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États-Unis

Le discours sur l'état de l'Union du président Trump

Le président Donald Trump prononce son discours depuis le Capitole sur l'état de l'Union lors d'une session conjointe du Congrès à Washington, sous la présidence du vice-président Mike Pence et de la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, 5 février 2019.

Le président américain Donald Trump était devant le Congrès mardi pour une allocution solennelle. Il a abordé le sujet de son mur et l'immigration, sa rencontre avec le leader Kim Jong Un et le VIH.

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Pour ouvrir son discours, le président américain Donald Trump a appelé républicains et démocrates au "compromis".

"Nous devons rejeter les politiques de vengeance et de représailles et embrasser le potentiel sans bornes de la coopération, du compromis et du bien commun", a déclaré M. Trump pendant son discours sur l'état de l'Union.

"Ensemble, nous pouvons rompre avec des décennies d'impasse politique. Nous pouvons surmonter les vieilles divisions, guérir les vieilles blessures, bâtir de nouvelles coalitions, élaborer de nouvelles solutions et libérer la promesse extraordinaire de l'avenir de l'Amérique. C'est à nous de prendre la décision", a-t-il ajouté.

Ce discours intervient après des semaines de bras de fer entre démocrates et républicains à propos du mur que Donald Trump veut construire à la frontière avec le Mexique.

Le président a finalement cédé face à ses adversaires politiques et a mis fin au "shutdown" partiel (paralysie des administrations fédérales) sans avoir obtenu le moindre dollar pour son projet emblématique de lutte contre l'immigration clandestine.

Enquête du procureur spécial Robert Mueller

Donald Trump s'en est ensuite pris à l'enquête du procureur spécial Robert Mueller, dont un volet porte sur des soupçons de collusion entre la Russie et l'équipe de campagne du candidat républicain lors de la présidentielle de 2016.

"Un miracle économique est en train de se produire aux Etats-Unis - et les seules choses pouvant l'arrêter sont les guerres idiotes, la politique, ou les enquêtes ridicules et partisanes", a déclaré M. Trump, qui qualifie régulièrement de "chasse aux sorcières" l'enquête du procureur spécial Robert Mueller, dont un volet porte sur des soupçons de collusion entre la Russie et l'équipe de campagne du candidat républicain lors de la présidentielle de 2016.

"Si on veut avoir la paix et la loi, on ne peut pas avoir de guerre et d'enquête", a-t-il poursuivi. "Nous devons être unis dans notre pays pour vaincre nos adversaires à l'étranger".

Construire le mur

Le président américain Donald Trump a fait la promesse de construire un mur à la frontière avec le Mexique, projet décrié par l'opposition démocrate et à l'origine du "shutdown" le plus long de l'histoire américaine.

"Je vais le faire construire", a martelé M. Trump lors de son discours sur l'état de l'Union, à propos du mur qu'il entend ériger à la frontière sud du pays pour lutter contre l'immigration illégale. "Les murs, ça marche et les murs sauvent des vies. Donc travaillons ensemble à un compromis, et parvenons à un accord qui rendra vraiment l'Amérique sûre", a poursuivi le locataire de la Maison Blanche.

La Chine

Il a également avertit la Chine: "le vol d'emplois et de la richesse des Américains, c'est fini" et exigé des "changements structurels" de Pékin pour mettre fin à ses pratiques commerciales "injustes", dans son discours solennel sur de l'état de l'Union devant le Congrès.

"J'ai beaucoup de respect pour le président Xi et nous travaillons à un nouvel accord commercial avec la Chine, mais il doit inclure des changements structurels réels pour mettre fin aux pratiques commerciales injustes, réduire notre déficit chronique et protéger les emplois américains", a lancé le président américain, qui a déclenché une véritable guerre commerciale contre la Chine pour l'amener à la table de négociations.

Donald Trump et son homologue Xi Jinping ont conclu une trêve de 90 jours lors de leur sommet à Buenos Aires le 1er décembre. Des négociations se tiennent depuis sur le rééquilibrage de la balance commerciale en faveur des Etats-Unis, mais aussi sur le respect de la propriété intellectuelle ou encore le transfert forcé de technologie.

Les deux parties, qui se sont déjà rencontrées à Pékin et à Washington et doivent se retrouver sous peu dans la capitale chinoise, sont discrètes sur l'état d'avancement de ces discussions avant la date butoir du 1er mars.

MM. Trump et Xi doivent se rencontrer en février pour négocier personnellement les points les plus délicats et mettre la dernière main à un accord.

En cas d'échec, M. Trump a menacé de faire passer les tarifs douaniers sur 200 milliards de dollars de produits chinois importés de 10% actuellement à 25%.

La guerre commerciale ajoute aux difficultés de l'économie chinoise, la deuxième du monde, mais pèse aussi sur de nombreux secteurs de l'économie américaine.

