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Guinée

Reprise des cours après trois mois de grève des enseignants guinéens

Des policiers anti-émeutes patrouillent dans une rue de Conakry après une manifestation, le 7 mai 2015.

Les cours ont repris lundi dans les écoles primaires et secondaires en Guinée, quatre jours après la signature d'un accord mettant fin à plus de trois mois de grève dans le secteur de l'éducation liée à des revendications salariale.

Le mouvement, lancé à la rentrée d'octobre, avait été suivi dans de nombreux établissements, avant de connaître un certain essoufflement depuis le début de l'année.

Au lycée de Donka, l'un des plus grands de la capitale Conakry, élèves et enseignants se bousculaient à l'heure de la cloche devant le grand portail et dans les escaliers, sourire aux lèvres.

"Monsieur, il y a longtemps qu'on ne s'est pas vu, ça a été ?", demandait à un professeur un élève, l'air goguenard.

"Vous avez vu comment ces enfants-là sont indisciplinés? Ils veulent savoir si notre grève a été concluante", a expliqué ce professeur, Ismaël Diakité, après avoir lancé un sonore "Rentrez en classe!" à ses élèves.

Au Lycée de Kipé, qui compte plus de 1.500 inscrits, "c'est le moment des évaluations sur le peu de matières enseignées et les leçons vues" depuis octobre, explique le directeur des études, Simithy Bah.

Le ministre de l'Education nationale, Mory Sangaré, "a vraiment retrouvé le sourire ce matin" en observant depuis son bureau les élèves du lycée du 2-Octobre, établissement réputé ayant formé de nombreux cadres guinéens situé sous ses fenêtres, a expliqué un membre de son entourage.

A l'origine du mouvement, le puissant Syndicat des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG) accusait le gouvernement de n'avoir pas respecté l'accord qui avait mis fin en mars à une précédente grève de plus d'un mois.

Cet accord prévoyait l'application d'une augmentation des salaires de 40% décidée en 2017 et l'ouverture de négociations "sur un salaire de base de tous les enseignants de huit millions de francs guinéens" (762 euros).

Le gouvernement affirmait de son côté que la masse salariale dans l'Education avait plus que triplé depuis 2011, en raison de la revalorisation du salaire de base et de l'embauche de nouveaux enseignants.

Parmi les principaux points négociés figurent le déblocage des salaires des enseignants gelés pendant les trois mois de grève, l'absence de poursuites contre les grévistes et la mise en place à partir du 21 janvier d'une commission mixte gouvernement-syndicats chargée de réviser la liste des fonctionnaires de l'Education.

Les économies réalisées à l'issue de cette opération doivent permettre l'augmentation des salaires, sans augmentation de la masse salariale.

Les enseignants feront également partie, avec les médecins et les magistrats, des bénéficiaires prioritaires du programme de logements sociaux du gouvernement.

"Ils nous parlent de logements sociaux alors qu'ils savent que ce projet ne verra pas beaucoup d'entre nous en vie", estime un enseignant, Bangaly Camara, "personnellement déçu du gouvernement guinéen".

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Trois civils tués dans de nouveaux affrontements

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Guinée: trois civils tués dans de nouveaux affrontements

Des policiers et des manifestants lors d'une manifestation à Conakry, en Guinée, le 22 mars 2018. (VOA/Zakaria Camara)

Trois civils ont été tués jeudi au cours d'affrontements entre habitants et forces de sécurité à Labé (centre), l'un des foyers de la protestation en cours depuis trois mois en Guinée, a indiqué le maire de la ville.

Le collectif qui mène le mouvement n'avait pas appelé à la mobilisation jeudi. Mais les tensions sont demeurées fortes à Labé, livrée aux affrontements selon son maire.

"La ville est en ébullition depuis ce matin, les populations se sont révoltées", a déclaré Mamadou Aliou Laly Diallo, joint au téléphone par l'AFP.

"Il y a deux morts par balle", a-t-il ajouté, estimant le nombre des blessés à au moins une dizaine et imputant les tirs aux forces de sécurité. Aucun commentaire n'a été obtenu de ces dernières.

Une troisième personne a ensuite été tuée par balle, selon la même source. Les forces de l'ordre ont tiré sur une ambulance et tué son conducteur qui partait dans une mosquée de Labé pour transporter le corps d'une des deux précédentes victimes, a précisé le maire Diallo.

Les organisations de défense des droits humains dénoncent un usage excessif de la force de leur part et une impunité quasiment totale.

La personne d'Alpha Condé est au coeur de l'agitation. Opposant historique qui connut l'exil et la prison, il a été le premier président démocratiquement élu en 2010, réélu en 2015. Son avènement a marqué l'instauration d'un gouvernement civil après des décennies de régimes autoritaires et militaires.

Mais, depuis mi-octobre, un collectif de partis d'opposition, de syndicats et de membres de la société civile a fait descendre à plusieurs reprises des dizaines ou des centaines de milliers de personnes dans la rue.

Il réclame que M. Condé renonce au projet qu'elle lui attribue de se représenter fin 2020 alors que la Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

M. Condé, 81 ans, se garde depuis des mois de se prononcer clairement.

L'opposition proclame que le mouvement est pacifique. Mais il a donné lieu à des heurts à plusieurs reprises. Les tensions sont montées d'un cran mi-janvier avec l'appel du collectif à une mobilisation "illimitée".

Les protestataires ont depuis attaqué des gendarmeries, des postes de police et des bâtiments publics. Des scènes de saccage ont été rapportées, et des officiels évacués pour échapper aux violences.

La situation est suivie attentivement par la communauté internationale, inquiète de l'évolution tant la Guinée est coutumière des protestations et des répressions violentes.

Ce petit pays de 13 millions d'habitants, pauvre malgré d'importantes ressources minières, est en proie depuis mi-octobre à une vive contestation contre le projet prêté au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat fin 2020. Avant jeudi, au moins 23 civils et un gendarme avaient trouvé la mort dans les violences.

Procès du massacre de Conakry: la CPI presse la Guinée d'accélérer le mouvement

Le capitaine Moussa Dadis Camara, chef de la junte au pouvoir, le 2 octobre 2009 à Conakry. CRÉDITS : REUTERS

La Cour pénale internationale a salué jeudi le début des travaux du tribunal censé juger les auteurs présumés du massacre de 2009 à Conakry, et pressé la Guinée d'accélérer le mouvement pour que ce procès tant attendu ait bien lieu en juin.

Le 28 septembre 2009, des militaires avaient tué au moins 157 personnes et violé 109 femmes dans le stade de Conakry où étaient rassemblés des milliers d'opposants à la candidature à la présidentielle du chef de la junte de l'époque, Moussa Dadis Camara, selon une commission internationale d'enquête de l'ONU.

L'instruction judiciaire est close depuis fin 2017. Treize militaires et un civil sont inculpés, selon un avocat des victimes, Me Alpha Amadou Bah. Mais plus de dix ans après, le procès se fait toujours attendre au grand dam des proches et des défenseurs des droits humains.

Le gouvernement guinéen se dit résolu à juger les responsables. Il a jusqu'alors invoqué les procédures en cours et les arrangements matériels nécessaires à la tenue du procès. Mais il a posé le 13 janvier la première pierre de la future salle d'audience à Conakry.

Le ministre de la Justice, Mohamed Lamine Fofana, avait indiqué en octobre à des représentants de la Cour pénale internationale que le procès "devrait s'ouvrir au plus tard en juin 2020", avait rapporté la CPI. Il a redit cette semaine, devant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU qui examinait la situation en Guinée, que le procès était "estimé pour se tenir en juin", selon le texte de son intervention.

Dans un communiqué, la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, rappelle que le massacre de 2009 est au cœur de l'examen préliminaire mené par ses services sur la situation en Guinée.

Elle qualifie de "pas important" la pose de la première pierre de la salle d'audience. Mais l'échéance de juin "approchant rapidement, il est crucial que les autorités locales et toutes les autres parties prenantes mènent promptement les préparatifs nécessaires restants et accélèrent les efforts pour que le procès commence dans les délais impartis", dit-elle.

"La Guinée peut et doit faire la démonstration de sa volonté et de sa capacité à mener à bien les efforts pour que les horribles évènements de septembre 2009 ne restent pas impunis", dit-elle.

L'ONG Human Rights Watch a elle aussi salué dans un communiqué la pose de cette première pierre. Mais la tenue du procès pourrait rencontrer de "nouveaux obstacles", dit-elle en invoquant l'intense contestation en cours en Guinée contre le projet prêté au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat, et la répression à laquelle elle donne lieu.

"Par le passé, des épisodes d'instabilité politique ont significativement ralenti l'enquête" sur le massacre, souligne-t-elle.

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