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Guinée

Crise politique meurtrière : des clés pour comprendre

Le président guinéen Alpha Condé au Parlement européen, le 29 mai 2018, Strasbourg, France.

Un tribunal de Conakry doit rendre mardi son jugement contre huit opposants au président guinéen Alpha Condé dans un contexte de manifestations meurtrières. Eclairage sur une nouvelle crise de la transmission du pouvoir en Afrique.

Que se passe-t-il en Guinée ?

Ce petit pays de 13 millions d'habitants, pauvre malgré les plus importantes réserves de bauxite au monde et des exportations d'or et de diamants, a été en proie la semaine passée à des manifestations violentes.

Au moins huit manifestants (dix selon l'opposition) et un gendarme ont été tués. Les défenseurs des droits humains dénoncent un usage excessif de la force, des arrestations arbitraires et une répression visant à faire taire la contestation.

Le pouvoir dit que le mouvement est illégal et invoque un trouble grave à la sécurité publique. Il assure interdire aux policiers et gendarmes l'emploi des armes à feu.

D'où vient la contestation ?

Au coeur de la crise, un homme: Alpha Condé, 81 ans, premier président démocratiquement élu en 2010 après des décennies de régimes autoritaires, réélu en 2015.

Depuis des mois lui est prêtée l'intention de briguer sa succession en 2020 et de faire modifier la Constitution, qui limite à deux le nombre de mandats.

M. Condé ne confirme ni n'infirme. Mais en septembre il a lancé des consultations sur la Constitution. Peu après a fuité la vidéo d'une rencontre à huis clos avec ses supporteurs guinéens à New York: il les appelle à se préparer à un référendum et des élections.

La crise jusqu'où ?

Le 7 octobre, le Front national pour la défense de la constitution (FNDC), groupement de partis d'opposition, de syndicats et de la société civile, a appelé à manifester et à paralyser l'économie.

Depuis, des dizaines de responsables du FNDC et de manifestants ont été arrêtés et jugés.

Au cours du procès du coordinateur du FNDC, Abdourahamane Sanoh, et de sept autres dirigeants, le procureur a requis le maximum de cinq ans de prison. Le jugement est attendu mardi. Quelle que soit la peine, le FNDC a appelé à une marche dans tout le pays jeudi. Rien ne signale une sortie de crise.

Pourquoi l'inquiétude ?

La communauté internationale et les défenseurs des droits humains craignent l'escalade.

L'histoire de la Guinée indépendante est jalonnée de protestations et de répressions sanglantes, comme le massacre d'au moins 157 opposants à une candidature à la présidentielle du chef de la junte Moussa Dadis Camara il y a tout juste dix ans.

En 2018 encore, des affrontements autour d'élections locales et d'une grève d'enseignants ont fait plusieurs morts.

Quel enjeu ?

L'accession au pouvoir en 2010 de M. Condé, opposant historique qui connut l'exil et la prison et fut condamné à mort par contumace, a marqué l'instauration d'un gouvernement civil.

Des réformes, comme la mise au pas de l'armée, ont fait revenir les bailleurs internationaux. 2020 devait ouvrir "la deuxième phase de cette nouvelle démocratie", explique Jim Wormington, de l'ONG Human Rights Watch. En fait, les défenseurs des droits humains observent depuis des mois un durcissement.

"On est vraiment au moment où le président Condé et son gouvernement sont face à un choix: soit laisser les libertés s'épanouir, soit aller vers un Etat plus autoritaire".

L'étranger a-t-il prise sur les évènements ?

L'ONU, la Cédéao (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest), les Etats-Unis, l'Union européenne ou la France ont appelé au dialogue et à la retenue et, de la part des autorités, au respect des libertés.

"La critique est encore prudente, mais elle va sans doute gagner en consistance si la situation continue de se dégrader", dit Vincent Foucher, chercheur au CNRS.

A la tête d'un pays dont près de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, M. Condé s'emploie à attirer les investisseurs intéressés par des réserves minières inexploitées au potentiel considérable.

Mais l'instabilité fait peser un risque majeur sur le développement, souligne la Banque mondiale. Elle devrait faire réfléchir les investisseurs, ajoute Vincent Foucher.

Cependant, "comme d'autres avant lui, Condé a soigné ses relations avec d'autres partenaires (que les Américains et les Européens), moins préoccupés de démocratie, de la Chine à la Russie en passant par les pays du Golfe", note-t-il.

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Procès des instigateurs de la contestation Guinée: la justice reporte son jugement

Les membres du FNDC avant leur libération à Conakry, Guinée, le 28 novemvre 2019. (VOA/Zakaria Camara)

La justice guinéenne a reporté jeudi son jugement dans le procès de dix responsables d'opposition à l'origine de manifestations monstre contre un éventuel troisième mandat du président Alpha Condé, le temps que la Cour constitutionnelle examine la validité des poursuites.

Le président de la cour d'appel de Conakry a décidé de demander à la plus haute juridiction du pays de se prononcer sur la "constitutionnalité" des poursuites, c'est-à-dire de dire si les articles du code pénal sur lesquels elles se fondent ne contredisent pas la Constitution, qui garantit la liberté de manifester.

"Je ne juge pas avant que la cour constitutionnelle se prononce", a dit le juge Mangadouba Sow, en accédant à une demande des avocats de la défense.

L'annonce du report a été saluée par des cris de joie dans les rangs du public. Car elle signifie que les prévenus, remis en liberté provisoire la semaine dernière après un mois de détention, ne retournent pas pour l'instant en prison, a expliqué l'un de leurs avocats, Hamidou Barry.

