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Guinée

Elle pave les rues de Conakry avec du plastique recyclé

Mariam Keita, directrice de 'Binedou Global Service', et deux de ses employées remplissent les moules, à Conakry, le 5 février 2019. (VOA/Zakaria Camara)

En Guinée, une femme a vu les déchets plastiques comme une opportunité pour créer son entreprise et recycler du plastique pour en faire des pavés.

A Conakry, les canaux d’évacuation des eaux de ruissellement sont bouchés par des ordures déversées par les habitants. La Guinée produit près de 500.000 tonnes de déchets plastiques par an. Des déchets abandonnés à l’air libre sans aucune politique de collecte, de transformation et de recyclage, selon des observateurs.

Des ordures un peu partout dans la capitale: il s'agit d'une opportunité d’affaires pour Mariam Mohamed Keita et ses employés que nous rencontrons dans les rues de la haute banlieue de Conakry.

Opérations d'aménagement et d'entretien des voiries
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Mme Keita, directrice de Binedou Global Service (BGS), confie à VOA Afrique que "cette étape consiste à faire la collecte des plastiques". "On a besoin de tous les plastiques; ensuite on les met dans les sacs et on les envoie dans notre atelier."

Une fois les sacs pleins, les "femmes plastiques", comme elles sont surnommées sur place, sont de retour à l’atelier. Le processus de fabrication commence par le tri des plastiques, puis il faut les peser avant de les mettre dans une cuve posée sur le feu de bois.

Vingt kilos de plastiques et dix kilos de sable sont mélangés pour obtenir une matière noire qui sera ensuite coulée dans des moules.

Mariam et l'une de ses employées mettent les plastiques dans la cuve, à Conakry, le 5 février 2019. (VOA/Zakaria Camara)
Mariam et l'une de ses employées mettent les plastiques dans la cuve, à Conakry, le 5 février 2019. (VOA/Zakaria Camara)



Chaque brique fabriquée est une réponse qu’apporte la directrice de Binedou Global Service aux nombreuses questions de voiries.

"Ma formation en esprit d’entreprise m’a permis de savoir qu’une frustration peut devenir une opportunité d’affaires", explique Mariam. "J’ai commencé à penser aux recyclages des déchets plastiques. Des déchets qui me frustrent dans le quartier. Après analyse, j’ai constaté que le recyclage des déchets plastiques peut répondre à plusieurs besoins".

Ibrahim Camara est l’un des deux hommes employés par Binedou Global Service. Pour lui, les pavés fabriqués par l'entreprise pourraient être un soulagement pour les habitants de Conakry.

Il est d'avis que "le souci de tout le monde, y compris le président de la République, c’est comment résoudre le problème des ordures. Ce que nous faisons est l’une des solutions à ce problème".

Mariam et ses employées ramassent les plastiques, à Conakry, le 5 février 2019. (VOA/Zakaria Camara)
Mariam et ses employées ramassent les plastiques, à Conakry, le 5 février 2019. (VOA/Zakaria Camara)



Neuf mois après sa création, l’entreprise BGS peine à produire en grande quantité. Elle n’a pu produire et vendre qu’un peu plus de cinq cent mètres carrés. Malgré tout, Mariam n’entend pas s’arrêter en si bon chemin.

"Les fumées nous fatiguent. Nous avons besoin de machines. La machine nous aiderait pour le mélange et le broyage", souligne-t-elle.

BGS emploie cinq personnes dont trois femmes. Même si l’objectif est économique avec un mètre carré de pavés vendu à cinquante mille francs guinéens, apporter une solution au problème de gestion des ordures dans la capitale est aussi une satisfaction pour la jeune entreprise.

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13 condamnations à perpétuité pour l'assassinat d'un prédicateur saoudien

Policiers à Conakry, en Guinée, le 22 mars 2018.

Un tribunal de l'est de la Guinée a condamné lundi à la prison à perpétuité 13 personnes, dont 12 par contumace, pour l'assassinat par balle d'un prédicateur saoudien en janvier 2018, a-t-on appris mardi de sources judiciaires.

L'assassinat de ce Saoudien, membre d'une mission de prédication et de construction de mosquées dans cette région frontalière du Mali et de la Côte d'Ivoire, avait été imputé à un groupe de chasseurs traditionnels. Au lendemain du meurtre, dans le village de Kantébalandougou, un chef des chasseurs locaux avait été assassiné à son tour à coups de poignard.

