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Echec des médiations à répétition en Centrafrique

Un habitant du PK5 en colère, manifeste près du siège de la Minusca à Bangui, le 11 avril 2018

La diplomatie arrivera-t-elle un jour à ramener la paix en Centrafrique? Depuis le début de la crise en 2012, pas moins de 7 accords de paix ont été signés entre les acteurs en présence, sans qu'aucun ne parvienne à un retour au calme.

Religieuses, internationales ou sous-régionales, ces médiations avaient un même but: inciter la quinzaine de groupes armés, qui combattent pour le contrôle des ressources, à déposer les armes.

Mais, six ans après le début d'un conflit meurtrier qui a déplacé plus d'un quart des 4,5 millions d'habitants, aucune n'a abouti: les combats continuent et l'Etat ne contrôle toujours qu'une maigre partie du territoire.

Jeudi, la Russie, à l'offensive diplomatique à Bangui depuis quelques mois, a bien tenté à son tour d'organiser une rencontre entre les groupes armés et le gouvernement, chez son allié soudanais.

Mais, selon la présidence centrafricaine, elle n'a finalement pas eu lieu car "le chef de l'Etat estime qu'il n'y a pas lieu d'engager d'autres processus tant que celui de l'Union Africaine (UA) est toujours en cours".

Un projet d'accord avait pourtant été rédigé. Le nouveau conseiller russe à la présidence centrafricaine, Valery Zakharov, devait en être un des signataires.

>> Lire aussi : Tentative de médiation de la Russie en Centrafrique

Cette tentative a "agacé" les autres partenaires de la Centrafrique, selon un observateur à Bangui, une autre médiation étant menée depuis juillet 2017 par un panel de l'UA.

- Efforts réduits "à néant" -

Soutenu par l'ONU et les principaux partenaires de la RCA, celui-ci a rencontré les groupes armés, ainsi que les deux anciens présidents, Michel Djotodia au Bénin et François Bozizé, jeudi en Ouganda.

Mais cette médiation est confrontée à un obstacle majeur: tous les groupes armés ou presque réclament une amnistie totale ou partielle avant de discuter de la fin des hostilités.

Plusieurs chefs de groupes armés sont cités dans des rapports d'enquête de l'ONU, d'autres sont sous la menace d'un mandat d'arrêt et une Cour pénale spéciale (CPS) a été mise en place à Bangui, pour juger les crimes commis depuis 2003.

"Le sentiment répandu parmi les partenaires internationaux que l'initiative de l'UA visait avant tout à accorder l'amnistie aux chefs des groupes armés, a suscité beaucoup de controverses", s'inquiétait en 2017 le panel d'experts de l'ONU sur la crise centrafricaine.

>> Lire aussi : Nouvel appel du Conseil de sécurité à l'arrêt des violences en Centrafrique

Présentée au départ par des diplomates comme "la médiation de la dernière chance", cette feuille de route de l'UA pourrait prendre du plomb dans l'aile avec l'initiative russe.

"Les Russes, en montant une médiation parallèle, réduisent à néant les efforts pour harmoniser les médiations internationales autour de la crise centrafricaine", estime Thierry Vircoulon, spécialiste de la Centrafrique à l'Institut français des relations internationales (IFRI).

La rencontre avortée de Khartoum "peut créer davantage de division et avoir des conséquences à long terme", corrobore Nathalia Dukhan, chercheuse à l'ONG Enough Project.

Il y a eu "de nombreuses initiatives (de médiation) pour peu de progrès", notait encore le panel d'experts de l'ONU pour la Centrafrique dans son rapport bi-annuel en juillet 2017.

- "Processus cumulatifs" -

Dernière en date, avant la feuille de route de l'UA et l'initiative russe de Khartoum, un accord de paix signé en juin 2017 à Rome sous le parrainage de la communauté catholique Sant'Egidio.

A peine 24 heures après la signature, une centaine de personnes étaient tuées à Bria (centre) dans des combats.

>> Lire aussi : L'ONU "débordée" avec les menaces en Centrafrique

Les principaux facteurs de l'échec de chacune de ces médiations résident dans leur incapacité à trancher des questions primordiales telles que les conditions du désarmement des groupes armés, l'amnistie des ex-miliciens et de leurs chefs, et la capacité pour les signataires d'accord de briguer un mandat politique.

Pour l'heure, seules les médiations locales semblent, bon gré mal gré, fonctionner en Centrafrique.

Elles sont notamment menées par les dignitaires religieux, comme à Bangassou (sud-est) où l'Eglise catholique agit en autorité morale aux côtés des Casques bleus de la Minusca (10.000 militaires depuis 2014). Ces mêmes Casques bleus qui négocient ici et là des trêves locales et ponctuelles.

En 2017 dans une note, l'IFRI appelait à ce que les médiations soient des "processus cumulatifs", estimant qu'"aucune médiation particulière ne va mettre fin au conflit et rétablir la paix".

Pour un diplomate en poste à Bangui, la raison des échecs des médiations est plus simple: "Certains veulent que le chaos continue pour asseoir leur prédation (...), plus ça dure, mieux c'est!"

