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1er mai: en 2020, une fête des travailleurs virtuelle pour cause de virus

Défilé 1er Mai au mali en 2018.

La place de la Révolution était vide à la Havane, à Cuba pour ce 1er mai 2020. Comme dans plusieurs pays, la fête du Travail traditionnelle a été célébrée cette année aux fenêtres ou balcons, avec des "manifestations virtuelles", à grands renforts de banderoles ou avec des concerts de casseroles.

Les façades de la Havane étaient pavoisées, les visages géants des guérilleros Ernesto Che Guevara et Camilo Cienfuegos toujours en place sur les immeubles de l'emblématique place de la Révolution mais pas un travailleur le poing levé vendredi, là où ils sont habituellement près d'un million à la même date chaque année.

Le chef de l'Etat français Emmanuel Macron l'a résumé : "Ce 1er mai 2020 ne ressemble à aucun autre".

Pour la première fois depuis l'interdiction des manifestations durant les guerres d'Indochine et d'Algérie dans les années 1950 et 1960, il n'y a pas eu de rassemblements en France, au nom de la lutte contre le Covid-19, qui a fait plus de 230.000 morts dans le monde.

Pas plus que dans la plupart des autres pays à l'heure où la moitié de l'humanité est confinée.

Les syndicats ont par conséquent appelé à d'autres formes de mobilisation : conférences et concerts sans public, en ligne, messages revendicatifs sur les réseaux sociaux...

Pour eux, cette journée internationale qui tire son origine des combats du mouvement ouvrier à la fin du XIXe siècle, est plus que jamais d'actualité: l'épidémie met en lumière le rôle essentiel de certains métiers jusqu'à présent peu valorisés -- dans la santé, les commerces, l'hygiène -- et exacerbe les tensions sociales.

Car en faisant plonger les économies, en arrêtant industries, commerces et services, la pandémie a déjà réduit au chômage des cohortes de travailleurs.

Ca et là, certains n'ont d'ailleurs pas voulu se résoudre à rester chez eux.

Au Portugal, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées vendredi dans plusieurs villes, en respectant une distanciation de plus de 3 mètres, notamment à Lisbonne, où plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées sur la pelouse de l'esplanade de Alameda, agitant des drapeaux aux cris de "union syndicale" et "la lutte continue".

- Interdictions bravées -

La police turque a ainsi arrêté vendredi plusieurs responsables syndicaux qui défilaient à Istanbul en dépit de l'interdiction.

Aux Philippines, de petits groupes ont bravé le veto pour demander aides publiques et conditions de travail sûres. La police a arrêté au moins trois personnes.

En Grèce, où le gouvernement avait appelé à reporter toute manifestation au 9 mai, le syndicat PAME, affilié aux communistes, a néanmoins organisé un rassemblement devant le parlement, très discipliné : des centaines de manifestants ont respecté les distances d'un mètre matérialisées au sol, arborant souvent écharpes sur le visage ou masques.

Quelques centaines de manifestants ont également gardé leurs distances à Vienne pour réclamer la fin totale du confinement, à l'appel d'un groupe "Initiative pour une information corona basée sur des preuves" sceptique quant à la distanciation sociale et le port du masque.

En Allemagne, les forces de l'ordre ont été déployées en grand nombre -- 5.000 policiers à Berlin -- pour faire respecter l'interdiction de manifester à plus de 20 personnes qu'entendaient braver des mouvements d'ultragauche et d'extrême droite, ainsi que des conspirationnistes, farouchement opposés aux mesures de confinement.

Les "accros" des manifs en Espagne ont innové : à Saragosse (nord), à l'initiative du syndicat Intersindical de Aragon, ils ont défilé chacun dans leur voiture, équipés de masques et de gants. Le rassemblement avait été autorisé sous conditions: soixante voitures maximum, une seule personne par véhicule, ni décapotable ni deux-roues.

Quelques membres du Parti communiste russe ont eux opté pour la manifestation "en solitaire", défilant à tour de rôle avec pancartes devant le Kremlin, le siège de l'administration présidentielle et la mairie de Moscou.

Au Liban, frappé par une crise économique aiguë et où 45% de la population vit sous le seuil de pauvreté, plusieurs centaines de manifestants arborant masques et drapeaux libanais se sont rassemblés dans le centre de Beyrouth, place des Martyrs.

