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Tchad

Visite du président Déby dans l'Est après la percée d'une colonne rebelle

La ville d'Abéché est située dans l'est du Tchad.

Le président tchadien Idriss Déby Itno a entamé mardi une visite à Abéché, la principale ville de l'Est, pour "s'enquérir de la situation sur le terrain" après la percée d'une colonne rebelle début février depuis la Libye, selon une source présidentielle.

"Le président effectue cette visite pour s'enquérir de la situation sur le terrain", a indiqué une source à la présidence tchadienne.

M. Déby, lui-même arrivé par les armes au pouvoir au Tchad en 1990 avec l'aide de la France, a quitté N'Djamena mardi en début d'après-midi, selon la même source.

Il était accompagné du ministre de la Défense, Daoud Yaya, et de celui de la Sécurité, Mahamat Abba Ali Salah.

Mardi, sur les ondes de la radio nationale, un décret présidentiel a annoncé la nomination de plusieurs commandants de légions de gendarmerie, dont ceux des chefs-lieux des trois régions troublées du Nord: Bardai, Faya-Largeau, Fada.

Début février, le groupe armé Union des forces de la résistance (UFR) emmené par le neveu du président Déby, Timan Erdimi, a fait une incursion dans le nord-est du Tchad, depuis la Libye.

A la demande de N'Djamena, la France a annoncé avoir procédé à trois reprises à des frappes de Mirage 2000 contre la colonne de pick-up.

Samedi, l'armée tchadienne avait annoncé avoir capturé "plus de 250 terroristes, dont quatre principaux chefs", saisi plus de quarante véhicules et "plusieurs centaines" d'armes.

Selon l'UFR, ce bilan est "fantaisiste" et seuls une "trentaine" de combattants de l'UFR ont été faits prisonniers par l'armée après s'être réfugiés dans une grotte à la suite des bombardements français.

"Une bataille est perdue mais pas la guerre", a estimé lundi Youssouf Hamid, porte-parole de l'Union des forces de la résistance (UFR).

L'UFR est un groupe armé né en 2009 dont la majorité des membres et des chefs sont à l'origine d'une tentative de putsch en 2008.

A l'époque, venue de l'Est, la rébellion avait été stoppée in extremis aux portes du palais présidentiel de N'Djamena grâce à l'appui de l'allié français.

L'est et le nord-est tchadiens, régions désertiques frontalières du Darfour soudanais, ont été par le passé théâtre de nombreux affrontements entre rebelles tchadiens et forces loyalistes à N'Djamena.

Au Tchad, toutes les transitions politiques se sont faites par la voie des armes depuis l'indépendance, en 1960.

La France a toujours joué un rôle prépondérant dans son ancienne colonie, où elle a installé le QG de sa force antiterroriste Barkhane en 2014.

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Treize villageois tués dans une attaque de Boko Haram

Village de Ngouboua, sur le lac Tchad, attaqué par Boko Haram, fév. 2015. (REUTERS/Madjiasra Nako)

Treize habitants d'un village de l'est du Tchad ont été tués jeudi dans une attaque menée par des combattants du groupe djihadiste Boko Haram, de plus en plus présent dans la région, a-t-on appris vendredi auprès des autorités locales.

Les islamistes armés ont attaqué le village de Ceilia, situé à quarantaine de kilomètres de la ville de Bol, chef-lieu de la région du Lac.

"L'attaque s'est produite à six heures du matin. Les éléments de Boko Haram ont tué quatre personnes, dont le chef de village et sa famille, et incendié une partie du village avant de tuer neuf autres personnes lors de leur départ", a déclaré à l'AFP Dimouya Soiapebé, secrétaire général de la province du Lac Tchad.

L'armée n'a pas eu l'occasion d'intervenir, a-t-il ajouté, précisant que deux des victimes avaient été égorgées.

"Les éléments de Boko Haram armés opèrent généralement pendant la nuit pour perpétrer des attaques. Dans ce cas de figure, ils sont venus surprendre très tôt le matin les villageois en plein sommeil pendant le mois de Ramadan", a-t-il dénoncé.

"Nos forces de défense et de sécurité continuent le ratissage dans la zone. Nous renforçons la présence de nos forces dans la zone", a assuré le haut fonctionnaire.

