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Tunisie

Fin de campagne présidentielle mouvementée, un des favoris reste en prison

Vote municipal dans un centre de tri à Ariana, près de Tunis, le 7 mai 2018.

A deux jours du premier tour de l'élection présidentielle en Tunisie, la justice a décidé vendredi de maintenir l'un des favoris du scrutin en prison, ajoutant à la fièvre d'une fin de campagne mouvementée pour les 26 candidats en lice.

Le publicitaire controversé Nabil Karoui, emprisonné depuis le 23 août pour blanchiment d'argent, passera la journée électorale derrière les barreaux de sa prison de la Monarguia, près de Tunis: la cour de Cassation, se déclarant incompétente, a refusé le recours introduit contre son mandat de dépôt, a annoncé son parti Qalb Tounes (Au coeur de la Tunisie).

Si la décision ne constitue pas une surprise, elle pourrait galvaniser les partisans de l'homme d'affaires de 56 ans, qui accuse le pouvoir d'avoir instrumentalisé la justice pour l'écarter de la course et qui s'est qualifié de "prisonnier politique" dans des entretiens à la presse.

M. Karoui, accusé d'être un populiste ou un escroc par ses détracteurs, s'est construit une forte notoriété ces dernières années en organisant des distributions d'aide dans les régions défavorisées tunisiennes, opérations relayées par la chaîne de télévision Nessma, dont il est le fondateur et qui mène campagne tambour battant pour lui.

Derniers meetings

Les autres candidats jetaient vendredi leurs dernières forces dans la bataille, avant une journée de silence électoral samedi.

La célèbre avenue Bourguiba, "les Champs-Elysées de Tunis", doit notamment accueillir trois rendez-vous concurrents: un meeting d'Abdelfattah Mourou, le candidat du parti d'inspiration islamiste Ennahdha; un autre organisé par l'équipe de M. Karoui (qui depuis son incarcération mène campagne par le biais de sa famille); et un rassemblement autour du candidat de la gauche radicale Hamma Hammami.

Le Premier ministre Youssef Chahed effectue quant à lui une dernière tournée dans des quartiers de la capitale, tandis que d'autres candidats feront d'ultimes déplacements en région.

Signe de la nervosité et de la fatigue de fin de campagne, le candidat Moncef Marzouki, qui fut le premier président de la Tunisie post-révolutionnaire, a jeté son micro vendredi à la figure d'un journaliste de la chaîne Euronews, selon une vidéo relayée par la presse locale.

Incertitude

Rarement l'issue d'une élection n'aura été aussi incertaine que pour celle de dimanche, en raison du nombre pléthorique de candidats, de l'éclatement des familles politiques comptant plusieurs postulants rivaux et de la difficulté d'identifier des lignes de partage marquées.

Provocant, le Premier ministre libéral Youssef Chahed a lancé jeudi sur la radio Mosaïque que seuls trois partis --le sien, celui de Nabil Karoui et Ennahdha-- comptaient. "Tout le reste n'existe pas sur le terrain", a-t-il lancé.

Pourtant, d'autres candidats peuvent figurer dans le peloton de tête, comme l'avocate anti-islamiste Abir Moussi, le ministre centriste de la Défense Abdelkarim Zbidi, ou encore l'indépendant conservateur au visage impassible Kaïs Saïed, qui a multiplié les déplacements.

"Cette élection est vraiment celle de l'incertitude", résume le politologue Hatem Mrad.

Et il n'est pas sûr que la campagne ait répondu aux préoccupations majeures des Tunisiens: la crise sociale et économique et la cherté de la vie, entre autres, dans un pays où le chômage est de 15% et où l'inflation frôle les 7%.

La lutte antiterroriste, thème longtemps omniprésent dans une Tunisie traumatisée par les attentats de 2015-2016, n'est plus au coeur des débats.

Pour ajouter à la complexité de la scène politique tunisienne, et au risque de semer davantage la confusion chez les électeurs, une campagne se termine et une autre commence.

En effet, celle des législatives du 6 octobre débute vendredi à minuit. Ce qui fait que, même si samedi est une journée de "silence électoral" pour l'élection présidentielle, la politique continuera.

Le calendrier initial prévoyait la présidentielle en décembre, après les législatives, mais la mort du président Béji Caïd Essebsi en juillet a bouleversé les échéances, et les Tunisiens voteront donc pour élire leurs députés entre les deux tours de la présidentielle.