"Je suis descendu parce que j'ai faim, j'en ai marre de cette vie", expliquait un participant, Mohamed Ali, 25 ans, ex-employé de restaurant au chômage.

Au Honduras, les principaux syndicats ont réclamé "la fin de la monstrueuse corruption" du gouvernement, dénonçant la mauvaise utilisation des fonds dédiés à la lutte contre le Covid-19.

- Prudence de mise -

Ailleurs, la prudence et les célébrations alternatives restaient généralement de mise, comme en Finlande où la fête du travail coïncide avec la populaire fête du "Vappu" pour l'arrivée du printemps -- les 30 avril et 1er mai.

Les Finlandais se sont rabattus sur des événements en ligne, comme au Danemark, en Suède, en Norvège, en Afrique du Nord...

En Italie, l'un des pays européens les plus meurtris, avec 27.680 morts, un concert virtuel sera retransmis sur la chaîne publique Rai 3 dans la soirée. Parmi les artistes, en direct depuis divers salles de concert, des poids lourds de la scène italienne, comme Gianna Nannini ou Zucchero, mais aussi des stars internationales comme Sting et Patti Smith.

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New York prolonge son couvre-feu et refuse de faire appel à la Garde nationale

Des agents de police de New York dans le quartier de Brooklyn à New York, mardi 28 avril 2020. (Todd Maisel via AP)

Le couvre-feu décrété lundi à New York va être prolongé jusqu'au 7 juin, a annoncé mardi le maire de New York Bill de Blasio après une série de pillages, tout en refusant de déployer la Garde nationale dans la capitale économique américaine comme réclamé par Donald Trump.

Cette mesure exceptionnelle sera en vigueur de 20h00 à 05h00 du matin, a précisé le maire, après que le coeur de Manhattan et certains quartiers du Bronx eurent été le théâtre de nombreuses scènes de pillage lundi soir, au premier jour du couvre-feu.

De nombreux commerces ont été vandalisés, dont le grand magasin emblématique Macy's.

"Des intrus ont pénétré dans le magasin, (..) la police est intervenue et à ce stade les dégâts sont limités", a indiqué à l'AFP un porte-parole de la chaîne.

Au vu de ces images largement relayées sur les réseaux sociaux, le président Donald Trump, qui lorsqu'il habitait New York vivait sur la 5e Avenue, tout près de certains magasins ciblés lundi, a appelé dans un tweet la ville à "agir vite" et à "appeler la Garde nationale".

Plusieurs villes à travers le pays ont déjà appelé ces soldats en renfort après les manifestations contre les brutalités policières contre les Américains noirs qui embrasent le pays depuis une semaine, après la mort de George Floyd aux mains d'un policier blanc à Minneapolis.

Mais M. de Blasio a estimé que la ville n'en avait "pas besoin" grâce à ses plus de 36.000 policiers, soit les effectifs policiers municipaux les plus importants du pays, mieux préparés selon lui à ce genre de situations.

"Nous allons prendre des mesures immédiatement pour rétablir l'ordre et le calme", a-t-il assuré. "Je sais que nous allons surmonter cela, nous allons avoir quelques jours difficiles mais nous allons y arriver".

Le gouverneur de New York, Andrew Cuomo, a de son côté jugé "inexcusables" les pillages de lundi soir, et estimé que le maire et la police n'avaient "pas fait leur travail".

"Je pense que le maire sous-estime l'ampleur et la durée du problème, je ne pense pas qu'ils aient utilisé suffisamment de policiers pour y répondre", a déclaré lors d'un point de presse M. Cuomo, dont les rapports avec le maire sont notoirement difficiles.

Le gouverneur a cependant refusé d'imposer un déploiement de la Garde nationale à New York, soulignant que cela impliquerait de suspendre le maire et que cela ne ferait qu'"empirer la situation".

Entré en vigueur lundi à 23h00, le couvre-feu new-yorkais a été avancé et commence désormais dès 20h00.

Covid-19: près de 376.000 morts dans le monde

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Algérie/virus: premier ferry pour la France depuis la suspension des traversées

Une Algérienne regarde la mer en visitant une ruine romaine sur le site archéologique de Tipasa, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, à environ 70 km (43 miles) à l'ouest d'Alger, le 4 mai 2012. REUTERS / Zohra Bensemra

Un ferry français a appareillé lundi d'Alger à destination de Marseille, dans le sud de la France, assurant la première liaison maritime pour le transport de passagers entre les deux pays depuis la suspension des traversées en raison de la pandémie de Covid-19.

