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Abandon des poursuites contre un journaliste et un militant des droits de l'homme au Tchad


Alain Kemba Didah, porte-parole du mouvement citoyen tchadien Iyina.

Les poursuites judiciaires au Tchad contre le directeur de publication d'un journal arrêté jeudi, et le militant d'un mouvement citoyen arrêté le 19 février, ont été abandonnées lundi par le procureur de la République, selon leurs avocats.

Alain Kemba Didah, membre du mouvement citoyen Iyina (On est fatigués), "a été libéré pour infraction non constituée", a déclaré à l'AFP l'un de ses avocats, Me Kindjaou Gai.

M. Didah avait été arrêté lundi à N'Djamena alors qu'il s'apprêtait à brûler un tas de pneus avec une bouteille d'essence, selon le porte-parole de la police, Paul Manga. Vendredi, il avait été libéré provisoirement pour raisons de santé.

"Il a subi des tortures, il a les pieds enflés", avait affirmé à l'AFP un autre de ses avocats.

>> Lire aussi : Un militant de la société civile remis trois jours en liberté au Tchad

Concernant Martin Inoua Doulguet, directeur de publication du journal Salam Info, le procureur "a jugé les poursuites inopportunes", selon son avocat Me Midaye Guerimdaye.

M. Inoua Doulguet avait été arrêté jeudi, deux jours après la création de son journal. Il lui était reproché d'avoir lancé Salam info à N'Djamena alors que l'autorisation de parution avait été délivrée à Bongor, dans le sud du Tchad, selon le porte-parole de la police.

Au Tchad, "le système judiciaire est instrumentalisé pour +légaliser+ les arrestations arbitraires", selon Balkissa Idé Siddo, chercheuse à Amnesty International pour l'Afrique centrale.

Les personnes arrêtées sont détenues "au delà des délais de garde à vue prévus par le code de procédure pénal tchadien", et sont "introduits dans le système judiciaire pour légaliser l'arrestation, pour être libérés quelques jours plus tard", selon Mme Idé Siddo.

>> Lire aussi : Arrestation d'un militant de la société civile au Tchad

"Ce mécanisme sert de moyen de punition mais aussi de dissuasion", estime-t-elle. Elle s'est félicitée de la libération de MM. Didah et Doulguet, en notant qu'ils "n'auraient jamais du être arrêtés".

Dans un rapport publié mi-septembre, Amnesty international avait dénoncé l'augmentation de la répression au Tchad, dénombrant 65 associations interdites de manifester en deux ans et plus de 10 sites internet bloqués en 2016.

Avec AFP

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