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Le thème du "terrorisme" relégué au second plan de la présidentielle

Militaires devant le Musée du Bardo deux jours après l'attentat terroriste à Tunis, en Tunisie le 20 mars 2015.

La lutte antiterroriste, thème longtemps omniprésent dans une Tunisie traumatisée par les attentats, n'est plus au cœur des débats à l'approche de la présidentielle du 15 septembre, au profit notamment des questions socio-économiques, même si des inquiétudes sécuritaires persistent.

Dans le sillage de sa révolution de 2011, le pays pionnier des Printemps arabes a vécu l'émergence d'une mouvance jihadiste, qui a connu son apogée avec la vague d'attaques des années 2015-2016, entraînant la mort de dizaines de personnes et minant encore davantage une économie morose.

Musée du Bardo en mars, plage et hôtel de Sousse en juin, bus de la garde présidentielle au coeur de la capitale en novembre: en 2015, le petit pays d'Afrique du Nord célébré pour son processus démocratique a cru vivre une descente aux enfers, avec la mort de 72 personnes (59 touristes, un policier et 12 agents de la sécurité du chef de l'Etat).

Alors que la Libye voit s'implanter, à la faveur du chaos, le groupe jihadiste Etat islamique (EI), la Tunisie est même le théâtre en mars 2016, à Ben Guerdane, près de la frontière libyenne, d'une attaque coordonnée contre ses installations sécuritaires. Une tentative de l'EI de créer un "califat" sur le sol tunisien, s'alarme le Premier ministre de l'époque, Habib Essid.

Bien que meurtrière, cette attaque a toutefois été repoussée, et cette riposte célébrée comme un point de bascule dans la lutte antijihadiste.

Nommé cette année-là, le Premier ministre et candidat à la présidentielle, Youssef Chahed, présente aujourd'hui l'amélioration de la sécurité comme un point fort de ses trois ans à la tête du gouvernement.

- Police de proximité -

Lors d'un débat télévisé lundi soir, M. Chahed a néanmoins placé sur un même plan "la lutte contre le terrorisme" et la sécurité au quotidien des citoyens, reconnaissant que la criminalité quotidienne avait augmenté. Il a proposé la création d'une police de proximité.

D'autres candidats, dont le ministre de la Défense Abdelkarim Zbidi, s'attribuent aussi le mérite de l'amélioration de la sécurité. Mais l'argument ne paraît pas particulièrement faire mouche.

"La situation est plutôt calme, il n'y a pas de menace ouverte, et la question de la sécurité est passée au second plan", dit à l'AFP Michaël Ayari, chercheur pour l'International Crisis Group (ICG).

Sur le terrain, les candidats sont surtout attendus sur les questions sociales: les salaires qui plafonnent à quelques centaines de dinars par mois quand le boeuf coûte plus de 20 dinars (7 euros) le kilo, le chômage élevé qui désespère la jeunesse et la déliquescence des services publics.

Tout comme la petite criminalité, que la justice peine à juguler.

"Les débats portent surtout sur l'économie", note M. Ayari.

- Polarisation -

Pour autant, l'inquiétude n'a pas totalement disparu. Au premier jour de la campagne, le ministère de l'Intérieur a annoncé avoir tué trois cadres algériens de la Phalange Okba ibn Nafaa, la branche locale d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Actif dans les massifs frontaliers de l'Algérie, ce groupe avait été l'auteur en 2014 de l'attaque du mont Chaambi, pire attentat contre l'armée (15 soldats tués) et point de départ d'une série noire.

Et, preuve que la menace demeure jusque dans la capitale, un double attentat suicide a fait deux morts en plein Tunis le 27 juin.

A l'apogée du "califat" de l'EI au Levant et en Libye, les Tunisiens comptaient aussi parmi les principales nationalités représentées --des milliers de combattants--, selon un groupe de travail de l'ONU.

Face à l'inquiétude manifestée il y a quelques années par la population, les autorités ont assuré surveiller les éventuels "revenants" de l'EI, sans toutefois montrer les signes d'un travail de fond.

L'état d'urgence, réinstauré fin 2015, est lui toujours en vigueur.

Alors que la sécurité est l'une des deux principales prérogatives du président, dans le cadre du régime parlementaire mixte actuel, plusieurs candidats ont promis de s'impliquer plus activement dans la quête d'une solution au conflit libyen.

Par ailleurs, selon M. Ayari, le thème de la lutte antiterroriste pourrait réémerger au second tour, notamment si le premier candidat présenté par Ennahdha, Abdelfattah Mourou, est encore en lice.

Au pouvoir après la révolution, ce parti d'inspiration islamiste a longtemps été accusé de laxisme face à la mouvance jihadiste, accusation dont il continue de se défendre.