Le "Danielle Casanova" de la compagnie privée Corsica Linea a quitté le port d'Alger à 15H10 locales (14H10 GMT), avec 970 passagers et 427 véhicules à bord, a précisé à l'AFP la capitainerie du port.

D'une capacité de 2.400 passagers et pouvant embarquer jusqu'à 700 véhicules, le ferry était arrivé vide à Alger à 07H00 locales (06H00 GMT) en provenance de Marseille.

Il est attendu dans la cité phocéenne mardi à la mi-journée.

Tout au long de la matinée, le navire a embarqué des expatriés et des Algériens résidant en France, bloqués en Algérie depuis près de trois mois par les restrictions de déplacements dues à la crise sanitaire, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Je suis bloqué en Algérie depuis plus de trois mois. J'ai dû séjourner durant toute cette période dans un hôtel de la capitale", raconte à l'AFP Mustapha, un Franco-algérien de 49 ans établi à Lyon (sud-est de la France).

"J'attends ici dans l'espoir de pouvoir monter a bord du bateau. Les billets se vendent en sous-main", assure-t-il.

Afin de respecter les normes sanitaires et les règles de distanciation, la Corsica Linea n'a vendu que des places en cabines, dans lesquelles les passagers seront confinés pendant la traversée, selon une source portuaire.

Restaurants et bars à bord resteront fermés mais l'équipage a distribué aux passagers des sandwiches et des boissons.

Le "Danielle Casanova", mis en service en 2002, doit assurer deux dessertes similaires dimanche et mardi prochains, selon la capitainerie. D'autres liaisons sont envisagées dans la première quinzaine de juin.

L'Algérie a fermé ses frontières maritimes depuis le 19 mars, date à laquelle un ferry algérien avait assuré une ultime traversée entre la France et l'Algérie.

Le "Tariq Ibn Ziad", de la compagnie Algérie Ferries, avait alors rapatrié en Algérie depuis Marseille environ 1.700 personnes, piégées en France par la pandémie.

- Vols de retour spéciaux -

Par ailleurs, la mise en place de vols de rapatriement s'accélère depuis plusieurs jours dans les deux sens, assurés notamment par la compagnie nationale Air Algérie.

Depuis la fermeture de l'espace aérien algérien le 17 mars, Air France a organisé des vols spéciaux à partir d'Alger qui ont permis à plus de 6.000 personnes de regagner l'Hexagone, selon l'ambassade de France en Algérie.

La compagnie aérienne ASL Airlines France organise plusieurs vols retour au départ d'Alger, Annaba (nord-est de l'Algérie) et Bejaïa (est), à destination de Paris et Lyon (centre de la France), à partir de ce lundi et jusqu'au 8 juin, selon un programme affiché sur le site de la compagnie.

Et la filiale à bas coûts d'Air France-KLM, Transavia France, va proposer prochainement des vols spéciaux à partir d'Algérie, selon le consulat général de France à Alger.

Au total, au 26 mai, plus de 350 vols spéciaux ont permis de rapatrier 56.000 ressortissants français depuis l'Algérie, le Maroc, et la Tunisie, selon le ministère français des Affaires étrangères --dont 8.000 pour la seule Algérie.

Mais face au nombre important de Français toujours bloqués, Paris a décidé la semaine dernière de renforcer les liaisons aériennes et maritimes vers ces trois pays du Maghreb afin de pouvoir rapatrier 15.000 ressortissants supplémentaires.

Un ferry avait déjà rallié la France depuis Tunis à la mi-mai et un autre est prévu le 17 juin.

Deux navires passagers ont également appareillé du Maroc la semaine dernière.

Malaise chez Facebook qui refuse de censurer les messages de Trump

Donald Trump et Mark Zuckerberg se rencontrent le 19 septembre 2019 (Photo: Twitter Trump)

Le clash entre Twitter et Donald Trump éclabousse Facebook, en position délicate depuis que son patron, Mark Zuckerberg, a refusé de sanctionner des propos polémiques du président et est désavoué publiquement par des employés - un phénomène rare dans la Silicon Valley.

