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Après Kano, des dizaines de décès non expliqués dans l'Etat nigérian de Jigawa

Le président Buhari dans l'Etat de Jigawa

Les autorités de l'Etat de Jigawa, dans le nord du Nigeria, ont annoncé mercredi enquêter sur des dizaines de décès survenus dans cette région très pauvre, quelques jours après que l'Etat voisin de Kano a attribué au coronavirus plusieurs dizaines de "morts mystérieuses". 

"Une centaine de personnes sont mortes ces 4 derniers jours. La plupart des victimes étaient des hommes âgés entre 60 et 80 ans", a expliqué à l'AFP Adamu Danwawu, un résident du district d'Hadejia, dont un membre de la famille est décédé.

La majorité d'entre elles sont mortes ces quatre derniers jours à leur domicile et seulement 13 des personnes malades ont été admises à l'hôpital.

"Les 13 patients admis à l'hôpital présentaient de fortes fièvres", a indiqué un médecin de l'hôpital, le Dr Abdullahi Umar Namadi, soulignant qu'ils n'étaient pas forcément atteints du coronavirus.

"Le gouvernement de Jigawa est inquiet de ces décès et a envoyé une équipe de cinq médecins pour enquêter sur la situation dans l'Etat", a fait savoir à l'AFP le Dr Mahmud Abdulwahab, qui dirige la commission d'enquête.

Mardi, son équipe a interrogé les familles des défunts pour tenter d'établir les causes de leur mort et mercredi, ils ont fait le tour des cimetières de la ville pour compter les personnes décédées récemment.

"Nous souhaitons savoir si ce récent pic de mortalité est dû au Covid-19 ou pas", a affirmé le Dr Abdulwahab. "Mais à ce stade de l'enquête il est trop tôt pour tirer quelconque conclusion", a-t-il dit.

La population de l'Etat de Jigawa est estimée à 5 millions d'habitants, mais aucun recensement n'a été réalisé depuis de nombreuses années, dans cette région très reculée et pauvre, à la frontière avec le Niger.

Seuls 39 cas de coronavirus y ont été officiellement recensés mais l'Etat ne dispose d'aucun laboratoire pour effectuer de tests.

Les autorités de Kano, qui compte officiellement 400 cas de coronavirus dont 11 décès, ont révélé lundi que la "plupart" des dizaines de "morts mystérieuses" survenues ces dernières semaines dans l'Etat étaient dues au Covid-19.

Le Nigeria recensait mercredi près de 3.000 cas officiellement déclarés d'infection au coronavirus, et une centaine de décès, mais le pays le plus peuplé d'Afrique, effectue un nombre insignifiant de tests par rapport à ses quelque 200 millions d'habitants.

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BAD: Buhari soutient son compatriote Akinwumi Adesina

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Les Nigérians procèdent au déconfinement progressif

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Le président nigérian Buhari soutient la réélection de son compatriote Adesina à la BAD

Le président de la BAD, Akinwumi Adesina, lors de l'assemblée annuelle de la BAD à Gandhinagar, en Inde, le 22 mai 2017. (Photo REUTERS/Amit Dave)

Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, est venu mardi à la rescousse de son compatriote Akinwumi Adesina dont la gestion de la Banque africaine de développement est contestée.

"Le Nigeria soutient avec ferveur @akin_adesina dans sa la réélection au poste de président de la Banque africaine de développement", a écrit le président sur son compte Twitter. "Nous allons collaborer avec tous les dirigeants et les parties prenantes de la BAD pour nous assurer qu'il soit réélu", a-t-il précisé.

M. Adesina, 60 ans, est sous le feu des critiques après que des dénonciateurs internes à la BAD aient déposé une plainte dans laquelle ils accusent le chef de l’institution panafricaine de plusieurs abus de pouvoir, de népotisme et de mépris envers les normes établies.

Une enquête interne a exonéré M. Adesina en mai, mais le gouvernement des États-Unis, par la voix de son ministre des finances, Steven Mnuchin, a exigé une enquête indépendante. Depuis, des interrogations persistent quant à l’avenir du banquier à la tête de la BAD.

Selon les statuts de l’institution, le chef de la BAD doit être d'origine africaine. Par tradition, il y a généralement une rotation entre les différents groupes régionaux et linguistiques qui composent ce continent à forte diversité.

Les allégations de mauvaise gestion au sein de l'AFDB ne sont pas un phénomène nouveau. Le prédécesseur d'Adesina, le rwandais Donald Kaberuka, avait en son temps également fait l’objet de nombreuses critiques.

L'élection du prochain chef de l'institution est prévue pour le mois d'août. M. Adesina est l'unique candidat.

Fondée en 1964, la BAD compte 80 pays membres, dont 26 en dehors d’Afrique comme les États-Unis. Selon ses règles, les actionnaires africains détiennent en tout temps la majorité des votes.

Majek Fashek, légende nigériane du reggae, est décédé à 57 ans

L'artiste Reggae Majek Fashek en concert. (Courtesy photo)

Ce guitariste et chanteur de reggae africain, né à Benin City, au Nigeria, était plus  connu pour avoir repris Hotel California, la célèbre chanson du groupe The Eagles. Majek était aussi très populaire pour des tubes comme Send Down the Rain et So Long for Too Long.

Son premier album "Spirit of love" en 1993 et le tout dernier "Little Patience" en 2005. Il est décédé dans son sommeil à New York, a déclaré son manager Omenka Uzoma au media.

De son vrai nom Majekodunmi Fasheke, il a également travaillé avec des stars comme Jimmy Cliff, Tracy Chapman et Snoop Dogg.

Il a été attiré par le reggae vers les années 1980 à un moment où la highlife et le juju étaient plus dominants au Nigeria.

L'artiste avait plusieurs fois déclaré que Bob Marley avait une influence majeure dans son style musical et que lui-même ressemblait à la légende jamaïcaine.

Majek Fashek était malade depuis un certain temps mais la cause de sa mort n'est pas encore claire.

Écrivant sur Instagram, M. Uzoma, son manager, a déclaré que c'était "un moment pour nous tous de célébrer ses réalisations, et non de pleurer".

Les Nigérians se mobilisent contre les violences faites aux filles et aux femmes

Des femmes se promèment dans le village de Dapchi, dans l'État de Yobe au Nigeria, le 24 février 2018. (REUTERS/Afolabi Sotunde)

#JusticeForUwa, #JusticeForJennifer, #JusticeForTina: ces hashtags ont été partagés des dizaines de millions de fois sur les réseaux sociaux nigérians, après des plaintes pour viols et meurtres commis contre des filles. 

Dans l'Etat de Kaduna (nord), Jennifer, une adolescente de 18 ans a été violée fin avril par cinq hommes, après s'être faite piéger par ses agresseurs sur Facebook. Dans une vidéo, on voit les proches de la jeune femme tenter de lui faire reprendre connaissance, en lui passant de l'eau sur le visage.

"Les familles des violeurs vont vouloir s'arranger de manière informelle" en payant les parties adverses ou la police, se plaignent-ils. "Ils ne demanderont même pas comment va la fille, tout ce qu'ils voudront c'est que l'affaire ne soit pas rendue publique".

Après le scandale causé par les dizaines de milliers de partages de cette vidéo accompagnée du hashtag #JusticeForJennifer, deux des agresseurs présumés ont été arrêtés "et inculpés pour "conspiration criminelle, intoxication involontaire et viol", rapporte le porte-parole de la police locale Mohammed Jalinge. "Trois autres suspects restent introuvables".

-Les réseaux sociaux, "un outil"-

Depuis la semaine dernière, de nombreuses autres affaires ont éclaté, horrifiant la jeunesse nigériane, engagée, urbaine et connectée.

La jeune Tina E., 16 ans, a été abattue par un policier, lors d'une altercation entre les forces de l'ordre et un chauffeur de bus qui ne respectait pas les heures du couvre-feu imposé à Lagos, la capitale économique.

Le même jour, Vera Uwaila Omozuma (dite Uwa), 22 ans et étudiante en microbiologie dans l'Etat d'Edo, dans le sud du pays, a été retrouvée morte dans une église évangélique après avoir été violée et frappée à mort par ses agresseurs, selon ses proches.

Le mouvement #JusticeForUwa, lancé notamment par une blogeuse de l'Etat d'Edo, a rassemblé des centaines de milliers d'internautes et la police fédérale a promis que les coupables "devraient répondre à la justice".

Le gouverneur Godwin Obaseki, qui a reçu la famille de la victime lundi matin, "a demandé d'être briefé minute par minute sur l'avancement de l'enquête", rapporte son porte-parole Crusoe Osagie.

"Les réseaux sociaux sont un outil pour mettre les institutions, la police, face au mur ou pour reconnecter les leaders de ce pays avec ce qu'il se passe sur le terrain", explique Segun Awosanya, à la tête d'une organisation de la société civile de surveillance des violences policières (Social Intervention Advocacy Foundation, SIAF).

-#NousSommesFatigués-

Le mouvement, d'abord tourné vers la violence faite aux femmes, s'est d'ailleurs vite transformé en contestation générale, porté par les plus grandes célébrités du pays.

"#NousSommesFatigués de ces tueries incessantes, des camions qui se renversent sur les routes et tuent des innocents (...), des petites filles qui se font violer, des jeunes garçons tués par la police, fatigués de voir des diplômés au chômage,...", a écrit la diva de l'Afropop, Tiwa Sawage à ses 4 millions de followers sur Twitter.

Peu après elle, les stars Don Jazzy (4,6 millions d'abonnés), Mr Eazy (1,5 million), ou encore Rema (850.000) lui ont emboité le pas, en partageant le hashtag #WeAreTiredet #JusticeForAll: une première dans le monde de la musique nigériane.

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