Parmi les 13 prévenus, un seul a comparu, les autres ayant pris la fuite, notamment vers la Côte d'Ivoire et d'autres pays voisins, selon une source proche du tribunal de Kankan.

"Seul Moussa Kanté, le cerveau de l'affaire, a comparu devant le tribunal, plaidant non coupable", a déclaré à l'AFP le juge, Kpoulomou Gbamon.

Tous reconnus "coupables d'assassinat et de tentative d'assassinat" -- sur un habitant qui accompagnait en moto le prédicateur et avait été grièvement blessé -- ils ont été condamnés à perpétuité avec une période de sûreté de 30 ans, selon la même source.

En outre, ils ont été condamnés au civil à payer un franc symbolique aux héritiers du défunt et 500 millions de francs guinéens (48.000 euros) au blessé, à titre de dommages et intérêts, a précisé le juge.

Le procureur, Aly Touré, qui avait requis le perpétuité contre l'ensemble des accusés, s'est félicité du verdict. Au nom du collectif des avocats de la défense, Me Moussa Kanté a annoncé qu'ils faisaient appel de cette décision.

Selon les premiers éléments de l'enquête, le Saoudien avait organisé un prêche "en compagnie de deux de ses compatriotes, prêche qui n'a pas été du goût d'une partie de la population locale, notamment des chasseurs traditionnels qui ont monté une embuscade contre lui", avait affirmé à l'époque une source de sécurité, sans pouvoir en préciser la teneur.

Les groupes wahhabites d'inspiration saoudienne, pratiquant un islam rigoriste, se développent en Afrique de l'Ouest, notamment depuis les années 1990 en Guinée, sous l'influence de jeunes formés dans les systèmes éducatifs arabes.

Le phénomène se traduit par la propagation du port du voile intégral, dans ce pays musulman à 85% avec un islam réputé tolérant.

Arrestation d'une quinzaine d'opposants en Guinée

Arrivée des opposants lors d'une manifestation à Conakry, en Guinée, le 22 mars 2018. (VOA/Zakaria Camara)

Quinze membres de l'opposition guinéenne, dont un chef de parti, qui manifestaient vendredi contre la reprise des travaux de l'Assemblée, ont été interpellés par la police, a constaté un correspondant de l'AFP.

L'opposition dénonce la prorogation en janvier par le président Alpha Condé du mandat des députés jusqu'à l'élection d'une nouvelle Assemblée, initialement prévue en septembre-octobre 2018, et reportée sine die.

Le chef du Bloc libéral (BL), Faya Millimouno, était venu manifester avec ses partisans devant le Palais du peuple, siège de l'Assemblée nationale, pour empêcher les députés "périmés", selon lui, de siéger pour la première session parlementaire depuis cette prorogation.

"J'invite les Guinéens à se mobiliser en masse pour les chasser, pour les empêcher de siéger alors qu'ils n'ont plus aucune légitimité", a déclaré M. Millimouno.

Il a été interpellé avec une quinzaine de ses camarades, conduits avec lui à la Direction de la police judiciaire où ils étaient encore détenus en début d'après-midi.

Cette session s'est ouverte entourée d'un important dispositif de sécurité, avec le déploiement de dizaines de véhicules de gendarmerie et de police.

Les manifestants portaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire: "Siéger au Parlement, c'est cautionner le despotisme et violer la souveraineté du peuple" ou encore "5 ans, c'est 5 ans, alors dégagez, vive les élections législatives, à bas les députés illégitimes".

Les principaux partis d'opposition et des associations de la société civile et des syndicats ont annoncé mercredi la création d'une coalition pour empêcher M. Condé de briguer un troisième mandat en 2020, le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC).

M. Condé, 81 ans, n'a jusqu'à présent pas annoncé de modification de la Constitution afin de pouvoir se représenter en 2020, au terme de selon deuxième mandat, mais plusieurs de ses déclarations récentes ont été interprétées en ce sens.

Ancien opposant historique et premier président démocratiquement élu de cette ex-colonie française d'Afrique de l'Ouest régie jusqu'alors par des pouvoirs autoritaires, Alpha Condé a souvent contesté la pertinence de la limitation du nombre de mandats sur le continent.

"Personne en Guinée ne m'empêchera d'aller devant le peuple pour lui demander ce qu'il veut et faire la volonté du peuple", a-t-il déclaré le 24 mars devant les militants de son parti, sans autre précision.

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