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Les corps des Casques bleus tués en RDC rapatriés "en héros"


Les cercueils dans Casques bleus tués lors d'une cérémonie à Béni, le 11 décembre 2017. (Monusco)
Les cercueils dans Casques bleus tués lors d'une cérémonie à Béni, le 11 décembre 2017. (Monusco)

Les corps de 14 Casques bleus tanzaniens tués jeudi dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) dans une attaque attribuée à des rebelles ougandais ont été rapatriés lundi dans leur pays, où ils ont été accueillis en "héros" par le ministre de la Défense tanzanien.

L'avion transportant 14 cercueils blancs recouverts du drapeau bleu clair des Nations unies a atterri en fin de journée à l'aéroport international de Dar es Salaam, la capitale économique de la Tanzanie, avant le transfert de ceux-ci dans des camions blancs de l'ONU vers la morgue d'un hôpital militaire.

"Nous sommes ici pour accueillir nos héros", a déclaré le ministre de la Défense Hussein Mwinyi devant un important contingent militaire présent à l'aéroport pour une cérémonie retransmise en direct à la télévision nationale.

Plus tôt dans la journée, les quatorze cercueils avaient reçu les honneurs militaires en RDC près de Beni, dans la province du Nord-Kivu.

Les Nations unies ont subi jeudi à la tombée de la nuit à Semuliki, dans la province du Nord-Kivu, leur pire attaque depuis la mort de 24 Casques bleus pakistanais à Mogadiscio en juin 1993.

Cette attaque menée jeudi soir par des membres présumés des ADF (Allied defense force), des miliciens ougandais musulmans, contre une base tenue par des Casques bleus tanzaniens, n'a suscité aucune réaction officielle dans la capitale Kinshasa.

Selon le secrétaire général adjoint de l'ONU Jean-Pierre Lacroix, qui parle d'une attaque "manifestement préparée, organisée", cette dernière a été conduite "par des hommes bien armés, lourdement armés".

Présent à la cérémonie à Dar es Salaam, le chef des armées tanzaniennes, le général Venance Mabeyo, a soutenu que ses soldats avaient été attaqués "par surprise". "L'ADF est un tout petit groupe. Ils sont là pour se battre alors que nous, nous sommes là pour ramener la paix". "Nous allons prendre nos dispositions pour que cela ne se reproduise pas".

Les Nations unies parlaient depuis vendredi de 15 victimes, ainsi que de 53 blessés . Des sources reprises par la presse tanzanienne évoquaient également deux soldats portés disparus.

Depuis jeudi, des opérations conjointes Monusco-armée congolaise sont en cours dans la région de Beni, selon une source onusienne.

L'Union européenne a dénoncé lundi une "attaque inacceptable" qui "souligne la fragilité de la situation sécuritaire dans l'est de la RDC, exacerbée par l'incertitude actuelle sur la stabilité politique du pays".

Les ADF sont un groupe armé ougandais musulman actif dans le Nord-Kivu, un État de la RDC frontalier de l'Ouganda. Ils ne revendiquent pas leurs attaques. Repliés en forêt, les ADF combattent le pouvoir du président ougandais Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 31 ans.

Lundi, un haut responsable du département d'Etat américain a exprimé depuis Genève "sa consternation" et appelé à une enquête. "Nous pensons que ceux qui ont mené cette attaque doivent répondre de leur actes", a-t-il dit.

Avec AFP

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