Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Guinée

Nouvelle mobilisation massive contre Condé

Des manifestants et les forces de l'ordre à Conakry, en Guinée, le 14 novembre 2015. (VOA/Zakaria Camara)

Les Guinéens ont à nouveau manifesté en masse mardi à Conakry contre un éventuel troisième mandat du président Alpha Condé, a constaté un correspondant de l'AFP.

Fode Oussou Fofana, un responsable de l'opposition au président, a chiffré le nombre de manifestants à un million tandis que la presse a avancé le chiffre de 800.000.

De tels chiffres se sont révélés invérifiables depuis le début du mouvement.

Mais cette marche impressionnante aux couleurs rouges de l'opposition est le dernier acte en date de la contestation lancée le 14 octobre par le Front national de défense de la Constitution, un collectif de partis d'opposition, de syndicats et de membres de la société civile.

"Non à la présidence à vie", "Alpha Condé dictateur", ont scandé les manifestants, ainsi que "Mort aux assassins", référence à la mort de plusieurs civils tués lors de précédentes journées de manifestation.

Aucun incident significatif n'a été rapporté au cours de celle-ci. Les forces de l'ordre, à nouveau déployées en nombre, sont restées discrètes.

Depuis un mois et demi, le FNDC est parvenu à mobiliser à plusieurs reprises des foules de manifestants qui ont envahi les rues des quartiers périphériques de Conakry, fiefs de l'opposition.

Les protestations ont à différentes reprises été brutalement réprimées. Au moins 20 civils ont été tués depuis le 14 octobre, ainsi qu'un gendarme.

La Guinée, coutumière des protestations et des répressions brutales, est en proie à l'agitation depuis que le FNDC a appelé à faire barrage au projet prêté à M. Condé, élu en 2010 et réélu en 2015, de briguer sa propre succession en 2020 et de réviser dans ce but la Constitution, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

Les forces de sécurité ont fait l'objet en novembre d'un rapport accusateur d'Amnesty International. Il dénonce l'usage excessif de la force, les interdictions de manifestations pacifiques, les arrestations "massives" et "arbitraires", les cas de torture et l'impunité des gendarmes et policiers.

Le gouvernement s'est défendu contre un rapport ignorant selon lui ses efforts.

A 81 ans, M. Condé, ancien opposant historique qui fut le premier président démocratiquement élu après des décennies de régimes autoritaires et militaires, entretient le flou sur ses intentions, mais a lancé en septembre des consultations sur la Constitution.

Toutes les actualités

Une manifestation dispersée à Labé

Une manifestation dispersée à Labé
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:13 0:00

Des blessés lors d'une manifestation d'opposants guinéens

La police guinéenne arrête un manifestant devant le plus grand stade de Conakry lors d'une manifestation interdite, le 28 septembre 2009.

Plusieurs personnes ont été blessées mercredi en Guinée lors d'une manifestation de partisans du principal parti d'opposition pour contester la réélection du président Alpha Condé et réclamer la libération de ses responsables emprisonnés, ont indiqué à l'AFP des témoins et une source hospitalière.

A Labé (centre-nord), les forces de l'ordre ont dispersé une manifestation de centaines de partisans de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), parti de Cellou Dalein Diallo, principal adversaire de M. Condé à la présidentielle du 18 octobre.

Les manifestants étaient munis de drapeaux et de portraits de jeunes tués, selon eux, par ces mêmes forces de l'ordre, ont rapporté des témoins et des organisateurs.

Une vingtaine de personnes ont été blessées lors de cette manifestation, selon des témoins joints par l'AFP. Une source hospitalière a fait état de sept blessés.

Un nombre indéterminé de manifestants ont été également arrêtés mercredi et conduits à la gendarmerie ou dans un camp militaire de la ville, a indiqué à l'AFP une source de sécurité.

Le gouvernement a annoncé dimanche l'interdiction jusqu'à nouvel ordre des manifestations, en invoquant la pandémie de Covid-19.

Des partisans du président Alpha Condé dans la rue à Conakry durant la campagne, le 8 octobre 2020.
Des partisans du président Alpha Condé dans la rue à Conakry durant la campagne, le 8 octobre 2020.

A Conakry, l'appel de l'UFDG à manifester a été maintenu mais semble cependant avoir eu un écho limité. Aucun rassemblement n'y a été rapporté.

La candidature de M. Condé a donné lieu à des mois de manifestations durement réprimées et de violences qui ont fait des dizaines de morts civils depuis un an et dans les jours suivant l'élection.