Si M. Mourou est au second tour, "il est possible que la question du terrorisme" réapparaisse "pour mettre Ennahdha en difficulté. Comme à chaque fois qu'il y a polarisation, les sujets sécuritaires reviennent", résume M. Ayari.

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Les grandes dates du régime du président déchu Zine El Abidine Ben Ali

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Ennahda soutiendra Kaïs Saïd au 2nd tour de la présidentielle

Le vice-président du parti islamiste Ennahda et candidat malheureux à la présidentielle Abdelfattah Mourou, à droite, et le chef du parti islamiste tunisien Ennahda, Rachid Ghannouchi, devant le siège du parti à Tunis, lundi 9 septembre 2019. (AP Photo / Hassene Dridi)

Les islamistes modérés d'Ennahda ont annoncé jeudi qu'ils soutiendront Kaïs Saïd au deuxième tour de l'élection présidentielle, alimentant les chances de cet ancien professeur de droit de l'emporter le 13 octobre prochain.

Kaïs Saïd sera opposé à Nabil Karoui, un homme d'affaires actuellement incarcéré pour fraude fiscale. Les deux hommes, qui n'appartiennent pas au sérail politique tunisien, ont créé la surprise, dimanche, en se hissant au deuxième tour de la présidentielle.

Huit ans après la "révolution du Jasmin" qui avait donné le coup d'envoi du "printemps arabe", la Tunisie est le seul pays concerné à avoir connu une réelle transition démocratique, même si celle-ci demeure fragile.

La situation économique pèse aussi sur les Tunisiens, qui ont le sentiment que leurs conditions de vie se sont dégradées, sur fond de chômage de masse et de forte inflation qui ont plombé la candidature du Premier ministre Youssef Chahed et d'autres anciens dirigeants du pays.

Lors des élections municipales l'an dernier, seuls 34% des quelque sept millions d'électeurs tunisiens s'étaient déplacés. A la précédente présidentielle, en 2014, la participation avait atteint les 63% des inscrits. Elle a été annoncée dimanche à guère plus de 45%.

Avec Reuters

Ben Ali est décédé

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Décès en Arabie saoudite du président déchu Zine el Abidine Ben Ali

L'ancien président tunisien Zine El Abidine Ben Ali à Rome, le 11 mai 2004.

Le président déchu Zine El Abidine Ben Ali, 83 ans, est décédé jeudi en Arabie Saoudite, où il vivait en exil depuis la révolution de 2011, a indiqué à l'AFP le ministère tunisien des Affaires étrangères.

"Nous avons eu la confirmation de sa mort il y a 30 minutes", a ajouté le ministère, sans plus de détails.

Contacté par l'AFP, Mounir Ben Salha, avocat autoproclamé de Ben Ali, avait auparavant évoqué ce décès en citant comme sources sa famille et son médecin.

Après plus de deux décennies d'un pouvoir répressif, Ben Ali avait été renversé début 2011 par un mouvement populaire, point de départ d'une vague de révoltes dans la région connue sous le nom de "Printemps arabes".

Il avait fui, le 14 janvier 2011, dans des conditions rocambolesques, vers Jeddah, en Arabie saoudite, où il vivait depuis en exil avec sa famille.

Des rumeurs sur sa mort ont circulé à plusieurs reprises ces dernières années.

Le 12 septembre, Me Ben Salha avait déclaré que le président déchu se trouvait "dans un état critique". Il avait ensuite démenti les rumeurs de décès. "Il n'est pas mort, mais son état de santé est mauvais. Il est sorti de l'hôpital et se soigne actuellement chez lui. Son état de santé se stabilise", avait-il indiqué à une radio locale.

Réagissant à ces dernières "rumeurs", le Premier ministre tunisien Youssef Chahed avait assuré qu'il était prêt à donner son "feu vert pour son retour".

"C'est un cas humanitaire. S'il est malade, comme le disent les rumeurs, il peut rentrer dans son pays comme tout Tunisien", avait dit M. Chahed, interrogé sur la chaîne Hannibal TV. "S'il veut rentrer pour être enterré ici, je donne mon feu vert".

Peu après l'annonce du décès jeudi, le lieu des funérailles --Arabie saoudite ou Tunisie-- restait inconnu.

Ben Ali et son épouse Leila Trabelsi ont régné sur la Tunisie d'une poigne de fer pendant 23 ans, mettant l'économie du pays en coupes réglés.

En 2018, à l'issue de procès par contumace pour "homicides volontaires", "abus de pouvoir" ou encore "détournements de fonds", il avait été condamné par contumace à de multiples peines de prison, dont plusieurs à perpétuité.

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