Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Dates-clé depuis l'arrivée au pouvoir de Mugabe

Robert Mugabe, porte-parole de l'Union nationale africaine du Zimbabwe basée au Mozambique, en mars 1975.
Robert Mugabe, porte-parole de l'Union nationale africaine du Zimbabwe basée au Mozambique, en mars 1975.

Depuis son indépendance en 1980, le Zimbabwe n'a connu qu'un seul dirigeant, Robert Mugabe. Rappel des principales étapes de son règne de plus de trente-sept ans, l'un des plus longs sur le continent africain.

De la Rhodésie au Zimbabwe

Le 18 avril 1980, la Rhodésie devient indépendante sous le nom de Zimbabwe, après quatre-vingt-dix ans de colonisation britannique. Dès 1965, Ian Smith, Premier ministre, avait déclaré unilatéralement l'indépendance, non reconnue par Londres, afin de sauvegarder les privilèges de la minorité blanche.

Le pays bascule dans une guerre (au moins 27.000 morts de 1972 à 1979) qui oppose les autorités de Salisbury (aujourd'hui Harare) aux nationalistes noirs.

Après la signature des accords de Lancaster House, Robert Mugabe, chef de l'Union nationale africaine du Zimbabwe (Zanu), remporte les élections, devient Premier ministre. Son partenaire de lutte, Joshua Nkomo, chef de l'Union populaire africaine du Zimbabwe (Zapu), est ministre de l'Intérieur.

En février 1982, M. Nkomo, accusé de complot, est limogé. M. Mugabe envoie dans le Matabeleland (sud-ouest), le fief de son adversaire, sa 5e brigade, chargée de réprimer les partisans de celui qui est désormais considéré comme un rebelle. L'opération fait 20.000 morts.

En décembre 1987, Robert Mugabe devient chef de l'Etat, après une modification de la Constitution instituant un régime présidentiel. Deux ans plus tard, les deux mouvements rivaux fusionnent sous le nom de Zanu-Front patriotique, voué à devenir parti unique. En 1991, la Zanu-PF renonce au marxisme-léninisme et adopte l'économie de marché.

En images : Robert Mugabe et ses 30 ans au pouvoir

Robert Mugabe, co-leader des forces de la guérilla du Front patriotique, lors d'une conférence de presse à Londres. Joshua Nkomo et lui avaient conclu un accord à Lancaster House et un cessez-le-fe, le 19 décembre 1979.
1/16 Robert Mugabe, co-leader des forces de la guérilla du Front patriotique, lors d'une conférence de presse à Londres. Joshua Nkomo et lui avaient conclu un accord à Lancaster House et un cessez-le-fe, le 19 décembre 1979.
Robert Mugabe, porte-parole de l'Union nationale africaine du Zimbabwe basée au Mozambique, en mars 1975.
2/16 Robert Mugabe, porte-parole de l'Union nationale africaine du Zimbabwe basée au Mozambique, en mars 1975.
Le président Jimmy Carter rencontre le Premier ministre du Zimbabwe, Robert Mugabe, dans le bureau Ovale de Washington, le 27 août 1980.
3/16 Le président Jimmy Carter rencontre le Premier ministre du Zimbabwe, Robert Mugabe, dans le bureau Ovale de Washington, le 27 août 1980.
Le Premier ministre zimbabwéen Robert Mugabe, à droite, et Yasser Arafat, à gauche, posent pour des photos à l'arrivée d'Arafat à l'aéroport de Harare, Zimbabwe, le 14 avril 1987.
4/16 Le Premier ministre zimbabwéen Robert Mugabe, à droite, et Yasser Arafat, à gauche, posent pour des photos à l'arrivée d'Arafat à l'aéroport de Harare, Zimbabwe, le 14 avril 1987.
Le Premier ministre du Zimbabwe, Robert Mugabe, est debout dans les décombres à l'extérieur du bâtiment qui abritait le siège du Conseil national africain dans le centre de Harare, après avoir été gravement endommagé par un raid perpétré par des commandos sud-africains, le 19 mai 1986.
5/16 Le Premier ministre du Zimbabwe, Robert Mugabe, est debout dans les décombres à l'extérieur du bâtiment qui abritait le siège du Conseil national africain dans le centre de Harare, après avoir été gravement endommagé par un raid perpétré par des commandos sud-africains, le 19 mai 1986.
En 1987, Robert Mugabe devient le président du Zimbabwe lors d'une cérémonie d'inauguration à Harare.
6/16 En 1987, Robert Mugabe devient le président du Zimbabwe lors d'une cérémonie d'inauguration à Harare.
Robert Mugabe vote lors de l'élection présidentielle de 1990 à Harare, Zimbabwe.
7/16 Robert Mugabe vote lors de l'élection présidentielle de 1990 à Harare, Zimbabwe.
Le président Bill Clinton fait des gestes en parlant à Robert Mugabe, dans les Colonnades de la Maison Blanche, à Washington, le18 mai 1995.
8/16 Le président Bill Clinton fait des gestes en parlant à Robert Mugabe, dans les Colonnades de la Maison Blanche, à Washington, le18 mai 1995.
Grace Marufu, la nouvelle épouse du président zimbabwéen Robert Mugabe, à droite, salue les invités, après leur cérémonie de mariage à la mission catholique de Kutama, à 80 km à l'ouest de Harare, le 17 août 1996
9/16 Grace Marufu, la nouvelle épouse du président zimbabwéen Robert Mugabe, à droite, salue les invités, après leur cérémonie de mariage à la mission catholique de Kutama, à 80 km à l'ouest de Harare, le 17 août 1996
Le président congolais Laurent Kabila, à gauche, est accueilli par le président zimbabwéen Robert Mugabe à l'aéroport international d'Harare, le 1er juin 1997.
10/16 Le président congolais Laurent Kabila, à gauche, est accueilli par le président zimbabwéen Robert Mugabe à l'aéroport international d'Harare, le 1er juin 1997.
Le vice-président de l'ANC Nelson Mandela, au centre, et le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, à droite, saluent la foule au Zimbabwe, pour Mandela Day, le 5 mars 1990, à Harare, Zimbabwe.
11/16 Le vice-président de l'ANC Nelson Mandela, au centre, et le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, à droite, saluent la foule au Zimbabwe, pour Mandela Day, le 5 mars 1990, à Harare, Zimbabwe.
Le président Robert Mugabe, à gauche, salue la foule lors d'un rassemblement à Gutu, à 220 kilomètres au sud de Harare, le 17 mars 2005.
12/16 Le président Robert Mugabe, à gauche, salue la foule lors d'un rassemblement à Gutu, à 220 kilomètres au sud de Harare, le 17 mars 2005.
Le président zimbabwéen Robert Mugabe prend la parole lors d'un enterrement à Harare, au Zimbabwe, le 28 août 2005.
13/16 Le président zimbabwéen Robert Mugabe prend la parole lors d'un enterrement à Harare, au Zimbabwe, le 28 août 2005.
Le président Robert Mugabe parle à son épouse Grace, lors du lancement du manifeste et de la campagne de son parti à Harare, le 29 février 2008.
14/16 Le président Robert Mugabe parle à son épouse Grace, lors du lancement du manifeste et de la campagne de son parti à Harare, le 29 février 2008.
Le président zimbabwéen Robert Mugabe, centre gauche, son épouse Grace, au centre, et des membres de leur famille coupent le gâteau d'anniversaire à Matopos, dans la banlieue de Bulawayo, 25 février 2017.
15/16 Le président zimbabwéen Robert Mugabe, centre gauche, son épouse Grace, au centre, et des membres de leur famille coupent le gâteau d'anniversaire à Matopos, dans la banlieue de Bulawayo, 25 février 2017.
La police à cheval accompagne la voiture Rolls Royce du président zimbabwéen Robert Mugabe lors de l'ouverture de la 5ème session de la dernière législature à Harare, le 12 septembre 2017.
16/16 La police à cheval accompagne la voiture Rolls Royce du président zimbabwéen Robert Mugabe lors de l'ouverture de la 5ème session de la dernière législature à Harare, le 12 septembre 2017.
Previous slide
Next slide

