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Au Tchad, il est difficile d’avoir accès aux réseaux sociaux comme Facebook, WhatsApp, ou Twitter notamment. Les internautes avertis téléchargent une autre application sur leurs téléphones pour pouvoir contourner cette censure qui ne dit pas son nom.

Pour les Tchadiens interrogés dans les rues de N’Djamena, cette privation de réseaux sociaux ressemble à une entrave à la liberté d’opinion et d’expression.

Aujourd’hui, nombre d’internautes tchadiens ont du mal à communiquer avec l’extérieur via internet non seulement à cause du coût très élevé, mais surtout à cause de ces restrictions du réseau.

"On a besoin de se connecter, on besoin d’avoir des informations, on a besoin d’envoyer des mails un peu partout et subitement on nous surprend avec une interruption sans explication. C’est vraiment difficile à comprendre. Pour moi, c’est une censure et on a besoin que le gouvernement nous explique", se lamente un internaute que VOA Afrique a approché dans la capitale tchadienne.

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"J’arrive à recevoir mes mails, j’arrive à consulter certains site. Mais pour Facebook et WhatsApp, je suis obligé de passer par des applications VPN et ça prend beaucoup d’unité. Malheureusement, je ne sais pas pourquoi Facebook et WhatsApp dérange ?" s’interroge-t-il.

Une situation qui impacte aussi négativement le travail des journalistes, surtout les responsables des journaux en ligne.

"Nous n’arrivons pas à assurer la mise à jour du site. Et nous avons aussi l’habitude de partager nos informations sur Facebook et Twitter. Malheureusement nos lecteurs ne parviennent pas à y accéder et cela constitue déjà un manque à gagner pour nous. Parce qu’à la fin de chaque mois, Google à l’habitude de rémunérer par rapport au nombre des lecteurs qui ont eu à visité notre site. Et je serais obligé d’utiliser le réseau du Cameroun pour assurer la publication régulière", se plaint Djimet Wiché, directeur de publication de "Alwida info".

Le directeur de publication du site du journal Le Pays le confirme également : le nombre de visiteurs a baissé. Madjiasra Nako demande aux opérateurs de téléphonie mobile de ne pas inscrire leurs noms sur la page sombre de l’histoire.

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"Pour un site web comme le journal Le Pays, nous sommes autour de 100.000 vues par semaine, mais là sur les deux dernières semaines ça a dégringolé. Et c’est une situation qui est dommageable parce que c’est le trafic sur le site internet qui incite les annonceurs à venir faire les publicités chez nous. Entre respecter sa clientèle et respecter un état, il faut bien qu’ils sachent se mettre du bon côté de l’histoire. Sinon, un jour sur la terre on leur rappellera qu’Airtel ou Tigo ont été complices d’une dictature, " affirme sans sourciller M. Nako.

Le secrétaire chargé de droit et intérêt économique de l’Association pour la défense des droits des consommateurs, Yaya Sidjim, parle d’un manque de respect et de considération en vers les consommateurs.

"En principe quelles que soient les causes qui ont conduit à cette mesure d’interdiction d’accès aux réseaux sociaux, on doit au moins tenir informer les consommateurs. Si c'est une panne technique, qu’on nous les dise. Ça se passe ailleurs et on communique avec les consommateurs. Ce n’est pas normal ce qui se passe au Tchad. Aujourd’hui, les TIC font partie intégrante de notre vie et donc on ne peut nous priver de ça", soutient M. Sidjim pour sa part.

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Ni le gouvernement, ni les opérateurs de téléphonies mobiles, moins encore l’autorité de régulation n'ont souhaité se prononcer sur cette question.

André Kodmadjingar - VOA Afrique à N'Djamena

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