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Trois radios privées fermées sur ordre des autorités en Gambie


Le président sortant gambien Yahya Jammeh entouré de sa garde militaire, 1er décembre 2016.

Au total trois radios privées gambiennes, Teranga FM, Hilltop Radio et Afri Radio, ont été fermées depuis dimanche par les autorités, ont indiqué lundi des employés, assurant en ignorer la raison.

La première fermeture annoncée dimanche a été celle de Teranga FM, radio communautaire plusieurs fois réduite au silence depuis sa création en 2009, selon un membre de son personnel.

Lundi, des responsables de Hilltop Radio et de Afri Radio ont annoncé que leurs médias avaient été contraints de fermer dimanche.

Aucune de ces radios n'émettait lundi soir, selon un correspondant de l'AFP.

"Trois personnes qui se sont identifiées comme agents de l'Agence nationale du renseignement (NIA) sont venus à la radio dimanche vers 16H00 (locales et GMT) et m'ont demandé d'arrêter les émissions", a expliqué le directeur de Hilltop, Basiru Darboe.

Selon lui, celui qui s'est présenté comme le chef du groupe lui a expliqué qu'ils ont été mandatés par le chef de la NIA, Yankuba Badjie, et ont précisé n'avoir pas d'autre raison à lui communiquer.

Selon Basiru Darboe, Hilltop FM est une radio généraliste créée il y a environ sept ans.

Un responsable d'Afri Radio s'exprimant sous couvert d'anonymat a aussi fait état du même scénario à l'AFP, assurant ignorer le motif et ne souhaitant pas communiquer plus sur le sujet.

Afri Radio diffuse surtout des émissions de divertissement et de sport, a-t-on indiqué.

Sollicitée par l'AFP, une source de sécurité a confirmé la fermeture de Hilltop Radio, mais ne s'est pas prononcée sur celle d'Afri Radio.

"C'est vrai que la direction de Hilltop a été sommée d'arrêter la diffusion. C'est tout ce que je peux vous dire", a affirmé cette source, qui avait également confirmé dimanche celle de Teranga FM sans plus de précisions.

Ces fermetures interviennent alors que la Gambie, que dirige d'une main de fer Yahya Jammeh depuis 1994, est en crise depuis l'élection présidentielle du 1er décembre.

Yahya Jammeh avait d'abord reconnu le 2 décembre avoir été battu aux urnes par l'opposant Adama Barrow, puis a rejeté les résultats le 9 décembre. Il a demandé l'annulation du scrutin à la Cour suprême, qui doit examiner son recours le 10 janvier, soit neuf jours avant l'expiration de son mandat.

Alors que de nombreux pays et institutions le pressent de céder le pouvoir, M. Jammeh soutient que tant que la Cour n'a pas rendu sa décision, il demeurera à la tête du pays. De l'autre, Adama Barrow dit qu'il se considèrera président à compter du 19 janvier.

Avec AFP

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