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CAN 2017 : quand le sélectionneur de l'Algérie Georges Leekens retrouve la Tunisie


Georges Leekens, alors sélectionneur de la Tunisie, lors de la CAN 2015 en Guinée-Équatorial à Bata, le 31 janvier 2015.

Le Belge Georges Leekens, sélectionneur de l'Algérie, retrouve jeudi au stade de Franceville (17h00) l'équipe de Tunisie, qu'il avait menée en quarts de finale de la CAN-2015, mais à qui il ne pourra faire le moindre cadeau.

Tenue en échec par le Zimbabwe (2-2) au terme d'une piètre prestation lors de son premier match de la CAN gabonaise, l'Algérie a effectivement plutôt intérêt à s'imposer face aux Aigles de Carthage avant le dernier match face au solide Sénégal.

Et Leekens prévient les Tunisiens (battus 2-0 par le Sénégal au premier match): "Je connais tout de cette équipe", qu'il a entraînée en 2014 et 2015.

"C'est une équipe redoutable, qui a bien évolué ces derniers mois mais ses joueurs n'ont pratiquement plus de secrets pour moi", explique-t-il dans la presse belge.

Il avait quitté la dernière CAN sur une grosse colère: il avait dénoncé avec véhémence l'arbitrage responsable selon lui de l'élimination de sa Tunisie en quart de finale (2-1 a.p.) par la Guinée équatoriale, pays organisateur.

A 67 ans, Leekens en est à sa cinquième expérience à la tête d'une sélection nationale: la Belgique (1997-1999 puis 2010-2012), l'Algérie déjà (en 2003) et donc la Tunisie (2014-2015).

Sportivement, les résultats ont été mitigés mais le technicien flamand au langage souvent imagé s'enorgueillit d'avoir "toujours professionnalisé" les fédérations au sein desquelles il a travaillé.

'Monsieur 90%' ou 'Long Couteau'

Au Gabon, les joueurs algériens disposent par exemple d'un avion privé "afin d'éviter les pertes de temps dans les déplacements", et de leur propre nourriture.

"On a tout mis en place pour réussir", assure Leekens, qui aura sans doute été refroidi par la contre-performance de ses ouailles face au Zimbabwe.

"Je savais que ce serait difficile, répond l'entraîneur. Nous sommes dans un groupe compliqué. Si cela n'avait pas été le cas, la Fédération algérienne ne m'aurait pas engagé", poursuit-il avec son aplomb habituel.

Leekens est un baroudeur. Depuis ses débuts comme entraîneur en 1984 au Cercle de Bruges, il a déjà effectué 23 missions différentes, avec pour principal fait d'armes un titre de champion de Belgique avec le FC Bruges (1990).

En Belgique, "Long Couteau" (un surnom qui lui vient de sa taille et de ses longues jambes) est surtout considéré comme un excellent communicant.

En 2012, lorsqu'il quitte la tête des Diables Rouges sur un bilan décevant (une non qualification pour l'Euro, une dispute avec Eden Hazard), il estime toutefois avoir effectué "90% du boulot" pour que son successeur fasse de la Belgique une grande équipe.

Il sera moqué par la presse locale qui le surnommera ironiquement "Monsieur 90%".

Cette même presse mettra aussi en évidence le caractère vénal d'un entraîneur parfois davantage attiré par les euros que par le défi sportif, comme quand il avait délaissé les Diables Rouges en 2012 pour un salaire plus attrayant au FC Bruges.

Malgré ces critiques, l'ancien entraîneur a toujours conservé ses partisans et n'est jamais resté longtemps sans emploi, même après un licenciement.

La Fédération algérienne n'a d'ailleurs guère hésité à le faire signer alors qu'il restait fin 2016 sur de piètres résultats à la tête du modeste Lokeren, empêtré dans les bas-fonds du championnat de Belgique.

"Sa désignation a été approuvée à l'unanimité par les membres du bureau fédéral", avait écrit en octobre dernier la Fédération algérienne de football (FAF).

La FAF espère ne pas s'être trompée. Une ébauche de réponse interviendra jeudi face à la Tunisie.

Avec AFP

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