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Arrestation d'un militant de la société civile au Tchad

Les policiers arrêtent un manifestant dans une rue de N'Djamena, Tchad, 10 février 2017. (VOA/ André Kodmadjingar)

Un militant et porte-parole du mouvement citoyen tchadien "Iyina", qui appelle à manifester depuis fin janvier contre la mal-gouvernance, a été arrêté lundi à N'Djamena alors qu'il s'apprêtait à brûler un tas de pneus.

Alain Kemba Didah "avait une bouteille d'essence à la main, il s'apprêtait à brûler un tas de pneus. Au moment de passer à l'acte, un commandant de police qui passait l'a surpris", lundi aux alentours de cinq heures du matin, a déclaré à l'AFP le porte-parole de la police, Paul Manga.

"Il a voulu fuir à bord d'un moto-taxi, mais (le chauffeur et lui) ont été arrêtés", a continué M. Manga, indiquant que les deux hommes sont détenus au commissariat central.

M. Kemba Didah est un porte-parole du mouvement citoyen "Iyina", "on est fatigués" en arabe tchadien. Il fait partie des porte-voix des organisations de la société civile qui appellent à manifester depuis fin janvier au Tchad, contre l'austérité et la mal-gouvernance.

"Les raisons évoquées par les forces de sécurité pour justifier son arrestation sont tout simplement insuffisantes. Alain Didah doit être libéré immédiatement ou inculpé pour des charges reconnues par le droit international", a réagi à l'AFP Balkissa Idé Siddo, chercheuse Afrique centrale à l'ONG Amnesty International.

"Au Tchad, les activistes et défenseurs des droits humains font face à une répression croissante depuis 2015. Les autorités doivent mettre fin aux arrestations arbitraires, au harcèlement et aux menaces", a continué Mme. Idé Siddo.

En avril 2017, deux membres d'Iyina aujourd'hui en exil avaient été arrêtés, torturés et détenus au secret sans charge puis inculpés de "trouble à l'ordre public et incitation à la révolte".

Ils avaient invité la population à exprimer son mécontentement face à la situation politique et économique lors d'une "journée Iyina" le 10 avril, un an après la présidentielle ayant abouti à la réélection du président Déby.

Avec AFP

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Le sortant Azali grandissime favori de la présidentielle aux Comores

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président du petit archipel des Comores Azali Assoumani sollicite dimanche son maintien à la tête du pays dans un scrutin lourd de tensions avec l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire et redoute un "hold-up électoral".

Au pouvoir depuis 2016, M. Azali, 60 ans, fait figure de grandissime favori au terme d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat.

Sûr de sa force, le chef de l'Etat sortant a rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes dans la capitale Moroni autour du slogan "un seul jour, un seul tour, un seul homme". "Nous gagnerons cette élection dès le 24 mars", a-t-il assuré à ses partisans.

"Il a une vision pour le pays, lui seul est capable d'offrir un avenir meilleur à tous", s'est enthousiasmée une de ses fidèles, Fatoumia Alibazi, chapeau bleu à larges bords aux couleurs de son champion sur la tête.

La machine Azali s'est mise en marche avec la réforme constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

Très controversée, elle a étendu d'un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée successivement à chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Ce système a donné un coup de canif au fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

- 'Mascarade' -

L'opposition a hurlé au loup mais rien n'y a fait. Au contraire. M. Azali a riposté à la contestation en embastillant nombre de ses détracteurs, à commencer par son ennemi de toujours, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, accusé de corruption.

Sur sa lancée, l'ex-putschiste, élu en 2016, a remis son quinquennat en jeu dès cette année. En cas de succès, il pourrait garder les rênes du pays jusqu'en 2029.

L'opposition espère bien l'en empêcher. Mais, prise de cours par l'accélération du calendrier politique, elle s'est lancée dans la bataille en ordre dispersé. Et la Cour suprême l'a encore fragilisée en écartant quelques-uns de ses champions de la route du président.

Patron de l'Union de l'opposition, l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi a été interdit de scrutin. Assigné à résidence, il ne décolère pas.

"Cette élection est une grosse mascarade", se lamente-t-il. "Le scénario est écrit d'avance: le 24 mars au soir, il y aura une déclaration de victoire (d'Azali Assoumani) au premier tour, c'est un passage en force."

C'est l'antienne reprise par tous les adversaires du président. "Tout le monde est contre lui, si le scrutin est transparent, il ne peut pas gagner", assure lui aussi le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada, 48 ans. "Azali n'a d'autre choix que de voler les élections".

Plus que la crainte de fraudes, les partisans de l'opposition reprochent au pouvoir sortant la pauvreté persistante de la population et le train de vie des dirigeants du pays.

- 'Plus que Macron' -

"Tu ne peux pas m'expliquer que je vais avoir une vie sans électricité, sans eau. C'est pas possible", se lamente Mahmoud Mze, chômeur de 48 ans. "Et lui (M. Azali), il gagne 34.000 euros par mois, plus que (le président français Emmanuel) Macron. Ca ne va pas !"

Privée par la réforme de présidence tournante en 2021, l'île d'Anjouan, la plus pauvre de l'archipel, bouillonne.

En octobre, des civils armés hostiles au président ont fait le coup de feu avec l'armée pendant six jours à Mutsamudu, la capitale de l'île, avant de s'évaporer mystérieusement dans la nature.

En campagne à Anjouan, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard" pour ses origines rurales, a mis en garde contre les risques d'un passage en force du président.

"Le peuple va s'exprimer par une révolution dans les urnes", prédit l'ancien officier, aussi raide que le sortant est bonhomme. Mais "si jamais le président tente de faire autrement, on risque une révolution populaire".

La menace fait sourire le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, qui promet "la transparence totale".

"Il y a trop de mensonges de l'opposition, notre pays n'est pas une dictature", déclare le secrétaire général de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf.

Plus de 800 observateurs de la société civile comorienne, financés par l'Union européenne (UE), sont annoncés dans les 731 bureaux de vote du pays pour garantir la régularité du scrutin. Les premiers résultats sont attendus lundi.

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