"C'est toujours un plaisir de repartir avec son homme à la maison dans des situations pareilles où, pour un oui ou pour un non, on se retrouve en prison", a déclaré à l'AFP Asmaou Barry Diallo, l'épouse d'un des accusés.

Ces opposants affiliés au Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), dont leur coordonnateur national Abdourahamane Sanoh, avaient été reconnus coupables fin octobre d'avoir causé des troubles graves en appelant à manifester et à paralyser l'économie à partir du 14 octobre pour faire obstacle à un éventuel troisième mandat du président Condé en 2020.

Condamnés à des peines allant de 6 mois à deux ans ferme, ils avaient fait appel.

Le FNDC est parvenu à mobiliser à plusieurs reprises des foules de manifestants qui ont envahi les rues des quartiers périphériques de Conakry, fiefs de l'opposition. La prochaine manifestation est prévue le 10 décembre.

Les protestations ont à différentes reprises été brutalement réprimées. Au moins 20 civils ont été tués depuis le 14 octobre, ainsi qu'un gendarme.

La Guinée, ancienne colonie française d'Afrique de l'Ouest coutumière des protestations et des répressions brutales, est en proie à l'agitation depuis que le FNDC a appelé à faire barrage au projet prêté à M. Condé, élu en 2010 et réélu en 2015, de briguer sa propre succession en 2020 et de réviser la Constitution, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

A 81 ans, M. Condé, ancien opposant historique qui fut le premier président démocratiquement élu après des décennies de régimes autoritaires et militaires, entretient le flou sur ses intentions, mais a lancé en septembre des consultations sur la Constitution.

Lutte contre le VIH/Sida : la Guinée en retard

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La justice britannique confirme que le magnat Steinmetz doit 1,25 md de dollars au groupe Vale

Beny Steinmetz, magnat franco-israélien du diamant, comparaît le 14 août 2017 devant le tribunal israélien Rishon Lezion près de Tel Aviv, après avoir été placé en détention dans le cadre d'une enquête internationale sur le blanchiment d'argent.

La Cour Suprême britannique a confirmé vendredi une décision d'un tribunal d'arbitrage londonien selon lequel l'homme d'affaires et diamantaire franco-israélien Beny Steinmetz doit verser au géant minier brésilien Vale 1,25 milliard de dollars.

D'après plusieurs médias britanniques, le juge Michael Burton a tranché en faveur de Vale, estimant que BSGR, la société de M. Steinmetz, n'avait pas fait l'objet de préjugés ou discriminations, contrairement à ce qu'elle affirmait.

"La décision de la Haute Cour est particulièrement décevante étant donné que le gouvernement de Guinée a mis fin à ses accusations de malversations", a réagi BSGR dans un communiqué.

"Nous continuerons à demander justice pendant aussi longtemps que nécessaire", a ajouté un porte-parole de BSGR.

D'après le quotidien Financial Times, la société de M. Steinmetz avait été condamnée plus tôt cette année à payer à Vale 1,25 milliard de dollars - sans compter les frais d'avocats et les intérêts -, par un tribunal d'arbitrage, pour avoir présenté de manière trompeuse une coentreprise en Guinée.

L'homme d'affaires franco-israélien, qui résidait et travaillait à l'époque à Genève, avait obtenu la licence d'exploitation d'une mine géante de minerai de fer à Simandou en Guinée, juste avant le décès du président Lansana Conté en 2008.

En 2013, il avait affirmé dans une interview à un journal français avoir investi 170 millions de dollars dans cette mine, avant d'en revendre 51% en 2010 au groupe brésilien de matières premières Vale pour 2,5 milliards de dollars, soit presque 30 fois plus cher.

Dans cet article, M. Steinmetz accusait l'actuel président guinéen Alpha Condé d'avoir orchestré "des machinations" contre lui avec le milliardaire américain George Soros.

En février 2019, Beny Steinmetz et la présidence guinéenne ont annoncé avoir trouvé un accord à l'amiable, à savoir le retrait des poursuites pour corruption contre M. Steinmetz en échange de son renoncement à ses droits sur le gisement de Simandou.

Mais cet arrangement n'a pas mis fin aux poursuites pour corruption engagées par le Parquet genevois qui devrait requérir des peines allant de deux à dix ans d'emprisonnement.

Liberté provisoire pour les 13 leaders du FNDC

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Liberté provisoire accordée aux leaders du FNDC

Les membres du FNDC avant leur libération à Conakry, Guinée, le 28 novemvre 2019. (VOA/Zakaria Camara)

Le juge de la cour d’appel de Conakry a accordé jeudi soir une liberté provisoire aux treize membres du Front national pour la défense de la constitution.

Après l’ouverture de l’audience en appel, les avocats de la défense ont demandé au juge une remise en liberté pour leurs clients. "Je vous prie de bien vouloir mettre nos clients en liberté en attendant la prochaine audience", a dit Maitre Mohamed Traoré, du pool des avocats de la défense.

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Sa demande a été acceptée par le procureur. Selon Alhassane Baldé, "le ministère public n’est pas là seulement pour punir, mais il cherche aussi à éduquer, donc qu’il plaise à la Cour d’accorder cette liberté provisoire à ces pères de famille".

Après une courte suspension, le juge de la cour d’appel de Conakry ordonne la libération provisoire des membres du FNDC et renvoyé l’audience au 5 décembre prochain.

Guinée: Amnesty International met en garde contre les violations des droits humains avant les élections de 2020
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Le coordinateur national du Front national pour la défense de la constitution et ses collègues avaient été jugés et condamnés en première instance pour entre autre manœuvre et actes de nature à compromettre la sécurité publique.

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