M. Trump a à nouveau affirmé que les tarifs douaniers imposés sur les produits chinois rapportaient des milliards de dollars au Trésor américain. Ce que le président omet toujours de préciser c'est que ces taxes sont payées par les importateurs aux Etats-Unis, pas par les Chinois.

Eliminer le VIH en dix ans

Donald Trump a ensuite annoncé qu'il veut "éliminer" le VIH aux Etats-Unis d'ici dix ans.

"Mon budget demandera aux démocrates et aux républicains de dégager les moyens nécessaires pour éliminer l'épidémie de VIH aux Etats-Unis d'ici 10 ans. Ensemble, nous vaincrons le sida en Amérique et au-delà", a-t-il déclaré.

Environ 38.000 personnes ont été contaminées par le VIH aux Etats-Unis en 2017, selon les statistiques gouvernementales.

Ce nombre s'est réduit au fil des années, mais dans certaines communautés le reflux ne se produit pas, notamment chez les homosexuels, les Noirs et les Hispaniques.

L'administration Trump avait proposé l'an dernier de réduire le budget de la prévention anti-sida aux Etats-Unis, et surtout dans le monde, mais le Congrès avait refusé.

Nouvelle rencontre avec Kim Jong Un

Le président américain Donald Trump a annoncé mardi qu'il rencontrerait le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un les 27 et 28 février au Vietnam pour poursuivre les négociations sur le désarmement nucléaire de la Corée du Nord.

"Dans le cadre de notre diplomatie audacieuse, nous continuons notre effort historique pour la paix dans la péninsule coréenne", a-t-il déclaré devant le Congrès, en officialisant la date et le lieu de ce second tête-à-tête après le sommet historique entre les deux hommes le 12 juin 2018 à Singapour.

Donald Trump s'est félicité des progrès accomplis depuis la détente entamée l'année dernière, assurant que s'il n'avait pas été élu président, les Etats-Unis seraient "maintenant dans une guerre majeure avec la Corée du Nord".

"Nos otages sont revenus à la maison, les essais nucléaires ont cessé et il n'y a pas eu de lancement de missiles depuis 15 mois", a dit M. Trump.

"Il reste beaucoup de travail à faire mais ma relation avec Kim Jong Un est bonne", a-t-il ajouté.

Lors de leur sommet de Singapour, les deux hommes avaient évoqué la dénucléarisation de la Corée du Nord mais les négociations se sont enlisées, et ce nouveau tête-à-tête doit permettre de réaliser des progrès concrets.

Les Etats-Unis veulent obtenir un "inventaire exhaustif" de l'arsenal nord-coréen et une "feuille de route" en vue de son désarmement nucléaire.

En échange, ils sont prêts, à terme, à signer la fin de la guerre, rétablir des relations diplomatiques et favoriser le développement économique du pays étranglé par les sanctions internationales.

La semaine dernière, le renseignement américain avait jugé "peu probable" que Pyongyang "abandonne toutes ses armes nucléaires et ses capacités de production".

L'Afghanistan

Donald Trump a évoqué mardi lors de son discours devant le Congrès des discussions "constructives" avec les talibans en Afghanistan, d'où le président américain souhaite retirer ses troupes après plus de 17 années de conflit.

Les Talibans et les Etats-Unis travaillent sur un accord
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"Mon administration tient des discussions constructives en Afghanistan avec un certain nombre de groupes afghans, dont les talibans", a dit M. Trump lors de son allocution sur l'état de l'Union. "Au fur et à mesure que ces négociations progressent, nous serons en mesure de réduire la présence de nos troupes et nous concentrer sur le contre-terrorisme. Nous ne savons pas si nous trouverons ou pas un accord, mais nous savons qu'après deux décennies de guerre, l'heure est venue d'essayer au moins de faire la paix".

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Accord sur un fonds de 19 millions de dollars pour indemniser des victimes d'Harvey Weinstein

L'actrice Louisette Geiss lors d'une conférence de presse du groupe de femmes "Silence Breakers", qui ont dénoncé le comportement prédateur sexuel du producteur hollywoodien Harvey Weinstein, à l'hôtel de ville de Los Angeles, le 25 février 2020. (AP Photo/Chris Pizzello)

Les femmes harcelées ou agressées alors qu'elles travaillaient pour Harvey Weinstein et sa société de production devraient bientôt pouvoir être indemnisées, suite à un accord censé mettre fin à deux actions en justice et annoncé mardi par la procureure de l'Etat de New York.

Selon la procureure Letitia James, l'accord doit encore être validé par deux juges - le juge des faillites qui supervise la liquidation de la Weinstein Company et un juge fédéral new-yorkais.

S'il est accepté, il mettra fin à une action en nom collectif intenté devant la justice civile fédérale contre l'ex-producteur d'Hollywood -qui purge actuellement une peine de 23 ans de prison- ainsi qu'à la plainte déposée en février 2018 par la procureure de New York contre Weinstein, accusé d'avoir notamment exigé des faveurs sexuelles de certaines employées avec la complicité de sa société.

