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Alpha Condé: "nous n'accepterons jamais le coup d'Etat militaire" au Zimbabwe

  • VOA Afrique

Alpha Condé lors d'une réunion à Bruxelles, le 7 octobre 2017

"Nous n'accepterons jamais le coup d'Etat militaire", a averti jeudi le chef de l'Etat guinéen Alpha Condé, président en exercice de l'Union africaine (UA), exigeant le "retour à l'ordre constitutionnel" au Zimbabwe au lendemain d'un coup de force inédit de l'armée.

"Nous exigons le respect de la Constitution, le retour à l'ordre constitutionnel, et nous n'accepterons jamais le coup d'Etat militaire", a déclaré M. Condé dans une interview accordée à l'AFP, au journal Le Monde et à la radio RFI, à Paris.

Après plusieurs jours d'un bras de fer provoqué par le limogeage du vice-président Emmerson Mnangagwa, l'armée zimbabwéenne a pris le contrôle de la capitale, Harare.

Le président Robert Mugabe, qui règne sur le pays depuis 1980, a fait savoir qu'il était retenu à son domicile par les militaires, lors d'un entretien téléphonique mercredi avec son homologue sud-africain Jacob Zuma.

"Nous estimons que c'est un coup d'Etat, le président est en résidence surveillée", a souligné M. Condé, de passage à Paris à l'occasion d'une levée de fonds pour financer le plan de développement de la Guinée.

"C'est évident que la tentative d'éliminer des grands dirigeants de la lutte d'indépendance, qui ont été les plus grands soutiens du président Mugabe, pose problème", a-t-il relevé.

Mais ces problèmes internes "doivent être résolus politiquement au sein de la Zanu-PF (parti présidentiel, ndlr) et non pas par une intervention de l'armée", a estimé M. Condé, qui a précisé ne pas avoir été encore directement "en contact" avec le président Robert Mugabe, 93 ans.

"J'ai demandé au président (sud-africain) Jacob Zuma de voir comment je peux entrer en contact avec le président Mugabe pour voir exactement quel est son point de vue", a-t-il ajouté.

"Nous pensons qu'avec nos amis de la SADC (Communauté pour le développement de l'Afrique australe, ndlr) et l'appui de l'Union africaine, nous allons pouvoir trouver une solution pour que des élections libres et transparentes se tiennent l'année prochaine", a-t-il jugé.

Avec ou sans Robert Mugabe ? "Ca dépendra du peuple zimbabwéen", a répondu Alpha Condé.

M. Mugabe dirige d'une main de fer le Zimbabwe depuis l'indépendance du pays du Royaume-Uni en 1980. Sous son régime autoritaire, le Zimbabwe s'est considérablement appauvri et traverse aujourd'hui une grave crise économique.

Avec AFP

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