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Le point sur la situation militaire au Zimbabwe

Le président Robert Mugabe lors d'une cérémonie officielle à Harare, au Zimbabwe, le 16 juillet 2008.
Le président Robert Mugabe lors d'une cérémonie officielle à Harare, au Zimbabwe, le 16 juillet 2008.

L'armée zimbabwéenne retenait mercredi le président Robert Mugabe dans sa résidence et a déployé ses troupes dans la capitale Harare, après plusieurs jours d'un bras de fer provoqué par le limogeage du vice-président Emmerson Mnangagwa.

Que se passe-t-il ?

Selon des témoins, un convoi de véhicules militaires a été vu mardi près d'Harare et des coups de feu entendus dans la nuit près de la résidence privée de Robert Mugabe, 93 ans, qui dirige le Zimbabwe d'une main de fer depuis son indépendance en 1980.

Mercredi matin, des blindés de l'armée contrôlaient les accès au Parlement, au siège du parti au pouvoir la Zanu-PF et aux bureaux dans lesquels le chef de l'Etat réunit généralement ses ministres. Pour le reste, l'activité était proche de la normale dans la capitale, selon des journalistes de l'AFP.

En pleine nuit, un haut responsable militaire a expliqué lors d'une allocution diffusée par la télévision nationale que l'armée était intervenue pour éliminer les "criminels" de l'entourage du président, mais qu'elle ne voulait pas "renverser le gouvernement".

Les militaires prennent le pouvoir au Zimbabwe  (vidéo)
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"Ce n'est pas un coup d'Etat militaire contre le gouvernement", a martelé le général Sibusiso Moyo.

Où est le président Mugabe ?

Le chef de l'Etat s'est entretenu mercredi par téléphone avec son homologue sud-africain Jacob Zuma, à qui il a assuré être retenu prisonnier à son domicile de la capitale. Il a ajouté qu'il allait bien.

Réactions de Jacob Zuma sur la crise au Zimbabwe (vidéo)
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Dans la nuit, le général Moyo avait assuré que le chef de l'Etat et sa famille étaient "sains et saufs" et que leur sécurité était "garantie", sans donner plus de détails.

Aucun détail n'a été donné sur la situation de son épouse Grace.

En images : Robert Mugabe et ses 30 ans au pouvoir

Robert Mugabe, co-leader des forces de la guérilla du Front patriotique, lors d'une conférence de presse à Londres. Joshua Nkomo et lui avaient conclu un accord à Lancaster House et un cessez-le-fe, le 19 décembre 1979.
1/16 Robert Mugabe, co-leader des forces de la guérilla du Front patriotique, lors d'une conférence de presse à Londres. Joshua Nkomo et lui avaient conclu un accord à Lancaster House et un cessez-le-fe, le 19 décembre 1979.
Robert Mugabe, porte-parole de l'Union nationale africaine du Zimbabwe basée au Mozambique, en mars 1975.
2/16 Robert Mugabe, porte-parole de l'Union nationale africaine du Zimbabwe basée au Mozambique, en mars 1975.
Le président Jimmy Carter rencontre le Premier ministre du Zimbabwe, Robert Mugabe, dans le bureau Ovale de Washington, le 27 août 1980.
3/16 Le président Jimmy Carter rencontre le Premier ministre du Zimbabwe, Robert Mugabe, dans le bureau Ovale de Washington, le 27 août 1980.
Le Premier ministre zimbabwéen Robert Mugabe, à droite, et Yasser Arafat, à gauche, posent pour des photos à l'arrivée d'Arafat à l'aéroport de Harare, Zimbabwe, le 14 avril 1987.
4/16 Le Premier ministre zimbabwéen Robert Mugabe, à droite, et Yasser Arafat, à gauche, posent pour des photos à l'arrivée d'Arafat à l'aéroport de Harare, Zimbabwe, le 14 avril 1987.
Le Premier ministre du Zimbabwe, Robert Mugabe, est debout dans les décombres à l'extérieur du bâtiment qui abritait le siège du Conseil national africain dans le centre de Harare, après avoir été gravement endommagé par un raid perpétré par des commandos sud-africains, le 19 mai 1986.
5/16 Le Premier ministre du Zimbabwe, Robert Mugabe, est debout dans les décombres à l'extérieur du bâtiment qui abritait le siège du Conseil national africain dans le centre de Harare, après avoir été gravement endommagé par un raid perpétré par des commandos sud-africains, le 19 mai 1986.
En 1987, Robert Mugabe devient le président du Zimbabwe lors d'une cérémonie d'inauguration à Harare.
6/16 En 1987, Robert Mugabe devient le président du Zimbabwe lors d'une cérémonie d'inauguration à Harare.
Robert Mugabe vote lors de l'élection présidentielle de 1990 à Harare, Zimbabwe.
7/16 Robert Mugabe vote lors de l'élection présidentielle de 1990 à Harare, Zimbabwe.
Le président Bill Clinton fait des gestes en parlant à Robert Mugabe, dans les Colonnades de la Maison Blanche, à Washington, le18 mai 1995.
8/16 Le président Bill Clinton fait des gestes en parlant à Robert Mugabe, dans les Colonnades de la Maison Blanche, à Washington, le18 mai 1995.
Grace Marufu, la nouvelle épouse du président zimbabwéen Robert Mugabe, à droite, salue les invités, après leur cérémonie de mariage à la mission catholique de Kutama, à 80 km à l'ouest de Harare, le 17 août 1996
9/16 Grace Marufu, la nouvelle épouse du président zimbabwéen Robert Mugabe, à droite, salue les invités, après leur cérémonie de mariage à la mission catholique de Kutama, à 80 km à l'ouest de Harare, le 17 août 1996
Le président congolais Laurent Kabila, à gauche, est accueilli par le président zimbabwéen Robert Mugabe à l'aéroport international d'Harare, le 1er juin 1997.
10/16 Le président congolais Laurent Kabila, à gauche, est accueilli par le président zimbabwéen Robert Mugabe à l'aéroport international d'Harare, le 1er juin 1997.
Le vice-président de l'ANC Nelson Mandela, au centre, et le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, à droite, saluent la foule au Zimbabwe, pour Mandela Day, le 5 mars 1990, à Harare, Zimbabwe.
11/16 Le vice-président de l'ANC Nelson Mandela, au centre, et le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, à droite, saluent la foule au Zimbabwe, pour Mandela Day, le 5 mars 1990, à Harare, Zimbabwe.
Le président Robert Mugabe, à gauche, salue la foule lors d'un rassemblement à Gutu, à 220 kilomètres au sud de Harare, le 17 mars 2005.
12/16 Le président Robert Mugabe, à gauche, salue la foule lors d'un rassemblement à Gutu, à 220 kilomètres au sud de Harare, le 17 mars 2005.
Le président zimbabwéen Robert Mugabe prend la parole lors d'un enterrement à Harare, au Zimbabwe, le 28 août 2005.
13/16 Le président zimbabwéen Robert Mugabe prend la parole lors d'un enterrement à Harare, au Zimbabwe, le 28 août 2005.
Le président Robert Mugabe parle à son épouse Grace, lors du lancement du manifeste et de la campagne de son parti à Harare, le 29 février 2008.
14/16 Le président Robert Mugabe parle à son épouse Grace, lors du lancement du manifeste et de la campagne de son parti à Harare, le 29 février 2008.
Le président zimbabwéen Robert Mugabe, centre gauche, son épouse Grace, au centre, et des membres de leur famille coupent le gâteau d'anniversaire à Matopos, dans la banlieue de Bulawayo, 25 février 2017.
15/16 Le président zimbabwéen Robert Mugabe, centre gauche, son épouse Grace, au centre, et des membres de leur famille coupent le gâteau d'anniversaire à Matopos, dans la banlieue de Bulawayo, 25 février 2017.
La police à cheval accompagne la voiture Rolls Royce du président zimbabwéen Robert Mugabe lors de l'ouverture de la 5ème session de la dernière législature à Harare, le 12 septembre 2017.
16/16 La police à cheval accompagne la voiture Rolls Royce du président zimbabwéen Robert Mugabe lors de l'ouverture de la 5ème session de la dernière législature à Harare, le 12 septembre 2017.
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Sa succession en arrière-fond