"Après tout le harcèlement, les menaces, les discriminations, ces victimes vont enfin voir justice rendue", s'est félicitée la procureure.

Louisette Geiss, l'une des femmes à l'origine de la plainte en nom collectif contre l'ex-producteur, s'est félicitée de la création d'un fonds qui permettra d'indemniser "beaucoup de victimes qui ont perdu leur carrière, et beaucoup plus".

Les avocats Douglas Wigdor et Kevin Mintzer, représentant six victimes présumées d'Harvey Weinstein, ont cependant dénoncé un projet d'accord "profondément injuste".

Ils ont notamment souligné qu'Harvey Weinstein n'y acceptait aucune responsabilité pour ses actes, qu'il ne contribuerait pas financièrement au fonds, et que les victimes qui voudraient poursuivre les compagnies d'assurance du producteur et de sa société ne le pourront plus car elles seront libérées de toute obligation par l'accord.

Le communiqué de la procureure mardi ne mentionne pas un autre projet d'accord annoncé en décembre, qui prévoyait le versement de quelque 25 millions de dollars aux victimes présumées dans le cadre d'un accord global qui solderait l'ensemble des dettes, contentieux et obligations de la Weinstein Company.

Plusieurs accords distincts sont négociés entre avocats pour solder une série de procès intentés au civil dans le sillage de l'affaire Weinstein, qui a éclaté en octobre 2017 et donné naissance au mouvement #MeToo, mouvement de dénonciation des agressions sexuelles souvent impunies perpétrées par des hommes de pouvoir.

Accusé d'agressions sexuelles et de harcèlement par une centaine de femmes, Harvey Weinstein, 68 ans, a été jugé coupable d'un viol et d'une agression sexuelle par un jury new-yorkais en février dernier.

New York revoit le budget de sa police

Des agents de police de New York arrêtent un homme sur une promenade à New York, le 21 juin 202

La ville de New York a adopté dans la nuit de mardi à mercredi un budget annuel réduisant les fonds alloués à ses services de police, illustration de l'impact des manifestations antiracistes même si la mesure a été critiquée de toutes parts.

Le budget de la première métropole américaine pour l'année fiscale 2021 qui s'ouvre ce 1er juillet rogne les dépenses policières de plus d'un milliard de dollars, par rapport à un budget opérationnel de la police new-yorkaise - la plus importante des Etats-Unis avec quelque 36.000 agents - de quelque 6 milliards, selon le maire de New York Bill de Blasio.

Selon lui, ces coupes répondent aux exigences de réformes des manifestations antiracistes portées par le mouvement #BlackLivesMatter qui ont suivi la mort de George Floyd, un homme noir asphyxié par un policier blanc à Minneapolis le 25 mai.

A New York comme ailleurs, les demandes de transfert des fonds alloués à la police municipale au profit des minorités défavorisées ont été une revendication phare des manifestants.

M. de Blasio souligne avoir renoncé à embaucher 1.100 policiers qui devaient commencer leur formation en juillet. Et assure que son budget répond aux demandes pour plus de justice sociale comme au "désir profond" de sécurité des 8,5 millions de New Yorkais.

Mais les mesures ont été jugées insuffisantes, voire purement cosmétiques, par l'aile gauche du parti démocrate, et ont été critiquées par les républicains qui voient dans une récente augmentation des fusillades à New York la preuve que la police doit être soutenue.

Donald Trump a ainsi accusé dans un tweet mercredi le maire de "neutraliser et mépriser" une police qu'"il déteste".

Le président américain s'en est aussi pris à la décision du maire de placer prochainement un panneau à l'emblème de "Black Lives Matter" devant la tour Trump, sur la 5e Avenue, où habitait le milliardaire jusqu'à son élection.

Après que le maire eut déclaré sur la chaîne MSNBC qu'il voulait ainsi que le président "entende (...) trois mots pour lesquels il n'a jamais montré aucun respect", M. Trump a estimé que la police ne devrait "peut-être" pas laisser apposer "ce symbole de haine sur la plus prestigieuse rue new-yorkaise".

Le budget new-yorkais 2021 s'inscrit dans un contexte de coupes budgétaires imposées par la pandémie, avec la crise économique et le manque à gagner fiscal qu'elle a générés.

Il atteint 88,1 milliards de dollars, soit sept milliards de moins qu'une version préliminaire adoptée en février, un mois avant que la pandémie ne mette la capitale économique américaine à l'arrêt.

Le maire explique depuis plusieurs semaines que si le gouvernement fédéral n'accorde pas d'aide substantielle à la ville ou si l'Etat de New York ne l'autorise pas à recourir à l'emprunt, quelque 22.000 postes municipaux devront être supprimés le 1er octobre, affectant tous les services de base.

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