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Trump contre les démocrates: divisé, le Congrès américain fait sa rentrée

Le Capitole, siège du Congrès américain, à Washington, lors d'une tempête de neige, le 21 mars 2018.

Les démocrates américains ont pris jeudi le contrôle de la Chambre des représentants, marquant le début d'une nouvelle ère d'opposition au président républicain Donald Trump, qui fait désormais face à un Congrès divisé.

Comptant un nombre record de femmes et d'élus issus de minorités, le 116e Congrès américain s'est réuni pour la première fois à midi (17 heures GMT): 435 nouveaux élus à la Chambre des représentants, désormais contrôlée par les démocrates, et 100 sénateurs au Sénat, qui reste sous contrôle républicain.

Sous les applaudissements, le vice-président républicain Mike Pence a présidé aux premières prestations de serment au Sénat.

A la Chambre, la démocrate Nancy Pelosi, 78 ans, est arrivée tout sourire, en famille. Sur la promesse d'oeuvrer pour un Congrès qui "rassemblera", elle devrait retrouver la présidence de la Chambre en début d'après-midi, signant son impressionnant retour au troisième échelon de la politique américaine, derrière Donald Trump et Mike Pence.

Sauf énorme coup de théâtre, elle sera élue par ses troupes "Speaker", un poste qu'elle avait déjà occupé entre 2007 et 2010, devenant alors la première femme de l'histoire américaine à accéder au perchoir de la Chambre.

Si elle affirmera vouloir soutenir "les bonnes idées, d'où qu'elles viennent", selon son discours distribué à la presse, c'est avec un défi au président républicain qu'elle compte marquer le premier jour de son nouveau rôle d'opposante en chef.

Les démocrates devaient présenter dès jeudi des mesures budgétaires temporaires qui permettraient de débloquer les administrations américaines, partiellement paralysées depuis le 22 décembre. Leur but: s'afficher comme le parti "raisonnable" face à ce qu'ils considèrent comme les "caprices" de Donald Trump.

Mais la Maison Blanche a par avance rejeté ces projets de loi, car ils n'incluent pas cinq milliards de dollars pour financer le mur voulu par le président à la frontière avec le Mexique pour lutter contre l'immigration clandestine.

Ces mesures devraient donc rester lettre morte au Sénat, et les blocages d'un Congrès divisé s'afficheront dès le premier jour.

S'ils ont renforcé leur majorité au Sénat, avec 53 sièges sur 100, les républicains ne peuvent se passer des démocrates, car ils ont besoin de 60 voix pour approuver toute loi budgétaire.

Au 13e jour du "shutdown", il reste ainsi difficile d'entrevoir une sortie de crise.

"Cela pourrait durer longtemps", a mis en garde Donald Trump mercredi, après une réunion avec les chefs du Congrès qui n'a pas débouché sur une solution. Tous devraient se retrouver vendredi à la Maison Blanche.

Les démocrates, eux, se disent favorables à une sécurité "forte" aux frontières, mais opposés à un mur qu'ils jugent "inefficace".

Enquêtes et déclarations d’impôts

Ce bras de fer pourrait n'être que les prémices de féroces batailles à venir avec, en premier lieu, la promesse de multiples enquêtes parlementaires visant Donald Trump et son entourage.

En première ligne: les soupçons de collusion entre Moscou et son équipe de campagne électorale en 2016, alors que le mandat du républicain est, pratiquement depuis ses débuts, déjà empoisonné par l'enquête du procureur spécial Robert Mueller.

Avec leur nouveau contrôle de la Chambre, les démocrates décrochent en effet la tête de commissions parlementaires dotées de puissants pouvoirs d'investigation, notamment ceux d'assigner les témoins à comparaître et d'ordonner la présentation de documents.

Troisième journée du "shutdown" du gouvernement américain
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Ils ont d'ailleurs promis d'exiger du milliardaire qu'il présente enfin ses déclarations d'impôts. Donald Trump est le seul candidat présidentiel de l'histoire récente américaine à s'y être refusé.

Derrière ces turbulences, la perspective d'une procédure de destitution, ou "impeachment", pourrait se dessiner plus nettement.

Nancy Pelosi a pour l'instant écarté cette idée, affirmant vouloir d'abord attendre les conclusions des enquêtes.

"Si nous devons le faire, nous ne nous détournerons pas de nos responsabilités. Mais je ne pousse pas en ce sens", a-t-elle encore récemment déclaré à l'édition américaine du magazine Elle.

Célèbre pour son sens tactique, elle devra le mettre à l'épreuve des tiraillements à ce sujet entre les jeunes pousses fraîchement élues qui se réclament de la "résistance" contre le président et les élus démocrates plus modérés qui ont gagné dans des circonscriptions pro-Trump.

Pour l'instant, toute tentative de destituer le 45e président des Etats-Unis n'irait pas loin: si les démocrates sont en position de voter sa mise en accusation à la Chambre, c'est au Sénat qu'il reviendrait ensuite de faire son procès.

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Attentat de Lockerbie: l'appel de la famille du seul condamné libyen rejeté

Le Libyen Abdelbaset Ali Mohamed al-Megrahi (décédé en 2012), l'unique condamné dans l'attentat de Lockerbie, à Tripoli, Libye, le 9 septembre 2009.

Plus de 32 ans après l'attentat de Lockerbie, la justice écossaise a rejeté vendredi l'appel formé par la famille de l'unique condamné, le Libyen Abdelbaset Ali Mohamed al-Megrahi, décédé en 2012, qui veut poursuivre son combat pour le réhabiliter.

"Effondrée" mais "déterminée à se battre pour obtenir justice", la famille souhaite saisir la Cour suprême britannique, a indiqué son avocat, Aamer Anwar, après la décision des cinq juges de la Haute Cour de justice d'Edimbourg. Invoquant la Convention européenne des droits de l'Homme, "nous soutiendrons que M. Megrahi n'a pas eu un procès équitable", a-t-il précisé.

Agent des services de renseignement libyens, M. Megrahi avait toujours clamé son innocence. Il avait été condamné en 2001 à la prison à vie, avec un minimum de 27 ans, par une cour spéciale écossaise établie en terrain neutre aux Pays-Bas, pour l'attentat à la bombe contre un Boeing 747 de la Pan Am.

L'appareil, qui reliait Londres à New York (Etats-Unis), avait explosé le 21 décembre 1988 au-dessus du village écossais de Lockerbie, tuant les 259 passagers et membres d'équipage et 11 personnes au sol.

Il s'agit de l'attentat le plus meurtrier jamais commis sur le territoire du Royaume-Uni, mais aussi du deuxième plus meurtrier contre des Américains (190 morts) après les attentats du 11 septembre 2001.

Le régime du dictateur libyen Mouammar Kadhafi avait reconnu officiellement sa responsabilité dans l'attentat de Lockerbie en 2003 et payé 2,7 milliards de dollars (2,2 milliards d'euros) de dédommagement aux familles des victimes.

- "Pas d'erreur judiciaire" -

M. Megrahi avait été libéré en 2009 pour raisons médicales et est mort d'un cancer en 2012 à l'âge de 60 ans dans son pays, où il avait été accueilli en héros.

La Cour a "déterminé qu'il n'y avait pas d'erreur judiciaire", a souligné le ministre écossais de la Justice, Humza Yousaf.

En mars dernier, la Commission écossaise de révision des condamnations pénales (SCCRC) n'avait pas exclu cette possibilité, soulignant la faiblesse des preuves produites contre M. Megrahi. Elle avait décidé de saisir la Haute Cour de justice, qui avait tenu trois jours d'audience en novembre.

Un commerçant de Malte, Tony Gauci, avait notamment identifié l'agent libyen comme l'acheteur de vêtements retrouvés dans la valise contenant la bombe sur la base d'une photographie.

La Haute Cour a balayé vendredi les doutes émis par la défense de la famille sur la crédibilité de ce témoignage. Sur la base des preuves présentées, "un jury raisonnable (...) aurait été en droit de rendre un verdict de culpabilité", ont estimé les juges.

- "Sécurité nationale" -

La Haute Cour n'a pas non plus retenu l'argument de la famille, selon lequel des documents liés à l'affaire, que les autorités britanniques refusent de déclassifier, auraient permis d'aboutir à un verdict différent.

Ces documents évoqueraient l'implication, dans la fabrication de la bombe, d'un agent de renseignement jordanien au sein du Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG).

"Cela n'a pas de sens, pourquoi le gouvernement britannique veut retenir ces informations au nom de la sécurité nationale, 32 ans après les faits?" s'est interrogé l'avocat Aamer Anwar.

Lors du procès en 2001, les juges avaient rejeté une théorie mettant en cause l'Iran, la Syrie et ce groupe palestinien pro-syrien, qui auraient agi en représailles à la destruction accidentelle d'un avion iranien par un missile américain en juillet 1988 (290 morts).

Du côté des Etats-Unis, l'enquête s'est poursuivie et en décembre, le jour du 32e anniversaire de l'attentat, la justice américaine a annoncé une nouvelle inculpation. Ancien membre des services de renseignement de Mouammar Kadhafi, actuellement détenu en Libye, Abou Agila Mohammad Massoud est soupçonné d'avoir assemblé et programmé la bombe.

L'enquête avait été relancée en 2016, quand la justice américaine avait appris que M. Massoud avait été arrêté après la chute du dictateur et aurait fait une confession aux services de renseignement du nouveau régime libyen en 2012.

Le chef de la police écossaise Iain Livingstone a indiqué que celle-ci continuerait de "travailler étroitement" avec les autorités américaines dans le cadre de l'enquête.

Le "conseil d'administration" du gang notoire MS-13 inculpé pour "terrorisme" à New York

Des membres du gang Mara Salvatrucha 13 (MS-13) sont présentés aux médias après avoir été arrêtés par la police lors d'une fête privée à San Salvador, El Salvador, le 10 août 2017.

Les procureurs fédéraux américains ont inculpé pour terrorisme des personnes qui, selon eux, constituent le "conseil d'administration" du célèbre gang criminel connu sous le nom de MS-13, a-t-on appris de source officielle jeudi.

Le MS-13, également connu sous son nom espagnol de Mara Salvatrucha, a été créé par des réfugiés du Salvador à Los Angeles dans les années 1980, mais s'est depuis répandu à travers les États-Unis. Même si le centre de gravité du groupe reste en Amérique centrale, on estime à 10 000 le nombre de ses membres aux États-Unis, où ils opèrent dans des unités appelées "programmes" et "cliques".

Selon le bureau du procureur du district Est de New York, il s’agit en tout de 14 chefs de gang. Ils sont accusés, entre autres chefs d’inculpation, de "conspiration visant à fournir un soutien matériel aux terroristes", "conspiration pour commettre des actes de terrorisme au-delà des frontières nationales" et "conspiration de narcoterrorisme", indique un communiqué.

Des membres du gang MS-13 attendent de monter dans un bus pour être transférés du pénitencier de Chalatenango, à Chalatenango, au Salvador, le 27 décembre 2019.
Des membres du gang MS-13 attendent de monter dans un bus pour être transférés du pénitencier de Chalatenango, à Chalatenango, au Salvador, le 27 décembre 2019.

L'un des accusés est Borromeo Enrique Henriquez, également connu sous le nom de Diablito de Hollywood. Les procureurs l'ont dépeint comme l'un des membres les plus importants du gang. L’ensemble de ces suspects constituent la Ranfla Nacional, qui est l'organe directeur du MS-13.

Onze des accusés sont déjà en prison au Salvador, mais trois d'entre eux sont toujours en cavale. Le ministère américain de la justice a déclaré qu'il étude les moyens d'extrader les personnes emprisonnées vers les États-Unis.

"Le MS-13 est responsable d'une vague de mort et de violence qui a terrorisé les communautés, laissant des quartiers de Long Island et du district Est de New York inondés de sang", a déclaré le procureur américain par intérim, Seth D. DuCharme, dans un communiqué. "Même lorsque ses membres étaient incarcérés, la Ranfla Nacional a continué à diriger les opérations mondiales du MS-13, à recruter de nouveaux membres, y compris des enfants et à orchestrer des meurtres, faisant des ravages dans le monde entier".

En juillet, plus d’une vingtaine de chefs et de membres présumés du gang ont été arrêtés lors de ratissages en Virginie, à New York et à Las Vegas.

Joe Biden veut allouer 1,9 trillion à la lutte contre la pandémie

Le président élu des États-Unis Joe Biden annonce son plan de sauvetage économique anti-coronavirus, le 14 janvier 2021, à Wilmington, Delaware, en présence de la vice-présidente élue Kamala Harris.

Le président américain élu Joe Biden a dévoilé jeudi soir un plan de lutte contre le coronavirus, soulignant l'urgence d'adopter une législation pour aider les Américains à traverser la pandémie et la crise économique qu'elle a engendrée.

"Au cours de cette pandémie, des millions d'Américains, sans que ce soit leur faute, ont perdu la dignité et le respect qui vont de pair avec un salaire", a déclaré M. Biden dans un discours présentant le plan de sauvetage depuis Wilmington, dans le Delaware.

Le plan de M. Biden comprend une nouvelle série de paiements directs de 1 400 dollars pour la plupart des Américains, un financement pour promouvoir l'ouverture des écoles en toute sécurité et la mise en place d'un programme national de vaccination. Il prévoit également une assurance chômage supplémentaire de 400 dollars par semaine jusqu'en septembre.

Le plan prévoit aussi une aide aux petites entreprises, notamment celles appartenant à des entrepreneurs issus des minorités ethniques.

Le plan, que l'équipe de transition a décrit comme "ambitieux, mais réalisable", est estimé à 1,9 trillion de dollars, selon une déclaration publiée avant le discours de M. Biden.

C'est un chiffre que les républicains jugeaient trop élevé il n'y a pas si longtemps.

Mais les choses sont différentes. Lorsqu’il prendra le pouvoir le 20 janvier, M. Biden, un démocrate, aura une Chambre des représentants contrôlée par son parti et un Sénat divisé à 50-50. Il reviendra alors à la vice-présidente élue, Kamala Harris, de faire pencher la balance. Aux États-Unis, le vice-président en exercice préside les plénières du Sénat.

M. Biden s'était déjà fixé comme objectif d'administrer 100 millions de vaccins au cours des 100 premiers jours suivant son entrée en fonction le 20 janvier. L’annonce de jeudi inclut un plan national chiffré à 20 milliards de dollars. Il comprendra le financement de centres communautaires et de centres de vaccination mobiles pour les régions éloignées, en coordination avec les gouvernements des États et des collectivités locales.

"Ce sera l'un des efforts opérationnels les plus difficiles que nous ayons jamais entrepris en tant que nation", a déclaré M. Biden. "Nous devrons remuer ciel et terre pour faire vacciner plus de gens", a-t-il ajouté.

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