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Guinée

4 manifestants et un gendarme tués pendant la mobilisation contre un 3e mandat de Condé

Bataille rangée entre manifestants et forces de l’ordre dans la rue principale du district de Sonfonia à Conakry, en Guinée, le 14 octobre 201. Capture d’écran -Reuters TV / via REUTERS

Au moins quatre jeunes manifestants et un gendarme ont été tués lundi en Guinée dans des heurts entre les forces de sécurité massivement déployées dans la capitale Conakry et des milliers d'opposants à un troisième mandat de l'actuel président Alpha Condé, selon des proches et le gouvernement.

Cette journée de mobilisation à l'appel d'un collectif farouchement opposé à une révision de la Constitution qui servirait les desseins prêtés à M. Condé s'annonçait à hauts risques dans un pays en pleine crise politique où les manifestations donnent régulièrement lieu à des effusions de sang.

Les craintes se sont confirmées, nourrissant l'inquiétude dans l'éventualité où M. Condé, 81 ans, confirmerait son intention de briguer un troisième mandat fin 2020.

Conakry partiellement paralysée
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Quatre jeunes sont morts sous les balles tirées par les forces de l'ordre dans la capitale, ont rapporté un médecin et des proches. Le gouvernement a pour sa part fait état d'un gendarme tué par balle dans la ville de Mamou, à l'est de Conakry, et d'un habitant tué dans la capitale dans des circonstances qui "restent à élucider".

Selon son père Tély Oury Bah, l'un des manifestants tués, Mamadou Lamarana Bah, "a été froidement abattu par un agent de la force publique, armé par l'Etat guinéen".

"Je ne peux même pas aller voir le corps à la morgue de l'hôpital puisqu'il n'y a pas de passage, les routes sont bloquées", s'est ému le père.

La quasi-totalité des quartiers périphériques de Conakry a été la proie d'affrontements entre petits groupes éclatés dressant des barricades, incendiant des pneus, lançant des pierres, et des centaines de policiers et gendarmes répliquant par des tirs de gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes, mais aussi à balle réelle, a rapporté un correspondant de l'AFP.

Le centre, siège de la présidence, des ministères et des ambassades, placé sous protection, présentait un air de ville fantôme avec ses magasins fermés.

Le gouvernement a déclaré que la mobilisation était illégale faute de déclaration préalable. Il avait prévenu qu'il ne céderait "pas le moindre centimètre carré au règne de l'anarchie".

- "Quelques échauffourées" -

L'opposition a justifié l'absence d'une telle déclaration par l'existence depuis juillet 2018 d'une interdiction officieuse de toute protestation des adversaires du gouvernement.

Les activités étaient paralysées dans plusieurs autres villes où les écoles ont renvoyé les élèves chez eux, ont indiqué des habitants et des journalistes sur place.

Le ministre de l'Intérieur, le général Bouréma Condé, a indiqué que la mobilisation s'était limitée à "quelques regroupements et échauffourées", marqués par des "actes d'incivisme (...) mettant en péril la vie de nos concitoyens".

Plusieurs personnes ont été arrêtées, "les forces de l'ordre maîtrisent globalement la situation et le calme règne sur la majorité du pays", a-t-il dit dans un communiqué.

La tension n'a cessé de monter depuis l'appel à la manifestation lancé il y a une semaine par le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC). Cette coalition rassemblant des partis d'opposition, des syndicats et des membres de la société civile s'oppose résolument à une révision de la Constitution évoquée par le pouvoir.

Elle permettrait à Alpha Condé de se présenter pour un troisième mandat, alors que la Constitution en limite actuellement le nombre à deux. L'opposition s'attend à ce qu'il officialise bientôt la tenue d'un référendum constitutionnel. Fin septembre, il avait demandé aux Guinéens de s'y "préparer".

L'opposition dénonce un projet de coup d'Etat institutionnel et la dérive "dictatoriale" de celui qui fut lui-même un opposant historique ayant connu la prison pour son engagement contre différents régimes autoritaires, avant de devenir le premier président démocratiquement élu de cette ex-colonie française d'Afrique de l'Ouest.

Au moins une vingtaine d'opposants ont été arrêtés depuis samedi, selon le FNDC.

Policiers et gendarmes ont bouclé lundi les abords des domiciles du chef de l'opposition et président de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo, et du président de l'Union des forces républicaines (UFR), Sidya Touré. "Je demande aux Guinéens de continuer à manifester, et à bloquer les voies jusqu'à ce que ce pouvoir comprenne qu'on ne nous imposera pas une dictature par la force", a promis Sidya Touré, joint au téléphone par l'AFP.

Avec AFP

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Procès des instigateurs de la contestation : la justice reporte son jugement

Procès des instigateurs de la contestation : la justice reporte son jugement
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Procès des instigateurs de la contestation Guinée: la justice reporte son jugement

Les membres du FNDC avant leur libération à Conakry, Guinée, le 28 novemvre 2019. (VOA/Zakaria Camara)

La justice guinéenne a reporté jeudi son jugement dans le procès de dix responsables d'opposition à l'origine de manifestations monstre contre un éventuel troisième mandat du président Alpha Condé, le temps que la Cour constitutionnelle examine la validité des poursuites.

