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Tchad

Déby dénonce un "grave problème" intercommunautaire dans l'est

La ville d'Abéché située dans l'est du Tchad, le 28 février 2010. (CC/Dans)

Le président tchadien Idriss Déby Itno a dénoncé mercredi "un grave problème" intercommunautaire dans l'est du Tchad lors d'une visite à Abéché, capitale régionale du Ouaddaï, selon des propos rapportés par la radio nationale tchadienne.

"Je suis là, parce qu'il y a un grave problème qui touche la vie de la population", a déclaré le chef de l'Etat dans un discours dont la radio d'Etat a fait un compte-rendu mercredi après-midi.

Depuis plusieurs dizaines d'années, l'est tchadien est en proie à des conflits entre différentes communautés: d'un côté, les autochtones ouaddaïens, agriculteurs, et de l'autre, des tribus arabes, éleveurs.

Régulièrement, des affrontements entre des membres de ces deux communautés ont lieu. Fin novembre, une dizaine de personnes avaient été tuées à une soixantaine de km d'Abéché.

"L'heure de la vendetta est terminée. Se rendre justice (représente une) défaillance de la justice. Une justice qui doit désormais s'assumer. Je prends désormais les choses en main", a lancé M. Déby, selon la radio nationale.

Le chef de l'Etat a annoncé la saisie de toutes les armes détenues par des civils dans la région, dont les propriétaires seront "jugés et condamnés".

Il a demandé aux forces de sécurité de mettre fin "par tous les moyens" à ces violences, les autorisant notamment à " faire usage de leurs armes quand ils sont l'objet de tirs", selon la radio.

Fin janvier, la Convention tchadienne de défense des droits humains (CTDDH) avait dénoncé la "mauvaise gouvernance" comme une des sources de la recrudescence des violences.

Selon l'ONG, les autorités locales, propriétaires de troupeaux de chameaux et autres bétails, "arment les bergers" qui disposent ensuite d'armes à feu utilisées en cas de conflit.

Mercredi, le président tchadien n'a pas fait état, selon le compte-rendu de la radio tchadienne, de l'incursion rebelle fin janvier depuis la Libye dans le nord-est du pays.

L'est et le nord-est tchadien, frontaliers du Soudan, ont longtemps été des bases arrières de rebellions qui visaient à s'emparer du pouvoir.

En 2008, la colonne rebelle qui avait échoué aux portes du palais présidentiel dans une tentative de putsch était venue du Soudan, via l'est tchadien.

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Le trafic humain en recrudescence dans les provinces du sud tchadien

Les jeunes Tchadiens en attente, au Tchad, le 28 avril 2016. (Photo d'illustration/VOA)

La semaine dernière, un groupe de jeunes des différentes localités de la province du Moyen Chari en partance vers l’Est à la recherche de travail ont été interceptés par les autorités judiciaires de la province.

Le phénomène est fréquent dans les provinces du Mandoul et du Moyen Chari, deux provinces à l’extrême Sud du Tchad. Les jeunes de ces localités dont l’âge varie entre 15 et 25 ans se font emmener par des individus dans l’est du pays.

Ces principaux employeurs invisibles promettent, aux jeunes désespérés, un avenir radieux à travers un travail décent qui pourra leur permettre de gagner la vie. Ils utilisent des intermédiaires pour payer leur transport jusqu’à la destination souvent inconnue de ces jeunes à la recherche de l’eldorado.

La semaine dernière, un groupe de plus de 30 jeunes en route vers l’Est a été appréhendé par les autorités judiciaires de la province de Sarh.

"C’est pour remonter cette ligne et rechercher les vrais auteurs, que nous avons intercepté ces gens-là", a déclaré le procureur de la République, près le tribunal de grande instance de Sarh Allarakété Sanéngar.

"Nous ne pouvons pas accepter que des jeunes qui sont la crème de notre société puissent se déplacer en masse, abandonner leurs parents et leurs villages pour des horizons douteux", a déploré Djimet Ngandéré, secrétaire exécutif de l’association "Caisse de solidarité et d’entraide", une association de la communauté Sara Kaba basée au sud du Tchad.

Pour Djida Oumar, président de la Commission nationale des droits de l’homme, la sensibilisation a échoué. Selon lui, les responsables de cette pratique sont connus.

"Un enfant ne s’achète pas. Il faut localiser les trafiquants, les juger et les condamner. Ce sont des délinquants", a indiqué Djida Oumar, président de la CNDH.

Selon les autorités judiciaires de la province du Moyen Chari, cinq groupes de jeunes en partance pour l’Est et le Nord, ont été interceptés de juillet à septembre.

