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Togo

Fortes restrictions aux manifestations publiques au Togo

Le Parlement togolais, Lomé, 20 janvier 2019.

L'Assemblée nationale togolaise a adopté mercredi soir une nouvelle loi qui restreint la liberté de manifester, pour des raisons de "sécurité".

"Les réunions ou les manifestations pacifiques sur la voie publique et dans les lieux publics ne peuvent se tenir avant 11h00 et au-delà de 18h00", souligne la nouvelle loi qui modifie un précédent texte datant de 2011. La loi restreint également sévèrement les lieux publics où peuvent être organisées des manifestations.

"Pour des raisons stratégiques, économiques et sécuritaires, toutes les manifestations sont interdites sur certains axes et zones notamment toutes les routes nationales, les axes et zones où se déroulent de fortes activités économiques, dans les centres urbains, les axes et zones proches des institutions de la République, les axes et zones proches des chancelleries et résidences des ambassadeurs et représentants d'organisations internationales et les axes et zones proches des camps militaires et des camps de service de sécurité", souligne la loi.

Par ailleurs, le nombre de manifestations organisées par semaine dans une ville peut être limité par l'autorité administrative compétente en fonction de la disponibilité des forces de sécurité devant être affectées à leur encadrement.

Selon le ministre de l'administration territoriale Payadowa Boukpessi, la modification apportée à l'ancienne loi "s'est imposée au gouvernement pour adapter les instruments juridiques aux contextes nouveaux, marqués par des menaces terroristes dans la sous-région et aux portes de notre pays". "L'objectif est de parvenir à un meilleur encadrement des manifestations pacifiques publiques, afin d'offrir la sécurité aux riverains et surtout d'offrir la sécurité aux manifestants", a-t-il souligné.

Les députés ont également voté une autre loi qui permet au gouvernement de renforcer l'arsenal sécuritaire afin d'anticiper sur les menaces terroristes.

L'opposant Nathaniel Olympio, président du Parti des Togolais, a critiqué des mesures jugées liberticides. "le gouvernement togolais redoute les prochaines colères du peuple, alors il le bâillonne en interdisant les manifestations", a-t-il déclaré.

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Moto: Port de casque obligatoire à partir du 20 septembre au Togo

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Permis de conduire obligatoire pour les motocyclistes dès le 20 septembre

Un conducteur de moto remorquant 3 passagers à Lomé, le 14 août 2019. (VOA/Kayi Lawson)

Pour les sept premiers mois de l’année, plus de 350 personnes ont trouvé la mort dans un accident de circulation. Le ministère togolais de la sécurité et de la protection civile met en cause les conducteurs de moto, dont la grande majorité roule sans permis de conduire.

La situation ne sera plus possible car dès le 20 septembre, le permis de conduire sera obligatoire pour les motocyclistes au Togo.

Entre le 1er janvier et le 31 juillet 2019, 3178 accidents se sont produits sur les routes togolaises, ayant occasionné 354 décès et 4483 blessés.

Yark Damehane, ministre togolais de la Sécurité et de la protection civile, au cours d’une conférence de presse à Lomé, le 7 mars 2018. (VOA/Kayi Lawson)
Yark Damehane, ministre togolais de la Sécurité et de la protection civile, au cours d’une conférence de presse à Lomé, le 7 mars 2018. (VOA/Kayi Lawson)

Pour le ministère de la Sécurité et de la Protection civile, les causes de ces accidents sont le non-respect du code de la route notamment l’excès de vitesse, des dépassements mal faits, la distraction en circulation en raison de l’utilisation du téléphone portable, la conduite en état d’ébriété et/ou sous l’influence de stupéfiants.

Les conducteurs de moto ont une connaissance assez limitée du code de la route, soutient Yark Damehane, le ministre togolais de la Sécurité et de la Protection civile.

"Le permis de conduire concerne beaucoup l’apprentissage du code de la route. Malheureusement, nos compatriotes motocyclistes ont encore, je dirai, du caillou dans le pied. Parce qu’ils se disent permis ou sans permis, je peux piloter ma moto, avec les conséquences que nous venons de voir", déplore le ministre Damehane, qui annonce que dès le 20 septembre le permis de conduire sera exigé à tout motocycliste.

"On arrête un motocycliste, il n’a pas de permis, sa moto est en fourrière", a dit en substance Yark Damehane le 9 aout dernier, lors d’une conférence de presse à Lomé.

Des motocyclistes en circulation à Lomé, le 14 août 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Des motocyclistes en circulation à Lomé, le 14 août 2019. (VOA/Kayi Lawson)

Le permis de conduire obligatoire pour les conducteurs de moto, est une mesure que salue Jean, détenteur d’un permis de conduire pour moto depuis 2015.

Après avoir indexé les conducteurs de taxi moto, qui, selon lui, "ne maîtrisent pas le code de la route et circulent n’importe comment", Jean fait noter que pour une application objective de la mesure, il faut que tout motocycliste y soit soumis.

"Il faut que le ministre sache bien que ‘charity begins at home’. Les agents de sécurité, eux-mêmes, n’ont qu’à essayer d’avoir d’abord leur permis pour servir d’exemple", a-t-il indiqué, faisant allusion au fait que des agents des forces de l’ordre circulent avec des motos sans plaque d’immatriculation.

20 septembre, une date pas très réaliste

La mesure annoncée par le gouvernement est unanimement ovationnée par les Togolais quoique certains estiment que la date du 20 septembre doit être revue.

"L’initiative en soi est bonne mais il faut laisser un peu de temps. Le 20 septembre est une date, si on peut dire un peu anarchique, excusez-moi le terme", a laissé entendre un conducteur de taxi moto.

Jean, cité plus haut, renchérit que le délai est trop court pour que tous les motocyclistes puissent entrer en possession de leur permis de conduire avant le 20 septembre.

"Il faut prolonger un peu le délai. Au moins dans le mois d’octobre, ça peut être faisable. Quand est ce qu’on va commencer à apprendre le code. Le 20 septembre, c’est déjà proche. On ne peut pas", a soutenu un autre motocycliste au micro de VOA Afrique à Lomé.

Pour réduire les accidents de circulation, Kodjo Agbétrobou, un usager de la route fait une toute autre proposition. "Ce n’est pas le permis de conduire qui va permettre de réduire le nombre d’accidents", analyse-t-il. Il propose une augmentation des amendes pour des infractions au code de la route.

En cas de non-respect des feux tricolores, il propose que le contrevenant paie 25.000 voire 30.000 francs CFA.

"Là, le conducteur sait que quand il ne va pas respecter les feux tricolores, il aura à perdre beaucoup de sous. Parce que ce n’est pas par manque de permis qui fait causer les accidents mais c’est un manque de conscience dans la conduite", ajoute Kodjo Agbétrobou tout coléreux.

Le Togo s’est doté d’une loi relative au code de la route et le gouvernement compte l'appliquer dans toute sa rigueur, pour réduire les morts sur les routes togolaises.

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