Violente réforme agraire

Le 28 février 2000 débute le mouvement d'occupation par les ex-combattants de la guerre d'indépendance des fermes appartenant à la minorité blanche. Officiellement, il s'agit de corriger les inégalités héritées du passé colonial.

En fait, le mouvement intervient après le rejet par les Zimbabwéens d'un projet de Constitution qui devait renforcer les pouvoirs du chef de l'Etat et permettre l'expropriation de fermiers blancs sans indemnisation, dans le cadre de la réforme agraire.

Plus de 4.000 des 4.500 agriculteurs blancs du Zimbabwe sont dépouillés de leurs fermes, avec le soutien du régime.

Mugabe s'accroche

En mars 2002, Robert Mugabe est réélu lors d'un scrutin dénoncé comme irrégulier par les observateurs et après une campagne marquée par de multiples violences.

En mars 2008, le parti d'opposition du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) gagne le contrôle du Parlement. Son chef Morgan Tsvangirai devance le président sortant au premier tour de la présidentielle, mais renonce en raison du déferlement de violences qui vise ses partisans dans l'entre-deux-tours. Seul en lice, Robert Mugabe est réélu en juin.

Il est largement réélu (61%) en juillet 2013, et son parti remporte une majorité des deux tiers à l'Assemblée. Son rival Tsvangirai dénonce des fraudes.

L'Union européenne (UE) commence toutefois à normaliser ses relations avec le Zimbabwe, levant la plupart des sanctions imposées depuis 2002, sauf pour Robert Mugabe et son épouse.

Purge

Le 6 décembre 2014, le chef de l'Etat, reconduit à la tête du parti au pouvoir, intronise son épouse Grace à la présidence de sa puissante Ligue féminine.

Puis il se livre à une vaste purge en limogeant notamment sa vice-présidente, Joice Mujuru, remplacée par un très proche, le ministre de la Justice Emmerson Mnangagwa.

Le 14 avril 2016, le MDC rassemble plus de 2.000 manifestants à Harare lors de la plus importante marche jamais organisée depuis une décennie contre Mugabe.

Le 24 septembre 2017, le pasteur Evan Mawarire, un des leaders de la contestation, est arrêté après avoir diffusé une vidéo dénonçant les pénuries de carburant. Il est acquitté pour incitation à l'émeute, mais reste accusé de tentative de renversement du gouvernement.

Le 6 novembre, le vice-président Emmerson Mnangagwa, longtemps pressenti comme dauphin du président, est démis de ses fonctions. Il fuit le pays.

Le 13 novembre, le chef de l'armée dénonce l'éviction du vice-président et prévient que l'armée pourra "intervenir" si la "purge" ne cesse pas au sein du parti présidentiel.

Dans la nuit du 14 au 15 novembre, des officiers annoncent être intervenus pour éliminer des "criminels" dans l'entourage du chef de l'Etat mais démentent toute tentative de coup d'Etat contre M. Mugabe, prétendûment "sain et sauf" avec sa famille.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG