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Des Burundais réfugiés en RDC dénoncent le manque d'assistance humanitaire


Des familles font la queue dans un centre des Nations Unies pour les réfugiés burundais pour recevoir des rations alimentaires et des vêtements à Uvira, Sud-Kivu, 20 mai 2015.

Des ressortissants burundais vivant dans un camp de transit dans l'est de la République démocratique du Congo ont dénoncé samedi le manque d'assistance de la part d'organisations humanitaires depuis le début de l'année, après leur refus de se laisser identifier.

"C'est depuis le 1er janvier 2018 que nous ne sommes plus assistés par les humanitaires, moins encore par le HCR (Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés)", a déclaré à l'AFP la porte-parole des Burundais, Françoise Ndayisenga.

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Ces ressortissants burundais vivent dans un camp de transit dans la province congolaise du Sud-Kivu, frontalière du Burundi. Ils s'étaient opposés à un enregistrement biométrique en novembre, en raison d'une croyance religieuse.

Contacté par l'AFP, un responsable local de la Commission nationale des réfugiés, Augustin Bulimuntu confirme que ces ressortissants burundais "ne sont plus assistés", sans en donner la raison.

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"Le HCR a proposé des interviews individuelles" à ces personnes afin de "savoir qui est qui", a expliqué à l'AFP un administrateur principal régional du HCR, Andreas Kirchhof.

M. Kirchhof a déploré ce "manque de coopération", ajoutant que ce sont les autorités qui accordent le statut de réfugié.

La majorité d'entre eux sont des adeptes de la prophétesse Zebiya, qui assure avoir eu des visions de la Vierge dans le nord du Burundi.

"Nous n'allons pas accepter cet enregistrement malgré la vie difficile qu'on veut nous imposer car notre croyance nous l'interdit", a averti Mme Ndayisenga.

"Pour survivre, nous sommes obligés de vendre le peu d'objets que nous avons aux autochtones notamment des ustensiles de cuisine, des habits, des postes de radio et des téléviseurs, même nos produits d'élevage", a-t-elle dit.

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Au moins deux mille Burundais se sont réfugiés dans la ville congolaise de Kamanyola, frontalière du Burundi, en 2015, avec leur prophétesse, après que la police burundaise eut tiré sur eux à Businde (nord du Burundi).

En septembre, au moins 36 d'entre eux avaient été tués par l'armée congolaise à Kamanyola alors qu'ils manifestaient, selon un comptage de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco).

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Après ces événements, le HCR avait donné une "assistance humanitaire exceptionnelle" à ces ressortissants burundais, selon M. Kirchhof : "On ne peut malheureusement pas continuer avec ça".

Avec AFP

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