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Guinée

De 10 ans de prison à la perpétuité pour l'assassinat de la directrice du Trésor

La cour constitutionnelle de Guinée Kelefa Sall, le 31 octobre 2015.

Un tribunal de Conakry a condamné lundi dix-neuf personnes à des peines allant de dix ans de prison à la perpétuité, pour leur implication dans l'assassinat en novembre 2012 de la directrice nationale du Trésor public, Aïssatou Boiro.

Les 19 prévenus étaient poursuivis pour association de malfaiteurs, détention d'armes de guerre, consommation de drogue, vols à mains armée, complicité d'assassinat et assassinat.

Sept d'entre eux, dont Mohamed Sankon, désigné par l'accusation comme l'assassin, ont été condamnés à la perpétuité avec une période de sûreté de 30 ans, a déclaré le président du tribunal, Ibrahima Kalil Diakité, siégeant à Dixinn, un quartier de Conakry. Dix accusés ont été condamnés à 20 ans de prison et deux autres à dix ans.

Le parquet avait requis le 31 décembre 2018 des peines allant de dix ans de prison à la perpétuité.

La Cour a lancé un mandat d'arrêt contre six accusés en fuite. Un prévenu est mort en prison.

Un avocat des parties civiles, Lanciné Sylla, a salué la décision. "Nous pensons qu'avec cette peine dissuasive la criminalité va reculer dans notre pays", a-t-il déclaré, se disant certain "que les criminels sont enfin connus et qu'ils sont hors d'état de nuire".

Les avocats de la défense ont annoncé qu'ils allaient faire appel, notamment celui de l'un des principaux prévenus, Mohamed Diallo, dit "Junior", un des sept condamnés à perpétuité.

"Je ne suis pas surpris, mais je suis animé d'un sentiment d'injustice", a déclaré cet avocat, Jean-Baptiste Jocamey, dénonçant un "acharnement" contre son client. "Aucun élément de preuve matérielle, on condamne Junior, on cherchait un coupable alors qu'il fallait chercher le ou les coupables", a affirmé Me Jocamey.

Aïssatou Boiro a été tuée le 9 novembre 2012 dans son véhicule, dans un quartier résidentiel de Conakry par des inconnus - dont l'un portait l'uniforme de l'armée.

Saluée pour sa probité et son courage, la directrice du Trésor avait été à l'origine du démantèlement d'un réseau ayant tenté en mai 2012 de détourner plus d'1,5 million d'euros de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), impliquant plusieurs cadres de la banque, du Trésor et du ministère des Finances.

Le procès s'est ouvert il y a plus d'un an mais a été suspendu à plusieurs reprises avant de véritablement débuter en novembre 2018.

La Guinée est classée 138e sur 180 pays en 2018 (une progression de 10 places par rapport à 2017), selon l'Indice de perception de la corruption publié en janvier par Transparency International.

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Le code civil donne la priorité à la monogamie en Guinée

Le Parlement de Guinée a modifié le code civil pour faire de la monogamie le régime général du mariage, sauf en cas "d'accord explicite" de la première épouse, prenant le contre-pied d'un texte voté fin 2018 légalisant la polygamie mais qu'avait rejeté le président Alpha Condé.

Voté jeudi en séance plénière, le nouveau texte faisait samedi l'objet de critiques dans les médias guinéens, surtout de la part des hommes, tant la polygamie fait partie des pratiques courantes, y compris au sein de la classe dirigeante, dans ce pays d'Afrique de l'Ouest très majoritairement musulman.

De très nombreux hommes y ont plusieurs femmes, mais les deuxièmes, troisièmes ou quatrièmes épouses, avec qui ils s'unissent lors de mariages religieux ou traditionnels, ne jouissent pas des mêmes droits que les femmes épousées en premier lors de mariages civils, notamment en matière d'autorité parentale ou de succession.

En décembre, les députés, dont plusieurs sont polygames, avaient largement adopté un nouvel code civil, dont l'article 281 affirmait que "le mariage peut être conclu soit sous le régime de la monogamie, soit sous le régime de la polygamie limitée à quatre femmes".

Le texte disait aussi que "faute pour l'homme de souscrire à l'une des options", "le mariage est présumé être placé sous le régime de la polygamie", laissant donc le dernier mot à l'époux.

Mais le président Alpha Condé n'avait "pas apprécié" le vote de cette loi, selon ses services, et renvoyé le texte au parlement.

En seconde lecture, 71 des 73 députés présents ont voté en faveur d'une nouvelle version de l'article 281, qui affirme à présent que "le mariage est soumis au régime de la monogamie pour tous les citoyens guinéens".

Toutefois, "le futur mari peut, au moment de la célébration du mariage, en présence de sa future épouse et avec l'accord explicite de celle-ci, déclarer qu'il opte pour la polygamie limitée à deux, trois ou quatre femmes au maximum", selon un texte qui fait écho à la situation au Sénégal voisin. A défaut, "le mariage est placé de manière irrévocable sous le régime de la monogamie".

"Les discriminations au détriment des femmes ont été corrigées. Le principe de la monogamie est consacré comme par le passé et la polygamie est devenue une exception", a déclaré la députée Traoré Zalikatou Diallo, se disant "vraiment émue".

"Les lois qui sont prises aujourd'hui, c'est pour faire plaisir aux Occidentaux sans tenir compte de nos coutumes et de nos meurs", a au contraire fustigé Aboubacar Soumah, l'un des deux députés à avoir voté contre.

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Affrontements entre syndicalistes le 1er mai

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Plusieurs personnes blessées à Conakry dans des affrontements

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Heurts entre partisans et opposants à un 3e mandat de Condé

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