions lors de manifestations, seront "consignés dans leur casernes à partir du 14 octobre". Il a par ailleurs "invité" la police et la gendarmerie à "agir avec professionnalisme dans le strict respect des lois de la république".

Toutes les actualités

Les législatives prévues le 16 février

Les législatives prévues le 16 février
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:21 0:00

Lancement à minuit de la campagne pour les législatives

Lancement à minuit de la campagne pour les législatives
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:06 0:00

Violences politiques : Paris appelle à "l'apaisement"

Violences politiques : Paris appelle à "l'apaisement"
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:01 0:00

L'opposition suspend ses manifestations anti-Condé

Le chef de l'opposition Cellou Dalein Diallo à Conakry, Guinée, samedi 28 septembre 2013. (AP Photo / Idrissa Soumare)

L'opposition guinéenne a annoncé mercredi une suspension de ses manifestations contre un projet de troisième mandat attribué au président Alpha Condé, après trois jours de protestations ayant fait au moins trois morts.

Par ailleurs, la campagne pour les élections législatives prévues le 16 février va débuter "jeudi à minuit" jusqu'au 14 février, selon un décret présidentiel lu mercredi soir sur les médias d'Etat.

L'opposition, qui voit en ces législatives une manoeuvre du président Condé pour renforcer son pouvoir, a annoncé qu'elle boycotterait le scrutin et en empêcherait sa tenue, à cause de divergences avec le pouvoir sur son organisation.

Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), le collectif de partis, de syndicats et de membres de la société civile qui mène la protestation depuis trois mois contre un éventuel troisième mandat de M. Condé, "suspend à partir de ce jour 15 janvier 2020 les manifestations", selon un communiqué publié mercredi soir.

Le Front vise à travers cette suspension à "procéder dans le calme à l'enterrement de nos victimes et permettre aux Guinéens de se réapprovisionner" en produits de consommation.

Il avait appelé à une mobilisation "massive" et "illimitée" à travers le pays à partir de lundi.

La mobilisation a fait depuis lundi au moins trois morts, dont un à Conakry et deux à Labé (nord), selon les familles des victimes, des sources médicales et de sécurité.

Depuis la mi-octobre, le FNDC a fait descendre dans la rue à plusieurs reprises des dizaines ou des centaines de milliers de Guinéens dans ce petit pays de 13 millions d'habitants. Plus de 20 civils ont été tués, ainsi qu'un gendarme, et des dizaines de personnes arrêtées.

L'opposition est convaincue que le chef de l'Etat, élu en 2010 et réélu en 2015, entend se représenter fin 2020 alors que la Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

Elle a été confortée dans ses craintes en décembre quand M. Condé, 81 ans, a indiqué qu'il comptait soumettre aux Guinéens un projet de nouvelle Constitution, même s'il ne s'est pas exprimé sur ses intentions personnelles.

Retour du calme après 2 jours de violences à Conakry

Retour du calme après 2 jours de violences à Conakry
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:23 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG