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Une crise humanitaire de grande ampleur menace la RDC en 2018

Des femmes et des enfants congolais arrivent au poste-frontière de Chissanda, dans la province angolaise de Lunda Norte, après avoir échappé aux attaques des milices dans la Province du Kasaï, en RDC, mai 2017. © HCR / Pumla Rulashe

Déplacement record de populations, centaines de milliers d'enfants en danger de mort, ONG sous financées, État sans moyen...: tous les signaux laissent redouter une crise humanitaire de grande ampleur en République démocratique du Congo (RDC) en 2018.

"La situation en RDC risque d'être ignorée alors qu'elle est en passe de devenir la plus forte urgence en 2018", a déclaré mardi un cadre de l'Office des migrations internationales, Mohammed Abdiker, de retour d'un voyage dans ce géant d'Afrique centrale dont l'instabilité menace le coeur du continent.

Vraie catastrophe humanitaire à venir, après le Soudan du Sud, le Yémen et l'exode des Rohingyas, ou stratégie de communication alarmiste des ONG et des agences des Nations unies, fatiguées de dénoncer leur sous-financement?

Même si l'on ne peut jamais exclure la deuxième réponse, les indices objectifs de crises multiples se sont multipliés tout au long de l'année.

Avec une population chroniquement pauvre malgré les richesses de son sous-sol si mal partagées, la RDC a été le théâtre d'au moins trois conflits armés depuis quinze mois: recrudescence de l'activité des groupes armés dans les deux Kivus (est), crise du Kasaï (centre) depuis septembre 2016 et conflit Bantous/Pygmées dans le Tanganyika (sud-est).

Ces violences ont entraîné en 2016 et 2017 les plus forts déplacements internes de populations au monde, touchant plus de personnes qu'en Syrie, en Irak ou au Yémen, d'après le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) et le Conseil norvégien des réfugiés.

La RDC compterait actuellement quatre millions de déplacés, avec une progression de 1,7 million cette année, d'après ces deux sources.

Il ne peut s'agir que d'une évaluation, dans un pays où le nombre exact d'habitants fait l'objet d'une estimation (entre 70 et 90 millions), faute d'un recensement fiable.

Dans ce pays aux neuf frontières, quelques dizaines de milliers de Congolais ont trouvé refuge en Zambie et en Angola, tandis que des Burundais, des Centrafricains et des Sud-Soudanais ont fui en RDC.

Situation critique

Dans le Kasaï, les déplacés, souvent accueillis dans des familles, commencent à rentrer chez eux en raison de la diminution d'intensité des combats entre forces de sécurité et milices Kamuina Nsapu.

"Les conditions ne devraient pas s'améliorer avant juin 2018, car les saisons de plantation en 2017 ont été perdues", selon le Fonds des nations pour l'enfance (Unicef).

A l'approche des fêtes de Noël et de sa campagne de vente de cartes de voeux en Europe, l'Unicef a lancé mardi un cri d'alarme sur la situation dans cette région où "au moins 400.000 enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë sévère et pourraient mourir en 2018 s'ils ne sont pas assistés par des interventions sanitaires et nutritionnelles".

L'Unicef affirme n'avoir "reçu que 15% du financement nécessaire pour répondre aux besoins nutritionnels des enfants en 2017".

Le Programme alimentaire mondial (PAM) parle de 250.000 enfants en danger de mort dans les prochains mois dans le Kasaï. "Chaque année 160.000 enfants en RDC meurent de causes liées àla malnutrition", affirmait l'ONU dans un communiqué le 30 novembre.

Par rapport à ces chiffres, l'épidémie de choléra passerait presque pour un drame mineur avec tout de même 1.055 décès pour 50.507 cas suspects dans 23 des 26 provinces du pays en 2017, d'après le ministère de la Santé. L'une des plus fortes épidémies de ces dernières années.

Ces crises humanitaires sont aggravées -ou alimentées- par la crise politique à Kinshasa, où les autorités ont repoussé les élections au 23 décembre 2018, braquant l'opposition radicale qui demande le départ du président Joseph Kabila dès la fin de l'année.

Pour faire face à ces crises multiples et préparer les élections, la RDC vient de voter son budget 2018 d'un montant d'environ cinq milliards de dollars, une somme dérisoire, de plus en baisse par rapport à l'année précédente en raison de la dépréciation du franc congolais.

L'ex-Premier ministre Samy Badibanga a lancé un appel à "une conférence internationale des donateurs" pour le Kasaï, et constaté avec amertume: "Alors que 77 personnes par minute sortent de l'extrême pauvreté en Asie, 3,6 personnes y tombent chaque minute en RDC".

Avec AFP

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Gambie: nomination d'un ministre de la Défense, le premier depuis 22 ans

La force de la Cedeao, lors de la crise de succession en Gambie.

Le chef de l'Etat gambien Adama Barrow a remanié jeudi son gouvernement, nommant un ministre de la Défense pour la première fois depuis 22 ans et un ancien chef de la police controversé à l'Intérieur, a annoncé la présidence dans un communiqué.

M. Barrow a désigné jeudi comme ministre de la Défense Sheikh Omar Faye, consul général de Gambie à Jeddah (Arabie saoudite), selon le communiqué.

Depuis 1997, d'abord sous Yahya Jammeh, qui a dirigé d'une main de fer ce petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest de 1994 à 2017, puis sous son successeur, l'ancien opposant Adama Barrow, les prérogatives du ministère de la Défense étaient directement exercées par le président.

Ancien sprinteur --il a participé aux JO de 1984-- M. Faye a fait carrière dans l'armée jusqu'en 1994, lorsqu'il a quitté la Gambie pour les Etats-Unis, selon la lettre d'information spécialisée AllGov.com.

De retour en Gambie en 2005, il devient chef de la communication du cabinet du président Jammeh, puis ministre de la Jeunesse et des Sports, avant d'être nommé ambassadeur à Washington.

Il avait pris ses distances avec Yahya Jammeh à la toute fin de son régime, en l'appelant de la capitale fédérale américaine, en décembre 2016, à reconnaître sa défaite électorale face à Adama Barrow et à céder le pouvoir.

Yahya Jammeh n'avait quitté son pays pour la Guinée Equatoriale qu'après six semaines d'une crise à rebondissements et sous la pression d'une intervention militaire et diplomatique régionale.

Un défenseur gambien des droits humains, Madi Jobarteh, a salué la désignation d'un ministre de la Défense, estimant toutefois que "le choix de M. Faye est un important pas en arrière" si l'on considère qu'il fut un "soutien clé de la dictature en Gambie".

Le défenseur des droits de l'homme a par ailleurs qualifié de "catastrophe" la désignation au poste de ministre de l'Intérieur de Yankuba Sonko, qui selon lui montre la volonté du président Barrow de "recourir à la violence pour refuser les droits et libertés fondamentales".

M. Sonko était inspecteur général de la police lors de la répression le 14 avril 2016 d'un rassemblement pour réclamer des réformes politiques. La mort en détention d'un des leaders de l'opposition arrêtés, Solo Sandeng, avait galvanisé les opposants, qui s'étaient unis autour de la candidature d'Adama Barrow.

Avec AFP

Candidat à présidentielle, le Premier ministre délègue ses pouvoirs

Le Premier ministre tunisien Youssef Chahed, lors du dépôt de sa candidature à la présidentielle anticipée en Tunisie, le 9 août 2019.

Le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed, l'un des principaux candidats à la présidentielle anticipée du 15 septembre, a annoncé jeudi avoir délégué ses pouvoirs pour se consacrer à sa campagne électorale.

Lors d'une intervention sur la télévision publique, M. Chahed a déclaré avoir "décidé de déléguer ses pouvoirs de chef du gouvernement au ministre de la Fonction publique jusqu'à la fin de la campagne électorale". Celle-ci est prévue du 2 au 13 septembre.

Cette décision a été prise "dans le souci d'assurer la transparence dans le processus électoral et pour éviter tout conflit d'intérêt", a dit M. Chahed, devenu en 2016, à 40 ans, le plus jeune Premier ministre de la Tunisie.

Le premier tour du scrutin présidentiel aura lieu le 15 septembre.

Prévue en fin d'année, cette élection a été avancée à la suite du décès le 25 juillet du président Beji Caid Essebsi à l'âge de 92 ans.

Il était le premier président démocratiquement élu au suffrage universel de l'histoire moderne de la Tunisie.

Vingt-six candidatures, dont celle de M. Chahed, ont été validées et 71 écartées, au terme d'un examen préliminaire des dossiers, a annoncé le 14 août l'Instance chargée des élections en Tunisie (Isie). La liste finale sera publiée le 31 août.

Mardi, M. Chahed qui avait lancé au début de cette année son propre parti Tahya Tounes, a annoncé avoir renoncé à la nationalité française avant le dépôt de sa candidature, comme le demande la Constitution.

Avec AFP

Zimbabwe: une satiriste connue affirme avoir été enlevée et battue

La comédienne zimbabweenne, Samantha Kureya, dite Gonyeti.

Une comédienne et satiriste populaire au Zimbabwe, Samantha Kureya, dite Gonyeti, a affirmé jeudi avoir été enlevée de son domicile à Harare et battue par des inconnus, devenant la dernière critique en date du gouvernement à avoir été agressée ces dernières semaines.

Dans un clip vidéo en ligne, elle raconte à un journaliste du quotidien Daily News, depuis son lit d'hôpital, avoir été enlevée mercredi soir par des hommes armés et masqués, rouée de coups et abandonnée.

Trois hommes masqués ont cassé la porte de sa chambre et l'ont tirée du lit, dit-elle. "Je ne portais qu'un haut et une culotte. Quand je leur ai dit +laissez-moi m'habiller+, ils m'ont giflée et ordonné de baisser les yeux", ajoute-t-elle.

"Vous vous moquez du gouvernement" lui ont dit ses agresseurs en lui donnant des coups de pied et de fouet et la faisant rouler sur le sol mouillé, a-t-elle ajouté.

Elle affirme avoir dû se dénuder, boire de l'eau des égouts et avoir été abandonnée sur place sans ses vêtements.

Elle ajoute avoir marché ensuite vers des maisons et qu'une robe lui a été jetée par la fenêtre de l'une d'entre elles.

"Je ne sais pas si (cette agression) avait pour objectif de me faire peur" mais c'est grâce à la comédie "que je suis capable de payer mon loyer et d'envoyer mon frère à l'école. Je continuerai à faire mon travail", affirme-t-elle.

Le ministère de l'Information a annoncé dans un Tweet qu'une enquête était en cours.

La maison de production de Samantha Kureya, Bustop-TV, avait précédemment indiqué dans un Tweet qu'une autre comédienne, Sharon Chideu, qui apparaît dans des sketchs à ses côtés, avait elle aussi été ciblée mais qu'elle avait été avertie d'un risque d'enlèvement et avait quitté son domicile.

Bustop-TV diffuse des sketchs qui se moquent des autorités zimbabwéennes et des problèmes économiques et sociaux du pays.

Samantha Kureya et Sharon Chideu avaient été arrêtées par la police en février après être apparues dans un sketch vêtues d'uniformes de la police. Elles avaient été libérées après avoir payé chacune une amende de 20 dollars (17,6 euros).

Ces deux dernières semaines, plusieurs membres de l'opposition et militants des droits de l'homme ont été enlevés par des assaillants non identifiés en divers endroits du Zimbabwe, selon des organisations de défense des droits de l'homme.

Avec AFP

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