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République du Congo

Confinement sans électricité à Brazzaville, malgré la gratuité

Coupure d'électricité au quartier Moungali à Brazzaville, dans la soirée du 15 avril 2020. (VOA/Arsène Séverin)

Les autorités du Congo-Brazzaville ont décrété la gratuité de l'eau et de l'électricité en cette période de confinement. Mais la gratuité de l'électricité n'améliore pas le service et les populations se plaignent des coupures intempestives de courant dans leurs maisons.

Pour de nombreux Brazzavillois, la gratuité de l'eau et de l'électricité n'a rien d'un cadeau: les coupures intempestives du courant rendent insupportable le confinement décidé par les autorités.

"Nous vivons cette mesure de gratuité comme d'habitude avec des délestages imprévisibles et incessants, qui se sont d'ailleurs accentués en cette période", dénonce Mermans Babounga, secrétaire exécutif de l'Association des droits de consommateurs.

"Nous sommes en train de vivre une situation assez compliquée, avec une électricité qui vous est fournie presque un jour sur cinq. Et toutes les réserves de nourriture que nous faisons se décomposent", témoigne un habitant du quartier Mfilou à Brazzaville.

Pour un autre Brazzavillois, habitant au quartier de Mikalou, on ne peut pas être satisfait de la fourniture de l'électricité. "On sait qu'il y a toujours des problèmes, et combien de fois pendant cette période de confinement", s'interroge-t-il, dépité.

Saluant la mesure prise par le gouvernement, l'ancien ministre Alain Akouala nourrit quand même la crainte de rappel de factures, une fois la crise sanitaire passée.

"Est-ce que l'Etat aura les moyens de faire face à cette gratuite ? C'est une responsabilité souveraine. Il ne faut pas que ce soit simplement un report des factures que les populations devront payer plus tard", dit-il.

Il y a deux mois, le gouvernement avait mis en service à Pointe-Noire une troisième turbine à la centrale à gaz de Djeno pour un coût d'environ un milliard et demi de dollars. Brice Makossso, membre de la société, s'interroge sur l'impact d'un tel projet sur la vie des population.

"Nous faisons un constat que le gouvernement a suffisamment investi dans les infrastructures électriques, mais dans les deux principales villes, il n'y a toujours pas d'électricité", indique l'acteur de la société civile qui appelle à un audit des fonds investis dans ce projet intégré entre le Congo et la société pétrolière Eni.

Jean Adou Ndanga, directeur général de la société Energie électrique du Congo, justifie les délestages récurrents dans les villes congolaises. "Le délestage, oui! Mais cela veut dire quoi? Le poste est surchargé, on enlève quelques clients et on alimente d'autres, ainsi de suite. Les clients ne peuvent pas rester 24 heures dans l'obscurité, ce n'est pas possible. Le délestage c'est 8 heures, sinon il y a défaillance", affirme le directeur Adou Ndanga.

Avec 117 cas déclarés, 11 guéris et 5 décédés, le Congo-Brazzaville va poursuivre son confinement jusqu'en fin avril.

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Quatre policiers et trois civils écroués pour torture à Brazzaville

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Sept tortionnaires présumés écroués à Brazzaville

Une formation des policiers contre la torture, à Djambala dans les Plateaux, 1er décembre 2021.

Le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Brazzaville, André Ngakala Oko, a inculpé le 6 janvier sept personnes pour "association de malfaiteurs et coups et blessures volontaires". Ces personnes ont été identifiées comme tortionnaires des jeunes présumés bandits.

Il s’agit de quatre agents de police dont deux adjudants, responsables des commissariats de police à Djiri, un arrondissement de Brazzaville, et de trois civils.

A travers une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux et qui a choqué les Brazzavillois, ces présumés malfaiteurs ont torturé des jeunes délinquants appelés communément dits "Bébés Noirs" à l’aide de marteaux, sous le viaduc de Kintele, à Djiri.

Les témoins affirment qu’ils leur ont "brisé les os au niveau de genoux et des chevilles".

