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Une des trois radios fermées rouvre sous condition en Gambie


Le président sortant de la Gambie Yahya Jammeh, 29 novembre 2016.

Afri Radio, une des trois radios privées de Gambie fermées par les autorités, a été autorisée à réémettre à condition de ne diffuser que de la musique, selon un de ses employés, tandis que les deux autres demeuraient silencieuses mardi.

Teranga FM et Hilltop Radio ont été sommées de fermer dimanche par des officiers de l'Agence nationale du renseignement (NIA), qui ont précisé agir sur ordre de leur chef mais ignorer le motif de cette décision, selon des responsables de ces médias joints par l'AFP. Le même scénario s'est produit à Afri Radio, a indiqué lundi un de ses employés.

Teranga FM et Hilltop Radio n'émettaient toujours pas mardi soir, mais de la musique était audible sur Afri Radio, a constaté le correspondant de l'AFP.

Afri Radio a reçu lundi soir l'autorisation "de reprendre ses émissions mais à condition que nous ne diffusions que de la musique", a expliqué un membre de son personnel sous couvert d'anonymat.

"On nous a demandé d'arrêter tous les programmes (habituels) et de faire en sorte qu'aucun animateur ne soit en studio. Aucun employé n'est autorisé à parler à l'antenne", a-t-il ajouté, sans plus de détails.

Jusqu'à mardi soir, aucune explication n'avait pu être obtenue des autorités sur les motifs de ces fermetures de radios, qui ont été dénoncée par l'organisation de défense des journalistes Reporters sans frontières (RSF) dans un communiqué reçu mardi par l'AFP à Dakar.

"Aucun document officiel n'a été produit" pour motiver ces fermetures et "selon les personnes interrogées par RSF, aucune de ces radios n'avait diffusé de contenu susceptible de froisser les autorités ces derniers jours", a affirmé RSF.

Hilltop Radio et Afri Radio "sont des radios de divertissement qui ne font pas d'information, et Teranga FM diffusait par le passé des revues de presse en langue vernaculaire, ce qui lui a été depuis interdit", a-t-elle souligné.

"Ces fermetures arbitraires sont extrêmement préoccupantes" dans le contexte actuel de crise post-électorale en Gambie, a déclaré la rédactrice en chef de RSF, Virginie Dangles.

"Elles s'inscrivent dans un climat plus général d'attaques contre les libertés démocratiques dans le pays. RSF exhorte les autorités à rouvrir ces radios immédiatement et à cesser la répression contre la liberté d'expression et d'information", a-t-elle affirmé.

La Gambie est depuis plusieurs jours en proie à une crise née de l'élection présidentielle du 1er décembre. Le scrutin a été officiellement remporté par l'opposant Adama Barrow face à Yahya Jammeh, qui briguait un cinquième mandat après 22 ans au pouvoir et conteste sa défaite après l'avoir dans un premier temps reconnue.

Avec AFP

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