Avec AFP

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Afrique du Sud/ventes d'armes: les conclusions d'une enquête annulées en justice

L'ancien président Jacob Zuma est assis sur le banc des accusés au palais de justice de Pietermaritzburg, en Afrique du Sud, le 27 juillet 2018.

Un tribunal sud-africain a annulé mercredi les conclusions d'une enquête qui lavait de tout soupçon de corruption des responsables gouvernementaux poursuivis dans une affaire de ventes d'armes dans laquelle l'ancien président Jacob Zuma est suspecté d'être impliqué.

L'enquête menée pendant quatre ans sur ce scandale de plusieurs milliards de dollars avait conclu en 2016 qu'il n'y avait pas de preuve de corruption ni de fraude dans cette affaire.

Mais mercredi, un tribunal de Pretoria a estimé qu'elle était entachée d'"importantes erreurs juridiques".

Il a décidé d'annuler les conclusions de l'enquête à cause d'"une série d'erreurs juridiques", d'un manque manifeste de vérification des déclarations de témoins clés, d'un "refus de prendre en compte les preuves écrites contenant les allégations les plus sérieuses pertinentes pour l'enquête".

Selon le tribunal, les enquêteurs ont "complètement échoué" à interroger les témoins avec rigueur "en leur posant des questions avec l'ouverture d'esprit et la curiosité nécessaires".

Dans cette affaire de ventes d'armes d'un montant d'environ deux milliards de dollars, le gouvernement avait acquis un vaste arsenal, notamment des avions de combats, des hélicoptères, des navires de guerre et des sous-marins auprès de pays tels que la Grande-Bretagne, la France et la Suède.

L'ex-président Zuma (2009-2018) est aussi poursuivi pour corruption dans une affaire de ventes d'armes datant des années 1990. Il est soupçonné d'avoir touché 4 millions de rands (260.000 euros au cours actuel) de pots-de-vin du groupe français de défense Thales à la faveur d'un contrat d'armement de près de 4 milliards d'euros. Les deux parties ont toujours nié ces allégations.

Avec AFP

Somalie: un Etat du Sud bouclé avant une élection régionale

Carte de Jubaland, Somalie

L'Etat du Jubaland, dans le sud de la Somalie, était bouclé mercredi, à la veille d'une élection sur fond d'opposition entre autorités régionales et fédérales, et de tensions avec le Kenya et l'Ethiopie voisins.

Le scrutin très disputé pour la présidence de cet Etat semi-autonome a été reporté à plusieurs reprises à cause, selon les analystes, d'une lutte de pouvoir entre Mogadiscio, le gouvernement régional et leurs soutiens étrangers.

Les autorités de la capitale régionale, le port de Kismayo, ont décrété la fermeture de l'aéroport et des frontières jusqu'au 23 août.

"Les forces de sécurité patrouillent dans et autour des quartiers périphériques de Kismayo pour prévenir toute tentative de perturber l'élection. L'aéroport a aussi été temporairement fermé de sorte qu'il n'y aura aucun vol le jour de l'élection", a déclaré à l'AFP un responsable sécuritaire local, Abdulkarim Warsame.

Le président du Jubaland et favori du scrutin est Ahmed Madobe, un ancien seigneur de guerre qui, avec l'aide de troupes kényanes, a chassé les islamistes shebab de leur bastion, Kismayo, en 2012.

Mogadiscio est accusé par le Jubaland de tenter d'évincer M. Madobe en apportant son soutien à l'opposition, dans l'espoir, selon les observateurs, de voir un président loyaliste accéder au pouvoir dans cette région stratégique et d'accroître le contrôle du gouvernement fédéral.

Les autorités de Mogadiscio ont annoncé qu'elles ne reconnaîtraient pas le résultat du scrutin de jeudi, après avoir refusé la semaine dernière le nouveau Parlement --qui désigne le président régional--, jugé non inclusif.

Les opposants à M. Madobe organisent un scrutin parallèle.

La Mission des Nations unies en Somalie a appelé mercredi à "un seul processus électoral, crédible, inclusif, équitable et pacifique". "Nous redoutons qu'en l'absence d'un tel accord, la probabilité d'une instabilité et de la division au sein du Jubaland n'augmente de manière significative", a-t-elle ajouté.

Selon Matt Bryden, du centre d'analyse Sahan, basé à Nairobi, ces tensions ont des implications plus larges, dans la mesure où le Kenya soutient fermement son allié Madobe tandis que l'Ethiopie est au côté des autorités de Mogadiscio pour l'évincer.

Selon lui, il existe "un risque pour la stabilité de la région, pas seulement de la Somalie".

Le Kenya considère le Jubaland, une région relativement prospère de Somalie où il a beaucoup de troupes, comme une zone-tampon entre son territoire et les shebab qui ont mené plusieurs attaques sanglantes sur son sol.

Avec AFP

Le Soudan se dote d'un nouveau pouvoir

Le général Abdel Fattah al-Burhane, président du Conseil souverain, lors de la cérémonie de prestation de serment à Khartoum le 21 août 2019.