M. Condé, 82 ans, a été proclamé vainqueur par la Cour constitutionnelle. Cellou Dalein Diallo assure que c'est lui qui a gagné et dénonce une fraude.

Cinq figures de l'opposition, dont quatre membres de l'UFDG, ont été emprisonnées en novembre, mis en cause par les autorités pour implication dans les violences autour de la présidentielle.

Avec le maintien de l'appel de l'UFDG, gendarmes et policiers ont été positionnés aux endroits sensibles de Conakry comme l'aéroport ou les ponts. Des magasins sont restés fermés à Médina, grand marché de la capitale, mais les administrations, banques et stations-essence ont ouvert dans le centre-ville.

Par ailleurs, le président de l'Assemblée nationale, Amadou Damara Camara, a minimisé les récents propos du président français Emmanuel Macron sur la réélection de M. Condé, auxquels ce dernier n'a pas réagi publiquement.

M. Macron a dit à l'hebdomadaire Jeune Afrique ne pas avoir félicité M. Condé parce qu'il a "organisé un référendum et un changement de la Constitution uniquement pour pouvoir garder le pouvoir".

"Pourquoi donner tant d'importance à la déclaration de Macron ? Le moment venu, (M. Macron) le félicitera parce qu'il est issu de la volonté du peuple de Guinée", a déclaré mardi soir à la presse M. Camara. La Guinée, a-t-il rappelé, "ne fait plus partie des territoires d'outremer" français.

L'opposition guinéenne condamne la suspension des marches

L'opposition guinéenne condamne la suspension des marches
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:13 0:00

Les autorités guinéennes interdisent les manifestations

Un policier regarde les manifestants après la publication des résultats préliminaires des élections à Conakry, le 23 octobre 2020.

Le gouvernement guinéen a annoncé l'interdiction de grandes manifestations politiques dans tout le pays jusqu'à nouvel ordre en invoquant le Covid-19, mais l'opposition a dénoncé une instrumentalisation de la pandémie pour faire taire les adversaires du président Alpha Condé.

L'interdiction, présentée comme un "rappel" par le gouvernement, est énoncée alors que le parti du principal adversaire de M. Condé à la récente présidentielle appelait à manifester mercredi.

"Le gouvernement rappelle aux partis politiques et mouvements alliés de la mouvance présidentielle, ainsi qu'à toutes les entités politiques et sociales, la suspension pour raison sanitaire des manifestations de masse sur toute l'étendue du territoire national", a dit le porte-parole du gouvernement Aboubacar Sylla dimanche soir sur la télévision nationale.

En un an de tensions causées par la candidature de M. Condé à un troisième mandat, les autorités ont à plusieurs reprises interdit des rassemblements de l'opposition. Elles ont argué du risque de trouble ou, depuis son apparition en mars, du coronavirus. Ces interdictions étaient jusqu'alors édictées au coup par coup.

Le porte-parole du gouvernement a parlé d'une "mesure exceptionnelle justifiée par l'état d'urgence" instauré officiellement pour combattre la pandémie.

Cette mesure "provisoire" sera levée quand des "progrès significatifs" auront été constatés contre le coronavirus, a-t-il dit.

L'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), parti du principal challenger de M. Condé à la présidentielle du 18 octobre, avait appelé à manifester mercredi contre ce qu'elle appelle un "hold-up" électoral et l'arrestation de plusieurs de ses leaders après l'élection.

"Nous condamnons fermement l’instrumentalisation et la politisation du Covid-19 pour protéger le hold-up électoral et les arrestations arbitraires", dit un de ses responsables, Joachim Baba Millimono, dans une déclaration.

La candidature d'Alpha Condé à un troisième mandat a donné lieu à des mois de manifestations durement réprimées et de violences qui ont fait des dizaines de morts civils depuis octobre 2019 et dans les jours suivant l'élection.

M. Condé, 82 ans, a été proclamé vainqueur par la Cour constitutionnelle. Cellou Dalein Diallo, chef de l'UFDG, assure que c'est lui qui a gagné et dénonce une fraude.

Human Rights Watch a déjà exprimé par le passé le soupçon que "le gouvernement instrumentalise la crise (sanitaire) comme excuse pour réprimer la dissidence et bafouer les droits humains".

Le gouvernement dénonce "les pratiques tendancieuses" des ONG internationales

Le gouvernement dénonce "les pratiques tendancieuses" des ONG internationales
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:07 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG