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Guinée

La procureure de la CPI met en garde contre l'escalade de la violence

Des Guinéens dans la rue pour manifester contre un éventuel troisième mandat du président Alpha Condé à Conakry, en Guinée, le 24 octobre 2019.

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI) a mis en garde lundi les responsables de l'escalade de la violence en Guinée, exhortant le gouvernement et l'opposition à renouer le dialogue après des manifestations sanglantes dans ce pays.

Les tensions sont fortes en Guinée après des semaines de manifestations organisées par l'opposition qui soupçonne le président Alpha Condé de vouloir briguer un troisième mandat.

"Suite aux informations faisant état de nombreux épisodes de violence en Guinée au cours des dernières semaines, j'appelle tous les responsables et leurs sympathisants à s'abstenir de la violence et à reprendre le dialogue pour éviter de nouvelles victimes", a déclaré la procureure de la CPI, Mme Fatou Bensouda.

"Toute personne qui commet, ordonne, incite, encourage ou contribue de toute autre manière à commettre des crimes atroces (...) est passible de poursuites par les tribunaux guinéens ou par la CPI", a-t-elle mis en garde dans un communiqué.

Les élections législatives proposées pour le 16 février
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Au total, au moins 16 civils et un gendarme ont trouvé la mort au cours de l'intense mouvement de contestation auquel la Guinée - un petit pays pauvre de 13 millions d'habitants - est en proie depuis le 14 octobre à l'instigation du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC). Des dizaines d'autres personnes ont été blessées, des dizaines arrêtées et jugées.

Le FNDC veut faire barrage au projet prêté au président Condé de briguer sa propre succession en 2020 et de réviser pour cela la Constitution qui limite actuellement à deux le nombre des mandats présidentiels.

A 81 ans, M. Condé entretient le flou sur ses intentions, mais a entamé en septembre des consultations sur la Constitution. L'opposition accuse de dérive "dictatoriale" l'ancien opposant historique qui fut le premier président démocratiquement élu en 2010, réélu en 2015, après des décennies de régimes autoritaires et militaires.

La communauté internationale s'inquiète d'une escalade dans un pays coutumier des manifestations et des répressions brutales.

En outre, Mme Bensouda a ajouté que son bureau s'était rendu en Guinée fin octobre pour faire le point sur l'enquête liée au massacre de plus de 150 partisans de l'opposition, il y a dix ans.

Manifestations de soutien à Alpha Condé à Conakry
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Etablie à La Haye, la CPI a ouvert une enquête préliminaire sur le massacre perpétré le 28 septembre 2009 dans l'enceinte du plus grand stade de Conakry lorsque les forces de sécurité ont tiré sur une foule qui manifestait contre le chef de la junte Moussa Dadis Camara. Plus de 100 femmes ont en outre été violées.

Mme Bensouda s'est déclarée encouragée par des déclarations du ministre guinéen de la Justice, Mohamed Lamine Fofana, au cours de la visite de son équipe, annonçant que le procès des responsables du massacre de 2009 devrait commencer au plus tard en juin 2020.

"Cela fait maintenant plus de dix ans que ces crimes horribles ont eu lieu au stade de Conakry", a déclaré Mme Bensouda. "Les victimes et les communautés qui ont été touchées méritent que justice soit faite", a-t-elle dit.

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Plus de 90% des électeurs guinéens disent "oui" à un éventuel 3e mandat pour Alpha Condé

Le président Alpha Condé devant ses militants à Conakry, le 29 février 2020. (VOA/Zakaria Camara)

La nouvelle Constitution proposée par le président guinéen Alpha Condé a recueilli plus de 90% de "oui" lors du référendum du 22 mars boycotté par l'opposition qui y voit un stratagème du chef de l'Etat pour se maintenir au pouvoir, a indiqué vendredi la commission électorale.

La proposition a recueilli 91,59% de "oui" et 8,41% de "non", pour un taux de participation estimé à 61%, a dit aux journalistes le président de la commission, Amadou Salifou Kébé.

Le projet prêté au président Condé de briguer, à 82 ans, un troisième mandat fin 2020 et la nouvelle Constitution qui doit l'y aider, selon l'opposition, sont au coeur d'une crise politique qui a fait des dizaines de morts depuis mi-octobre.

Le référendum constitutionnel a lui-même été entaché de violences qui ont fait des dizaines de morts le jour de sa tenue dimanche dernier et les jours suivants à Conakry et en province selon l'opposition.

Les autorités reconnaissent quelques morts tout en assurant que la consultation s'est déroulée sereinement.

Le référendum a donné lieu à Nzérékoré (sud), l'une des plus grandes villes du pays, à des affrontements intercommunautaires meurtriers, des attaques d'églises chrétiennes et de mosquées et des saccages.