La transition vers un pouvoir civil au Soudan, née de l'accord historique entre les militaires et la contestation, a pris corps mercredi avec l'investiture du Conseil souverain et d'un nouveau Premier ministre, saluée par l'ONU.

Plus de quatre mois après la destitution et l'arrestation du président Omar el-Béchir, poussé vers la sortie par des mois de manifestations, le Soudan est doté de nouvelles institutions, le Conseil souverain devant superviser la transition qui durera un peu plus de trois ans.

Un gouvernement devrait être formé dans la semaine qui vient, puis les nouvelles institutions s'attelleront à tenter de redresser un pays à l'économie exsangue et marqué par des conflits meurtriers dans plusieurs régions.

L'économiste Abdallah Hamdok, ancien collaborateur des Nations unies, a prêté serment comme Premier ministre lors d'une brève cérémonie à Khartoum, peu de temps après avoir atterri dans la capitale soudanaise depuis Addis Abeba.

"Les priorités du gouvernement seront d'arrêter la guerre, de construire une paix durable, de faire face à la sévère crise économique et de mettre en place une politique étrangère équilibrée", a-t-il déclaré à des journalistes.

Quelques heures plus tôt, le Conseil souverain avait été intronisé en remplacement du Conseil militaire de transition qui avait pris les rênes du pays depuis la chute de M. Béchir le 11 avril.

Ces deux avancées ont été saluées dans un communiqué du Conseil de sécurité de l'ONU. "Il s'agit de pas importants pour apporter la paix et la sécurité à la population du Soudan", souligne ce texte publié à New York.

Le Soudan n'est désormais plus exclusivement dirigé par des militaires, pour la première fois en trois décennies, même si l'armée doit dans un premier temps présider le Conseil souverain.

Le chef du Conseil militaire sortant, le général Abdel Fattah al-Burhane, a prêté serment à sa tête.

Vêtu de son uniforme militaire et coiffé de son habituel béret vert, il a été intronisé lors d'une courte cérémonie, une main sur un exemplaire du Coran et un bâton de maréchal sous le bras. Les autres membres de la nouvelle instance --composée de six civils et cinq militaires-- ont prêté serment peu après.

Parmi eux, deux femmes, dont une issue de la minorité chrétienne.

- Défis intérieurs et extérieurs -

Selon les termes de l'accord officiellement signé samedi, le général Burhane dirigera le Conseil pendant 21 mois et un civil lui succédera pour le reste des 39 mois de transition prévus.

Les nouvelles institutions vont faire face à de lourds défis.

Le Soudan a souffert de dizaines d'années de sanctions américaines. En 2017, l'embargo économique a été levé, mais Washington maintient le pays sur la liste noire des "Etats soutenant le terrorisme".

En outre, l'Union africaine a suspendu le Soudan de l'organisation panafricaine en juin, quelques jours après la dispersion meurtrière d'un sit-in des protestataires à Khartoum.

Selon un comité de médecins proche de la contestation, plus de 250 personnes ont été tuées dans la répression sur l'ensemble des huit mois de révolte, d'après la même source.

Sur le plan intérieur, les nouvelles autorités auront la lourde tâche de redresser une économie exsangue et de pacifier un pays encore marqué par plusieurs conflits, du Darfour (ouest) au Kordofan-Sud (sud).

Dans son communiqué, le Conseil de sécurité appelle à reprendre "rapidement" les négociations pour mettre un terme à ces différents conflits.

L'intronisation du nouveau Conseil a été bien accueillie dans la rue mais des habitants ont averti qu'ils resteront vigilants.

- Béchir jugé -

"Si le Conseil ne répond pas à nos aspirations et ne sert pas nos intérêts, nous n'hésiterons pas à faire une autre révolution", a mis en garde Ramzi al-Taqi, un vendeur de fruits. "Nous renverserons le Conseil tout comme nous l'avons fait avec l'ancien régime".

Les nouvelles institutions se mettent en place au moment où s'est ouvert le procès d'Omar el-Béchir, porté au pouvoir par un coup d'Etat et qui a dirigé le pays pendant 30 ans.

Il a comparu lundi devant un tribunal de Khartoum, pour répondre d'accusations de corruption. Selon des enquêteurs, il a reconnu avoir perçu 90 millions de dollars en espèces de l'Arabie saoudite, hors budget de l'Etat.

Son procès ne concerne toutefois pas les accusations de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et de génocide dans la région du Darfour (ouest) pour laquelle le recherche la Cour pénale internationale (CPI) depuis une décennie.

Amnesty International a exhorté Khartoum à ratifier le Statut de Rome de la CPI, ce qui permettrait de transférer M. Béchir devant ce tribunal.

Malgré l'euphorie, des craintes subsistent dans le camp de la contestation en raison notamment de l'omniprésence de Mohamed Hamdan Daglo, chef d'une redoutée force paramilitaire qui a été nommé au Conseil souverain.

Depuis avril, il était N°2 du Conseil militaire de transition, et c'est lui qui a cosigné samedi l'accord avec la contestation.

Ses Forces de soutien rapide (RSF) sont accusées d'implication dans la répression de la contestation, et de crimes au Darfour sous le régime Béchir.

Avec AFP

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