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Faible mobilisation à N'Djamena pour une "journée de colère"


N'Djamena, le 13 décembre 2017. (VOA/André Kodmadjingar).

Quelques dizaines de personnes à peine se sont réunies avant de se disperser en plusieurs endroits de N'Djamena où la société civile tchadienne organisait une marche, interdite par les autorités, contre l'austérité et la mauvaise gouvernance.

Douze des manifestants ont été interpellés, selon la police. Une vingtaine de personnes, dont le leader de la société civile Mahamat Nour Ibedou, se sont rassemblées jeudi en début de matinée dans le centre de la capitale tchadienne pour cette "journée de la colère". Avec banderoles et entonnant l'hymne national, ils ont entamé une marche avant de se disperser.

Les manifestations avaient été interdites mercredi par le gouvernement pour des raisons de "sécurité" et une forte présence policière était visible jeudi sur la plupart des ronds-points de la ville tandis que la police patrouillait sur certaines grandes artères.

Mahamat Nour Ibedou joint par Nathalie Barge
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Pour Mahamat Nour Ibedou, joint par VOA Afrique, la faible mobilisation s'explique par la forte présence policière et les menaces du ministre de la sécurité. Mais plusieurs leaders de la société civile étaient mobilisés, notamment des représentants de Iyina et de Jeunesse en Marche, a-t-il précisé.

>> Lire aussi : Dix partis d'opposition suspendus pour "troubles à l'ordre public" au Tchad

Un autre rassemblement de moins de dix personnes a eu lieu devant une poste du sud de N'Djamena, scandant des slogans contre le président Idriss Déby.

Ces chiffres ont été confirmés par le porte-parole de la police Paul Manga.

"Nous avons interpellé 12 personnes dans différents quartiers de la ville" ce matin, a-t-il ajouté. "Les 12 interpellés sont à la coordination de la police judiciaire où ils seront entendus sur procès verbal avant d'être déféré au parquet".

La grève "générale" s'étend au secteur privé au Tchad (vidéo)
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Depuis fin janvier, les appels à marcher contre les mesures d'austérité imposées par le gouvernement se sont multipliés autant que leurs interdictions par le gouvernement.

Pour avoir soutenu un appel à manifester mardi, dix partis d'opposition -dont celui du député Djimet Clément Bagao, porte-parole d'une coalition de six partis- ont été suspendus mercredi pour deux mois pour "troubles à l'ordre public" et "incitation à la violence".

Les syndicats ont durci la grève mercredi en demandant aux établissements de santé publique de suspendre leur service minimum, alors que la plupart des administrations et établissements du service publics sont déjà paralysés par une grève générale depuis le 29 janvier.

Les syndicats ont déclenché ce jour-là une grève générale et illimitée des fonctionnaires à la suite de la réduction des salaires des agents de l'Etat et l'augmentation de l'impôt sur le revenu.

"(…) Les secteurs qui génèrent les recettes ont à la tête des responsables qui appartiennent à la famille de Monsieur Deby. Ils sont intouchables et détournent systématiquement les recettes", a accusé sur VOA Afrique Mahamat Nour Ibedou, secrétaire général de la Convention Tchadienne pour la Défense des Droits Humains (CTDDH).

Cette grogne sociale généralisée, soutenue par l'opposition, a pris des allures de fronde contre le président Déby, au pouvoir depuis 1990. Elle fait suite aux mesures d'austérité mises en place par le gouvernement pour pallier la grave crise économique que traverse ce pays pétrolier depuis 2014, conséquence de la chute du prix du baril.

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