Les conditions dans lesquelles se sont déroulés le référendum et les législatives qui ont eu lieu simultanément ont été critiquées par les Etats-Unis, la France et la diplomatie européenne.

"Le caractère non inclusif et non consensuel de ces scrutins et du fichier électoral porte atteinte à la crédibilité de ces élections", a dit cette semaine la porte-parole du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell. Elle a qualifié "d'inacceptables" les violences et "l’usage disproportionné de la force" par les policiers et les gendarmes.

Même propos du côté de Paris.

Washington a remis en question la régularité des listes électorales et reproché au pouvoir de n'avoir pas renoué le dialogue avec l'opposition.

Toutes critiques déjà connues. Après avoir une première fois repoussé l'échéance de trois semaines, Alpha Condé et son gouvernement ont décidé de passer outre, tout comme à l'absence d'observateurs internationaux et à l'apparition du coronavirus.

Le vote a bien eu lieu alors que l'épidémie accaparait l'attention internationale.

- Options réduites -

M. Condé a été élu en 2010 et réélu en 2015. L'actuelle Constitution limite à deux le nombre de mandats, la nouvelle proposée par M. Condé également, tout en en portant la durée à six ans.

M. Condé, ancien opposant historique devenu premier président démocratiquement élu après des décennies de régimes autoritaires, assure qu'il s'agit de doter son pays d'une Constitution "moderne" qui, par exemple, interdirait la circoncision féminine et le mariage des mineurs.

Il entretient l'ambiguïté sur ses ambitions personnelles, qui ne font aucun doute pour ses adversaires.

Pour eux, la nouvelle Constitution permettra à M. Condé de remettre son compteur présidentiel à zéro et de marcher sur les pas d'autres dirigeants africains qui ont plié la loi fondamentale à leurs aspirations personnelles.

Ils dénoncent la dérive "dictatoriale" de M. Condé et un "coup d'Etat" constitutionnel

Pourquoi serait-il impossible d'autoriser un troisième mandat comme dans d'autres pays, demande régulièrement M. Condé.

Depuis mi-octobre 2019, des dizaines, voire des centaines de milliers de Guinéens sont descendus dans la rue à l'appel d'un collectif de partis d'opposition, de syndicats et de membres de la société civile.

Avant le vote, plus de 30 civils et un gendarme avaient été tués. Des dizaines d'opposants ont été arrêtés et jugés. Les brutalités policières sont constamment dénoncées.

L'issue du vote est "une victoire pour Condé, lui permettant de se présenter pour ce troisième mandat convoité", dit Eric Humphery-Smith, analyste auprès de la firme de consulting britannique Verisk Maplecroft. Mais elle le laisse "probablement encore plus isolé politiquement", avec de moins en moins d'alliés en dehors de son parti et des options limitées en cas de second tour à la prochaine présidentielle, dit-il.

Washington condamne les violences en Guinée

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Les Guinéens en attente des résultats du double scrutin de dimanche

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Législatives et référendum guinéens: double scrutin perturbé par des violences

Les forces de l'armée guinéenne patrouillent dans la rue à Conakry, le 22 mars 2020, lors d'un référendum constitutionnel dans le pays.

Selon un communiqué du ministère guinéen de la sécurité, deux personnes ont été tuées à Conakry. Du matériel électoral a été détruit dans plusieurs villes.

Dans la cour du complexe scolaire Sansy KAba Diakité dans la banlieue de Conakry, les opérations de vote ont démarré dimanche à 8h. "C’est un droit de voter, je voudrais accepter la nouvelle constitution. Je vois qu’il y a des choses qui peuvent nous apporter des changements", confie Ibrahima Bangoura, devant son bureau de vote à Bgèssia.

Heurts mortels à Conakry liés au référendum et aux législatives
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Le double scrutin a connu des violences qui ont entraîné des morts. Le matériel électoral a été détruit dans certains quartiers de la capitale et dans certaines villes de l'intérieur.

Selon le ministre guinéen de la sécurité, des violences et des affrontements entre militants ont causé la mort de deux personnes et deux autres sont mortes dans un accident et par arrêt cardiaque à Conakry.

Le président Alpha Condé, après plusieurs reports, a enfin réussi à organiser des élections législatives couplées au référendum constitutionnel.

L’opposition, qui s’est retirée du processus, a tenté en vain d’empêcher ces élections. La constitution que propose Alpha Condé prévoit un mandat présidentiel de six ans, mais ne limite pas le nombre de mandats successifs.

L’opposition guinéenne accuse le président de vouloir se maintenir au pouvoir, ce qu'il rejette.

Affrontements à cause du référendum constitutionnel malgré le virus

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