"Mark a tort, et je vais m'efforcer de le faire changer d'avis en faisant beaucoup de bruit", a tweeté dimanche Ryan Freitas, directeur du design pour le News Feed (fil d'infos) de Facebook.

Lundi, le mouvement a pris de l'ampleur avec une grève en ligne par plusieurs salariés, dont Sara Zhang, qui déclare sur Twitter: "Nous devons faire face au danger, pas rester à couvert."

A l'origine, deux interventions sans précédent de Twitter la semaine dernière.

La plateforme a d'abord signalé deux tweets du président américain sur le vote par correspondance avec la mention "vérifiez les faits".

Mark Zuckerberg a alors rappelé sur Fox News que les plateformes, selon lui, ne devaient pas jouer le rôle "d'arbitres de la vérité en ligne" - une interview retweetée par Donald Trump.

Puis, vendredi, Twitter a masqué un autre message du locataire de la Maison Blanche, sur les affrontements à Minneapolis après la mort d'un homme noir, George Floyd, pour violation des directives du réseau sur l'apologie de la violence.

"Les pillages seront immédiatement accueillis par les balles", déclarait Donald Trump au sujet des manifestations qui dégénèrent en émeutes.

Ces propos apparaissent aussi sur Facebook, mais Mark Zuckerberg a décidé de les laisser visibles, "après avoir hésité toute la journée".

Dans une publication sur son profil, il dit condamner à titre "personnel" la "rhétorique clivante et incendiaire" du président, mais n'entend pas supprimer les messages, au nom de la liberté d'expression et de l'intérêt du public à s'informer.

- Les révoltés du réseau -

"Je sais que beaucoup de gens sont mécontents (...), mais notre position est de faciliter le plus d'expression possible, à moins d'un risque imminent d'atteinte aux autres ou de dangers tels que décrits dans notre règlement".

Twitter et Facebook ont mis en place des systèmes de lutte contre les contenus dangereux (appels à la haine, harcèlement...) et contre la désinformation.

Mais Facebook exempt les personnalités et candidats politiques de l'essentiel de ces mesures.

"Je ne sais pas quoi faire, mais je sais que ne rien faire n'est pas acceptable. Je suis un employé de Facebook en désaccord complet avec la décision de Mark de ne rien faire au sujet des publications récentes de Trump, qui incitent clairement à la violence", a tweeté samedi Jason Stirman, un responsable en recherche et développement de la société, passé par Twitter.

"Je ne suis pas seul chez Facebook. Il n'y a pas de position neutre sur le racisme", a-t-il ajouté.

De fait, plusieurs autres salariés ont pris la parole ce weekend.

"Je pense que le tweet de Trump (sur les pillages) encourage la violence extra-judiciaire et attise le racisme. Respect à l'équipe de Twitter", écrit David Gillis, un designer.

Sara Zhang et d'autres employés appellent à changer le règlement, qui n'offre que deux choix : laisser les contenus ou les retirer.

"La décision de Facebook ne pas agir sur des publications qui incitent à la violence ignore d'autres options possibles pour assurer la sécurité de notre communauté", remarque-t-elle.

Sur Twitter, le message en question du président est resté visible malgré l'avertissement, mais les utilisateurs ne peuvent pas le retweeter, le "liker" ou y répondre.

- Appel à un ami -

Pour ne rien arranger, la presse américaine a révélé dimanche que Mark Zuckerberg et Donald Trump se sont entretenu vendredi par téléphone.

La conversation a été "productive", selon des sources anonymes du site spécialisé Axios et de la chaîne CNBC. Elle n'a été ni confirmée ni démentie par les intéressés.

La question se pose désormais sur la capacité de la toute nouvelle "Cour suprême" de Facebook à intervenir.

"Nous avons conscience que les gens veulent que le Conseil se penche sur beaucoup de questions importantes liées aux contenus en ligne", a tweeté le "Conseil de supervision" du réseau, qui a pris forme au début du mois.

Il est censé avoir le dernier mot sur le maintien ou non des contenus controversés, en toute indépendance.

Le géant des réseaux est directement concerné par la contre-attaque de Donald Trump contre Twitter.

Le président américain a signé jeudi un décret s'attaquant à une loi fondamentale de l'internet américain, la Section 230, qui offre aux plateformes numériques une immunité contre toute poursuite judiciaire liée aux contenus publiés par des tiers. Et leur donne la liberté d'intervenir à leur guise pour policer les échanges.

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