L'insurrection de Boko Haram, qui a débuté en 2009 dans le nord-est du Nigeria, a fait plus de 27.000 morts et 1,8 million de déplacés dans ce pays.

Elle a aujourd'hui gagné le Niger, le Tchad et le Cameroun voisins. Depuis juin 2018, au moins sept attaques de Boko Haram ont été recensées en territoire tchadien.

L'Etat doit renoncer à l'option militaire à Miski (ICG)

Des soldats tchadiens patrouillent dans la région du Tibesti, près de Bardai, au Tchad, le le 28 mars 1999.

N'Djamena doit renoncer à l'option militaire à Miski, dans la région frondeuse du Tibesti (Nord), qui risque de "pousser les jeunes dans les bras des groupes rebelles basés en Libye" et de déstabiliser la région, a jugé vendredi le centre d'analyses géopolitiques International Crisis Group (ICG).

La région de Miski, dans les montagnes du Tibesti, est le théâtre d'affrontements récurrents entre l'armée tchadienne et des orpailleurs.

Les habitants de Miski, qui dénoncent la récupération présumée de l'exploitation aurifère par des proches du régime, ont constitué en novembre 2018 un "comité d'autodéfense".

Ils sont depuis victimes d'une "forme de blocus" pour "rendre invivable" la zone, mis en place par l'armée tchadienne, selon le rapport d'ICG, qui rappelle que le Tibesti est une région frondeuse, berceau de plusieurs importantes rébellions, et qui est davantage liée au sud libyen, d'où vient la majorité des ravitaillements en nourriture, qu'au reste du Tchad.

"Les autorités tchadiennes craignent que les mines d'or deviennent des réservoirs pour les rébellions tchadiennes basées au Sud de la Libye, et que des militaires, dont certains hauts gradés qui tirent profit de l'orpaillage, ne tissent des liens avec des ennemis du pouvoir. Cette inquiétude est compréhensible", reconnaît le centre d'analyses géopolitiques.

"Mais les autorités vont plus loin et entretiennent volontairement la confusion entre migrants et futurs rebelles, orpailleurs et opposants armés, rebelles tchadiens ou membres du comité d'autodéfense et terroristes. Elles se mettent à dos les populations locales, majoritairement teda, en les accusant de complicité avec des bandits ou des ennemis du pouvoir", regrette-t-il.

Pour ICG, déjà confronté à un climat social tendu et à la menace grandissante des djihadistes de Boko Haram, "l'Etat tchadien ne peut se permettre d'ouvrir un nouveau front militaire au Nord".

"Au-delà de son coût humanitaire, une nouvelle intervention aurait pour conséquence directe de pousser les jeunes dans les bras des groupes rebelles basés en Libye et déstabiliserait la région", met-il en garde.

"Pour restaurer leur crédibilité et leur légitimité, les autorités devraient changer d'approche. Plutôt que de chercher la confrontation avec la population et le comité d'autodéfense, elles pourraient montrer leur capacité à apporter des solutions aux problèmes locaux, y compris en matière de sécurité", propose le centre d'analyses géopolitiques.

Treize habitants d'un village ont été tués

Treize habitants d'un village ont été tués
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34 millions d'euros pour la lutte contre le sida

Graffitis sur un mur à Yaoundé, au Cameroun, expliquant comment un préservatif peut protéger les personnes contre le VIH/sida.

Le Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme a accordé un don sur deux ans de 34 millions d'euros au Tchad pour lutter principalement contre le VIH/sida, a annoncé la directrice Afrique centrale du Fonds, Tina Draser, à N'Djamena.

Cette subventions doit notamment permettre "d'accroître le nombre de personnes séropositives sous antirétroviraux (ARV)" et traiter davantage "de femmes enceintes séropositives afin de prévenir la transmission du VIH/SIDA à leurs nouveaux nés", a-t-elle indiqué mercredi lors d'une conférence de presse.

Au Tchad, pays de près de 12 millions d'habitants, 110.000 personnes vivent avec le virus et 5.800 autres sont infectées chaque année selon les dernières données de l'Onusida.

Seul 14% des enfants séropositifs âgés de moins de 14 ans sont sous traitement ARV.

Immense pays s'étendant de l'Afrique centrale à la bande sahélo-saharienne, le Tchad est l'un des pays les plus pauvres du monde.

Gervais Lakosso, coordonnateur du Groupe de travail de la société civile de Centrafrique

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