Malgré son grand âge et une santé fragile, Robert Mugabe a été investi par la Zanu-PF pour briguer un nouveau mandat lors des élections de 2018. En coulisses, la lutte pour sa succession fait rage depuis des mois.

Emmerson Mnangagwa, 75 ans, ex-patron des redoutés services secrets du pays, faisait figure de dauphin naturel depuis son accession à la vice-présidence du Zimbabwe en 2014.

La Première dame zimbabwéenne Grace Mugabe, à gauche, et le e vice-président Emmerson Mnangagwa lors d’une réunion à l’état-major de Zanu-PF, parti au pouvoir, Harare, Zimbabwe, 10 février 2016.
La Première dame zimbabwéenne Grace Mugabe, à gauche, et le e vice-président Emmerson Mnangagwa lors d’une réunion à l’état-major de Zanu-PF, parti au pouvoir, Harare, Zimbabwe, 10 février 2016.

Ses ambitions ont toutefois buté sur celles de la Première dame Grace Mugabe, 52 ans, connue pour ses accès de colère et son goût pour le luxe. La semaine dernière, il a été démis de ses fonctions à la suite d'un bras de fer avec la deuxième femme du président et a affirmé avoir dû s'exiler.

M. Mnangagwa, un des chefs de la lutte pour l'indépendance du Zimbabwe, dispose de nombreux soutiens chez les militaires.

Défiant pour la première fois l'autorité présidentielle, le chef de l'armée, le général Constantino Chiwenga, a vivement dénoncé lundi son éviction et prévenu que les militaires pourraient "intervenir" si la "purge" ne cessait pas au sein de la Zanu-PF.

Grace Mugabe, qui dirige la puissante Ligue des femmes de la Zanu-PF, peut elle s'appuyer sur un groupe de jeunes militants radicaux du parti surnommés "Génération 40" ou "G40", qui ne se sont pas encore prononcés sur la crise en cours.

Les réactions internationales

Le chef de l'Etat guinéen Alpha Condé, président en exercice de l'Union africaine (UA), a dénoncé "ce qui apparaît comme un coup d'Etat" au Zimbabwe et sommé les militaires de "se soumettre à la légalité constitutionnelle" au plus vite.

Son homologue sud-africain Jacob Zuma, un fidèle soutien de Robert Mugabe, s'est lui aussi prononcé mercredi contre tout changement de régime "inconstitutionnel" chez son voisin. "Très préoccupé", il a dépêché deux envoyés spéciaux pour rencontrer le président Mugabe et les forces armées.

Boris Johnson, ministre des Affaires étrangères de Grande-Bretagne, ancienne puissance coloniale au Zimbabwe, a appelé "au calme et à la retenue", devant le Parlement. "Nous ne savons pas comment la situation va évoluer dans les jours qui viennent ni si cela marque la chute de Mugabe ou non".

L'Union européenne s'est dite préoccupée par la situation au Zimbabwe en appelant au "dialogue" en vue d'une "résolution pacifique".

"Nous appelons toutes les parties concernées à passer de la confrontation au dialogue avec pour objectif une résolution pacifique", a déclaré cette porte-parole, Catherine Ray, lors d'un point presse de la Commission européenne.

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