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Le Soudan bat le Tchad, 1er match amical en Afrique depuis 10 mois

Stoppila Sunzu de la Zambie regrette après avoir manqué un but lors du match du groupe C contre le Burkina Faso pour la Coupe d'Afrique des nations, au Mbombela Stadium, à Nelspruit, Afrique du Sud, le 29 janvier 2013.

Le Soudan a battu le Tchad 3 à 2 mercredi en match amical, à N'Djamena, lors de la première rencontre internationale de football sur le continent africain depuis novembre 2019, l'épidémie de coronavirus ayant empêché tous les matches prévus par la suite. 

Les Crocodiles du Nil et les Sao se rencontreront de nouveau dans la capitale tchadienne vendredi, pour un autre match amical de préparation pour les qualifications à la Coupe d'Afrique des nations 2021.

Le match a eu lieu à huis clos en raison de la pandémie de coronavirus, et sous 33 degrés à l'ombre.

Le Soudan affrontera le Ghana, leader du groupe C, deux fois le 9 et le 17 novembre lors des éliminatoires pour la Coupe d'Afrique des nations 2021, alors que le Tchad rencontrera la Guinée, actuellement 1er ex-aequo du Groupe A en matches aller-retour.

Les magistrats tchadiens en grève pour exiger plus de sécurité

Les magistrats du Tchad en colère, à N'Djamena, le 19 septembre 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, colère et indignation des citoyens et des autorités judiciaires suite à l’incident qui s’est produit au sein palais de justice de N’Djamena la semaine dernière. Armes à la main, les proches d’un colonel condamné à 5 ans de prison l’ont extirpé de force de la salle d’audience mais il a été appréhendé quelques heures plus tard.

La scène s’est produite au lendemain de l’interpellation du ministre de la Justice par l’Assemblée nationale sur les dysfonctionnements de l’appareil judiciaire.

Djonga Arafi secrétaire général du SMT en grand boubou banc à gauche, à N'Djamena, le 19 septembre 2020. (VOA/André Kodmadjingar)
Djonga Arafi secrétaire général du SMT en grand boubou banc à gauche, à N'Djamena, le 19 septembre 2020. (VOA/André Kodmadjingar)


Djimet Arabi a balayé, d’un revers de la main, la question d’un député sur la prise en otage de la Justice par certains individus qui se croient au-dessus de la loi.

Cette situation vient confirmer qu’il y a deux catégories de Tchadiens, estime le coordonnateur national du mouvement citoyen "Le Temps", Kemba Djidah Alain.

Pour lui, cette scène ressort de l’impunité qui caractérise le régime au pouvoir depuis 30 ans. Selon lui, le ministre de la Justice et le procureur de la République doivent démissionner.

Le procureur de la République Youssouf Tom met en garde des individus qui pensent être supérieurs à l’Etat.

"Aux autres Tchadiens qui pensent être dans le monde des illusions, qu’ils cessent de rêver à partir d’aujourd’hui parce qu’ils ne peuvent pas défier l’Etat", a averti le procureur.

"Nous sommes dans un Etat de droit, s’il y a réclamation à faire, il y a des voies de recours réservées à cet effet, plutôt que de penser réunir les parents et amis pour défier l’autorité de l’Etat", conseille Youssouf Tom.

"Ça étale à la face du monde notre réputation d’un peuple belliqueux réglant tous nos problèmes par la violence", a déploré le constitutionaliste Ahmat Mahamat Hassan, ancien ministre de la Justice. Parlant des défis à relever pour réconcilier les justiciables à la justice, il a indiqué qu’il faut une grande réforme des textes et régler le problème de la corruption qui gangrène le milieu judiciaire et la question des chefs, de races et d’ethnies qui sont des intermédiaires de nombreuses procédures judiciaires.

Les magistrats qualifient cet acte de "terroriste" et déclenchent une grève d’une semaine à compter depuis lundi 21 septembre sur l’ensemble du territoire. Ils exigent la dotation du service de sécurité en matériels conséquents.

Pour Djonga Arafi, secrétaire général du Syndicat des magistrats du Tchad, le fait que les magistrats aient été aussi outragés constitue un des défis qui sonnent le glas de déliquescence de l’Etat. C’est pourquoi, précise M. Djonga, il faut renforcer le service des éléments de la sécurité en termes du personnel, des munitions et d’armes. Il a relevé qu’aujourd’hui, le dispositif qui accompagne les prévenus n’est pas de nature à garantir leur sécurité.

Les magistrats sollicitent par la même occasion, l’intervention personnelle du président du conseil supérieur de la magistrature afin d’apporter des solutions appropriées aux maux qui minent le bon fonctionnement de l’appareil judiciaire.

Les magistrats tchadiens entament une grève pour réclamer des réformes
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