Le président de la cour d'appel de Conakry a décidé de demander à la plus haute juridiction du pays de se prononcer sur la "constitutionnalité" des poursuites, c'est-à-dire de dire si les articles du code pénal sur lesquels elles se fondent ne contredisent pas la Constitution, qui garantit la liberté de manifester.

"Je ne juge pas avant que la cour constitutionnelle se prononce", a dit le juge Mangadouba Sow, en accédant à une demande des avocats de la défense.

L'annonce du report a été saluée par des cris de joie dans les rangs du public. Car elle signifie que les prévenus, remis en liberté provisoire la semaine dernière après un mois de détention, ne retournent pas pour l'instant en prison, a expliqué l'un de leurs avocats, Hamidou Barry.

"C'est toujours un plaisir de repartir avec son homme à la maison dans des situations pareilles où, pour un oui ou pour un non, on se retrouve en prison", a déclaré à l'AFP Asmaou Barry Diallo, l'épouse d'un des accusés.

Ces opposants affiliés au Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), dont leur coordonnateur national Abdourahamane Sanoh, avaient été reconnus coupables fin octobre d'avoir causé des troubles graves en appelant à manifester et à paralyser l'économie à partir du 14 octobre pour faire obstacle à un éventuel troisième mandat du président Condé en 2020.

Condamnés à des peines allant de 6 mois à deux ans ferme, ils avaient fait appel.

Le FNDC est parvenu à mobiliser à plusieurs reprises des foules de manifestants qui ont envahi les rues des quartiers périphériques de Conakry, fiefs de l'opposition. La prochaine manifestation est prévue le 10 décembre.

Les protestations ont à différentes reprises été brutalement réprimées. Au moins 20 civils ont été tués depuis le 14 octobre, ainsi qu'un gendarme.

La Guinée, ancienne colonie française d'Afrique de l'Ouest coutumière des protestations et des répressions brutales, est en proie à l'agitation depuis que le FNDC a appelé à faire barrage au projet prêté à M. Condé, élu en 2010 et réélu en 2015, de briguer sa propre succession en 2020 et de réviser la Constitution, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

A 81 ans, M. Condé, ancien opposant historique qui fut le premier président démocratiquement élu après des décennies de régimes autoritaires et militaires, entretient le flou sur ses intentions, mais a lancé en septembre des consultations sur la Constitution.

Lutte contre le VIH/Sida : la Guinée en retard

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La justice britannique confirme que le magnat Steinmetz doit 1,25 md de dollars au groupe Vale

Beny Steinmetz, magnat franco-israélien du diamant, comparaît le 14 août 2017 devant le tribunal israélien Rishon Lezion près de Tel Aviv, après avoir été placé en détention dans le cadre d'une enquête internationale sur le blanchiment d'argent.

La Cour Suprême britannique a confirmé vendredi une décision d'un tribunal d'arbitrage londonien selon lequel l'homme d'affaires et diamantaire franco-israélien Beny Steinmetz doit verser au géant minier brésilien Vale 1,25 milliard de dollars.

D'après plusieurs médias britanniques, le juge Michael Burton a tranché en faveur de Vale, estimant que BSGR, la société de M. Steinmetz, n'avait pas fait l'objet de préjugés ou discriminations, contrairement à ce qu'elle affirmait.

"La décision de la Haute Cour est particulièrement décevante étant donné que le gouvernement de Guinée a mis fin à ses accusations de malversations", a réagi BSGR dans un communiqué.

"Nous continuerons à demander justice pendant aussi longtemps que nécessaire", a ajouté un porte-parole de BSGR.

D'après le quotidien Financial Times, la société de M. Steinmetz avait été condamnée plus tôt cette année à payer à Vale 1,25 milliard de dollars - sans compter les frais d'avocats et les intérêts -, par un tribunal d'arbitrage, pour avoir présenté de manière trompeuse une coentreprise en Guinée.

L'homme d'affaires franco-israélien, qui résidait et travaillait à l'époque à Genève, avait obtenu la licence d'exploitation d'une mine géante de minerai de fer à Simandou en Guinée, juste avant le décès du président Lansana Conté en 2008.

En 2013, il avait affirmé dans une interview à un journal français avoir investi 170 millions de dollars dans cette mine, avant d'en revendre 51% en 2010 au groupe brésilien de matières premières Vale pour 2,5 milliards de dollars, soit presque 30 fois plus cher.

Dans cet article, M. Steinmetz accusait l'actuel président guinéen Alpha Condé d'avoir orchestré "des machinations" contre lui avec le milliardaire américain George Soros.

En février 2019, Beny Steinmetz et la présidence guinéenne ont annoncé avoir trouvé un accord à l'amiable, à savoir le retrait des poursuites pour corruption contre M. Steinmetz en échange de son renoncement à ses droits sur le gisement de Simandou.

Mais cet arrangement n'a pas mis fin aux poursuites pour corruption engagées par le Parquet genevois qui devrait requérir des peines allant de deux à dix ans d'emprisonnement.

Liberté provisoire pour les 13 leaders du FNDC

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