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Les grandes dates du régime du président déchu Zine El Abidine Ben Ali

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Ennahda soutiendra Kaïs Saïd au 2nd tour de la présidentielle

Le vice-président du parti islamiste Ennahda et candidat malheureux à la présidentielle Abdelfattah Mourou, à droite, et le chef du parti islamiste tunisien Ennahda, Rachid Ghannouchi, devant le siège du parti à Tunis, lundi 9 septembre 2019. (AP Photo / Hassene Dridi)

Les islamistes modérés d'Ennahda ont annoncé jeudi qu'ils soutiendront Kaïs Saïd au deuxième tour de l'élection présidentielle, alimentant les chances de cet ancien professeur de droit de l'emporter le 13 octobre prochain.

Kaïs Saïd sera opposé à Nabil Karoui, un homme d'affaires actuellement incarcéré pour fraude fiscale. Les deux hommes, qui n'appartiennent pas au sérail politique tunisien, ont créé la surprise, dimanche, en se hissant au deuxième tour de la présidentielle.

Huit ans après la "révolution du Jasmin" qui avait donné le coup d'envoi du "printemps arabe", la Tunisie est le seul pays concerné à avoir connu une réelle transition démocratique, même si celle-ci demeure fragile.

La situation économique pèse aussi sur les Tunisiens, qui ont le sentiment que leurs conditions de vie se sont dégradées, sur fond de chômage de masse et de forte inflation qui ont plombé la candidature du Premier ministre Youssef Chahed et d'autres anciens dirigeants du pays.

Lors des élections municipales l'an dernier, seuls 34% des quelque sept millions d'électeurs tunisiens s'étaient déplacés. A la précédente présidentielle, en 2014, la participation avait atteint les 63% des inscrits. Elle a été annoncée dimanche à guère plus de 45%.

Avec Reuters

Ben Ali est décédé

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Décès en Arabie saoudite du président déchu Zine el Abidine Ben Ali

L'ancien président tunisien Zine El Abidine Ben Ali à Rome, le 11 mai 2004.

Le président déchu Zine El Abidine Ben Ali, 83 ans, est décédé jeudi en Arabie Saoudite, où il vivait en exil depuis la révolution de 2011, a indiqué à l'AFP le ministère tunisien des Affaires étrangères.

"Nous avons eu la confirmation de sa mort il y a 30 minutes", a ajouté le ministère, sans plus de détails.

Contacté par l'AFP, Mounir Ben Salha, avocat autoproclamé de Ben Ali, avait auparavant évoqué ce décès en citant comme sources sa famille et son médecin.

Après plus de deux décennies d'un pouvoir répressif, Ben Ali avait été renversé début 2011 par un mouvement populaire, point de départ d'une vague de révoltes dans la région connue sous le nom de "Printemps arabes".

Il avait fui, le 14 janvier 2011, dans des conditions rocambolesques, vers Jeddah, en Arabie saoudite, où il vivait depuis en exil avec sa famille.

Des rumeurs sur sa mort ont circulé à plusieurs reprises ces dernières années.

Le 12 septembre, Me Ben Salha avait déclaré que le président déchu se trouvait "dans un état critique". Il avait ensuite démenti les rumeurs de décès. "Il n'est pas mort, mais son état de santé est mauvais. Il est sorti de l'hôpital et se soigne actuellement chez lui. Son état de santé se stabilise", avait-il indiqué à une radio locale.

Réagissant à ces dernières "rumeurs", le Premier ministre tunisien Youssef Chahed avait assuré qu'il était prêt à donner son "feu vert pour son retour".

"C'est un cas humanitaire. S'il est malade, comme le disent les rumeurs, il peut rentrer dans son pays comme tout Tunisien", avait dit M. Chahed, interrogé sur la chaîne Hannibal TV. "S'il veut rentrer pour être enterré ici, je donne mon feu vert".

Peu après l'annonce du décès jeudi, le lieu des funérailles --Arabie saoudite ou Tunisie-- restait inconnu.

Ben Ali et son épouse Leila Trabelsi ont régné sur la Tunisie d'une poigne de fer pendant 23 ans, mettant l'économie du pays en coupes réglés.

En 2018, à l'issue de procès par contumace pour "homicides volontaires", "abus de pouvoir" ou encore "détournements de fonds", il avait été condamné par contumace à de multiples peines de prison, dont plusieurs à perpétuité.

Une nouvelle demande de libération du candidat présent au 2e tour Nabil Karoui rejetée

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