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Le gouvernement évoque la "sécurité" pour justifier les interdictions de certaines manifestations au Tchad

Le président tchadien, Idriss Deby, à Paris, le 28 août 2017.

Des questions de "sécurité" justifient les interdictions de certaines manifestations de la société civile au Tchad, a affirmé le ministre tchadien de la Sécurité publique, Ahmat Bachir.

"Mon souci premier c'est la sécurité. C'est moi qui jauge le degré de la sécurité", a déclaré le ministre joint par téléphone par l'AFP.

"Quand ils (les manifestants) se trouvent pour marcher, ils ne savent même pas qui est dans leur milieu, des badauds, des terroristes, des voyous peuvent être dans la marche", a ajouté M. Bachir.

Récemment, un regroupement de représentants la société civile tchadienne avait décidé de ne plus accepter les "interdictions systématiques" de "marche pacifique" et promis d'organiser prochainement une "manifestation citoyenne".

"Nous avons décidé de ne plus accepter les interdictions systématiques de nos préavis de marche pacifique", avait déclaré mercredi Mahamat Nour Ibedou, secrétaire général de la Convention tchadienne de défense des droits de l'homme (CTDDH).

Selon le ministre, certains membres de la société civile "déposent la demande (de manifester) un jour avant, et pas cinq jours avant comme l'exige la loi".

"Nous avons des procédures par rapport aux manifestations. Il y a beaucoup de paramètres qui nous obligent par moments à interdire les manifestations", a assuré Ahmat Bachir.

"Il y a plusieurs manières de manifester et de passer son message au gouvernement", a-t-il également souligné: "opter pour la rue est un mutisme aveugle. Si les conditions de sécurité ne sont pas remplies ça ne marche pas".

Les membres de la coalition des Organisations de la société civile (OSC) envisagent d'organiser dans un bref délai une manifestation citoyenne contre les mesures anti-sociales prise par le gouvernement pour juguler la crise économique.

Dans un rapport sorti mi-septembre, Amnesty international avait dénoncé l'accentuation de la répression au Tchad, dénombrant 65 associations interdites de manifester en deux ans et plus de 10 sites internet bloqués en 2016.

Le Tchad, ex-colonie française dirigé depuis 1990 par Idriss Déby Itno arrivé au pouvoir avec l'appui de la France, a connu plusieurs guerres civiles et coups d'Etats depuis son indépendance en 1960 ainsi qu'un attentat de la secte islamiste Boko Haram en plein coeur de la capitale en 2015.

Aujourd'hui, N'Djamena s'inquiète des rébellions qui s'agitent à nouveau aux frontières du Tchad où, depuis plusieurs mois, des groupes politico-militaires au sud de la Libye et à l'ouest du Soudan tentent de se fédérer pour renverser le président Idriss Déby Itno.

Avec AFP

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Le sortant Azali grandissime favori de la présidentielle aux Comores

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président du petit archipel des Comores Azali Assoumani sollicite dimanche son maintien à la tête du pays dans un scrutin lourd de tensions avec l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire et redoute un "hold-up électoral".

Au pouvoir depuis 2016, M. Azali, 60 ans, fait figure de grandissime favori au terme d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat.

Sûr de sa force, le chef de l'Etat sortant a rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes dans la capitale Moroni autour du slogan "un seul jour, un seul tour, un seul homme". "Nous gagnerons cette élection dès le 24 mars", a-t-il assuré à ses partisans.

"Il a une vision pour le pays, lui seul est capable d'offrir un avenir meilleur à tous", s'est enthousiasmée une de ses fidèles, Fatoumia Alibazi, chapeau bleu à larges bords aux couleurs de son champion sur la tête.

La machine Azali s'est mise en marche avec la réforme constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

Très controversée, elle a étendu d'un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée successivement à chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Ce système a donné un coup de canif au fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

- 'Mascarade' -

L'opposition a hurlé au loup mais rien n'y a fait. Au contraire. M. Azali a riposté à la contestation en embastillant nombre de ses détracteurs, à commencer par son ennemi de toujours, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, accusé de corruption.

Sur sa lancée, l'ex-putschiste, élu en 2016, a remis son quinquennat en jeu dès cette année. En cas de succès, il pourrait garder les rênes du pays jusqu'en 2029.

L'opposition espère bien l'en empêcher. Mais, prise de cours par l'accélération du calendrier politique, elle s'est lancée dans la bataille en ordre dispersé. Et la Cour suprême l'a encore fragilisée en écartant quelques-uns de ses champions de la route du président.

Patron de l'Union de l'opposition, l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi a été interdit de scrutin. Assigné à résidence, il ne décolère pas.

"Cette élection est une grosse mascarade", se lamente-t-il. "Le scénario est écrit d'avance: le 24 mars au soir, il y aura une déclaration de victoire (d'Azali Assoumani) au premier tour, c'est un passage en force."

C'est l'antienne reprise par tous les adversaires du président. "Tout le monde est contre lui, si le scrutin est transparent, il ne peut pas gagner", assure lui aussi le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada, 48 ans. "Azali n'a d'autre choix que de voler les élections".

Plus que la crainte de fraudes, les partisans de l'opposition reprochent au pouvoir sortant la pauvreté persistante de la population et le train de vie des dirigeants du pays.

- 'Plus que Macron' -

"Tu ne peux pas m'expliquer que je vais avoir une vie sans électricité, sans eau. C'est pas possible", se lamente Mahmoud Mze, chômeur de 48 ans. "Et lui (M. Azali), il gagne 34.000 euros par mois, plus que (le président français Emmanuel) Macron. Ca ne va pas !"

Privée par la réforme de présidence tournante en 2021, l'île d'Anjouan, la plus pauvre de l'archipel, bouillonne.

En octobre, des civils armés hostiles au président ont fait le coup de feu avec l'armée pendant six jours à Mutsamudu, la capitale de l'île, avant de s'évaporer mystérieusement dans la nature.

En campagne à Anjouan, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard" pour ses origines rurales, a mis en garde contre les risques d'un passage en force du président.

"Le peuple va s'exprimer par une révolution dans les urnes", prédit l'ancien officier, aussi raide que le sortant est bonhomme. Mais "si jamais le président tente de faire autrement, on risque une révolution populaire".

La menace fait sourire le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, qui promet "la transparence totale".

"Il y a trop de mensonges de l'opposition, notre pays n'est pas une dictature", déclare le secrétaire général de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf.

Plus de 800 observateurs de la société civile comorienne, financés par l'Union européenne (UE), sont annoncés dans les 731 bureaux de vote du pays pour garantir la régularité du scrutin. Les premiers résultats sont attendus lundi.

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