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Du limogeage du vice-président à la détention de Mugabe

  • VOA Afrique

Le président Robert Mugabe et sa femme Grace lors de l'inauguration à Harare, le 22 août 2013.

Rappel des derniers développements au Zimbabwe où le président Robert Mugabe, au pouvoir depuis 37 ans, a été placé mercredi en résidence surveillée par l'armée, qui s'est déployée dans la capitale Harare.

Ce coup de force militaire, une première au Zimbabwe, intervient dans un climat de tensions pour la succession de Robert Mugabe, 93 ans.

Le vice-président limogé

Le 6 novembre, Robert Mugabe limoge "avec effet immédiat" son vice-président Emmerson Mnangagwa, après un bras de fer entre son dauphin de longue date et son épouse Grace, 52 ans.

La veille, Grace Mugabe avait annoncé qu'elle était prête le moment venu à succéder à son mari, et que le parti au pouvoir allait bientôt changer ses statuts pour qu'une femme soit vice-présidente.

Le 7, le Chronicle, quotidien d'Etat, accuse M. Mnangagwa de comploter pour "s'emparer du pouvoir".

Défi au couple Mugabe

Le 8, Emmerson Mnangagwa annonce avoir quitté son pays en raison des "menaces incessantes", mais promet de défier le couple Mugabe.

Selon ses proches, il a fui le Zimbabwe pour l'Afrique du Sud.

Dans la soirée, la Zanu-PF (au pouvoir) annonce son expulsion du parti.

Mise en garde du chef de l'armée

Le 13, le chef de l'armée, le général Constantino Chiwenga, adresse une mise en garde sans précédent au parti de Mugabe, dénonçant l'éviction du vice-président. "La purge actuelle qui vise clairement les membres du parti (...) doit cesser immédiatement (...) lorsqu'il s'agit de protéger notre révolution, l'armée n'hésitera pas à intervenir".

M. Mnangagwa entretient des liens étroits avec les militaires, étant à la fois un ancien ministre de la Défense et ex-patron des services secrets.

L'armée contrôle Harare

Le 14, la Zanu-PF affirme que les critiques du chef de l'armée étaient "clairement destinées à perturber la paix nationale (...) et démontrent une conduite relevant de la trahison".

Quelques heures plus tard, un convoi de blindés est observé en mouvement près de la capitale. Des échanges de tirs nourris sont entendus près de la résidence privée de Mugabe à Harare.

Dans la nuit, des officiers annoncent être intervenus pour éliminer des "criminels" dans l'entourage du chef de l'Etat et démentent toute tentative de coup d'Etat.

Mugabe en résidence surveillée

Le 15, l'armée se déploie dans les rues de la capitale, contrôlant les accès au Parlement, au siège de la Zanu-PF et à la Cour suprême. Dans un entretien avec son homologue sud-africain Jacob Zuma, Robert Mugabe dit être retenu à son domicile par les militaires.

Le président sud-africain dépêche deux envoyés spéciaux à Harare et se dit "très préoccupé". L'Union africaine (UA) dénonce "ce qui apparaît comme un coup d'Etat", exigeant "le rétablissement de l'ordre constitutionnel".

La Grande-Bretagne, ancienne puissance coloniale dont les relations avec Robert Mugabe sont houleuses, appelle à "éviter la violence" et évoque "un moment d'espoir".

Mugabe refuse de démissionner

Le 16, Robert Mugabe refuse de démissionner lors d'un entretien avec les généraux qui l'ont assigné à résidence, selon une source proche de l'armée.

Le chef de l'opposition Morgan Tsvangirai l'appelle aussi à la démission "dans l'intérêt du peuple".

Les deux ministres sud-africains envoyés par Jacob Zuma au nom de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) rencontrent Robert Mugabe au siège de la présidence.

Avec AFP

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