Le procureur de la République a ouvert une procédure en flagrance et a décidé d’écrouer les sept personnes à la maison d’arrêt de Brazzaville, attendant leur procès.

"Interrogés sur les faits qui leur sont reprochés, ils ont tous reconnu sans ambages ces faits. Au terme des dispositions de l’article 55 du code de procédure pénale, ces présumés auteurs sont tous poursuivis devant mon parquet selon la procédure de crime de flagrance", a-t-il expliqué.

"Un pas important"

Tout en saluant les efforts de la police, Trésor Nzila Kendet, directeur exécutif du Centre d’action pour le développement (CAD), appelle à la requalification des faits et à l’application stricte de la loi.

"L’arrestation de ces tortionnaires est un pas important vers la justice pour les victimes et les parents des victimes. Toutefois, les motifs retenus contre ces tortionnaires nous révoltent. C’est minimiser la gravité des faits. Nous espérons une requalification des faits. La justice est face à ses responsabilités", a plaidé Trésor Nzila Kendet, qui a invoqué l’application de la Convention des Nations Unies contre la torture et que le Congo a ratifiée.

Pour Georges Nguila, le directeur exécutif de l’Observatoire congolais des droits de l’Homme, OCDH, le mal est plus profond. La police brille régulièrement par ce genre de bavures. Il suggère une grande réflexion sur le comportement des policiers.

"Que la direction générale de la police, que le ministère de la Justice se réunissent et qu’ils essaient de voir ce qui ne va pas au niveau de la police. Ce n’est pas un fait isolé, mais c’est plutôt des cas à répétition", a fait constater le directeur exécutif de l’OCDH.

Récemment, le procureur de la République avait apporté son soutien à la population, alors que les ONG de défense des droits de l’Homme accusaient les policiers d’avoir maltraité des détenus en cellule. Six d’entre eux étaient d’ailleurs décédés au commissariat central de Brazzaville.

Dans la nuit du 22 au 23 juillet 2018, 13 jeunes appréhendés par la police avaient été retrouvés morts dans le commissariat de Chacona, à Brazzaville. Six policiers avaient été condamnés et la justice avait ordonné le dédommagement des familles des victimes.

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La tombe d'Emile Biayenda, l’unique cardinal issu du Congo, profanée à Brazzaville

La police à Brazzaville, le 21 mars 2021.

Le cardinal Emile Biayenda a été tué en 1977, quelques jours après l'assassinat du président Marien Ngouabi.

Des personnes non identifiées ont profané la tombe d'Emile Biayenda, unique cardinal issu du Congo, assassiné en 1977, annonce l’archevêché de Brazzaville dans un communiqué reçu dimanche par l’AFP.

"Dans la nuit du 23 au 24 décembre, il y a eu profanation de la tombe de notre vénéré pasteur, le cardinal Emile Biayenda", indique l'archevêché.

"Par miracle du Ciel et grâce au génie de nos anciens qui ont mis un dispositif sécuritaire assez solide sur la tombe, le corps du cardinal n’a été ni dérangé ni approché", selon ce communiqué signé de l’abbé Michel Bordan Bebert Kimbouani Tsoki, chancelier de l’archevêché de Brazzaville.

La tombe du cardinal se trouve dans l’enceinte de la cathédrale du Sacré-Cœur, dans le centre de Brazzaville.

Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent que la grille qui protège la tombe a été endommagée.

Une source religieuse, contactée par l’AFP, a indiqué que cette profanation était la troisième en 2021. "On ignore les motivations de ces personnes", a-t-elle ajouté sous le couvert de l'anonymat.

"La police judiciaire a été saisie et mène ses enquêtes comme il se doit en pareille circonstance", affirme l’archevêché dans son communiqué.

Le cardinal Emile Biayenda a été tué en 1977, à l'âge de 50 ans, quelques jours après l'assassinat du troisième président du Congo, Marien Ngouabi (1968-1977).

Les circonstances et les motifs de l'assassinat du cardinal n'ont jamais été élucidés et ses assassins jamais identifiés.

Aucun cardinal de nationalité congolaise n'a plus été nommé depuis.

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