Liens d'accessibilité

CAN 2017 : Essam El-Hadary, immortel pharaon


L'Égyptien et gardien de but Essam El-Hadary fête sa victoire contre le Cameroun à Benguela, le 25 janvier 2010.

Essam El-Hadary vient à peine de souffler ses 44 bougies qu'un record s'offre déjà à lui: le mythique gardien égyptien deviendra mardi, s'il est aligné face au Mali, le joueur le plus âgé à disputer une phase finale de CAN.

Il sera très difficile de le déloger ! Son compatriote Hossam Hassan n'avait "que" 39 ans, 5 mois et 24 jours, quand il avait établi cette marque en 2006. A titre de comparaison, le plus jeune joueur de l'édition 2017 est né en 1998, soit l'année du premier sacre africain d'El-Hadary.

Avec quatre CAN à son palmarès (1998, 2006, 2008, 2010), le portier aux cheveux gominés a un CV à faire frémir les derniers géants du continent comme Samuel Eto'o (2 CAN), ou Yaya Touré (1 CAN), déjà à la retraite internationale, à respectivement 35 et 33 ans.

Et il n'a toujours pas dit son dernier mot. "Momifié" lors des trois dernières éditions (l'Égypte ne s'était pas qualifiée), le capitaine des Pharaons est enfin de retour sur la scène continentale avec un seul objectif: permettre à l'Égypte, nation africaine la plus titrée de l'histoire, de décrocher une 8e étoile, sept ans après son dernier sacre.

4 juin 2016. En dépit d'une absence de plus deux ans, son sélectionneur Hector Cuper, n'hésite pas à le titulariser contre la Tanzanie (2-0), match qui validera le ticket des Égyptiens pour le Gabon. Depuis, il n'a plus quitté les cages, à l'image du choc contre le Ghana (2-0) en novembre dernier, comptant pour les éliminatoires pour le Mondial-2018.

"Appartement à côté du stade"

Comment expliquer une telle longévité ? Pour Patrice Carteron, son ancien entraîneur dans le club égyptien de Wadi Degla (2016), le vétéran possède tout simplement "une mentalité, une hygiène de vie, et une diététique absolument exceptionnelles."

"Il consacre ses journées au bien-être de son corps. Il sait parfaitement se gérer", confie-t-il à l'AFP. "C'est quelqu'un qui va venir 1 heure 30 avant tout le monde à l'entraînement pour aller en salle faire des étirements, un gros travail personnalisé. Même chose après".

Une anecdote, sur sa gestion du sommeil, l'a par exemple particulièrement marqué: "Le Caire est une ville de 20 millions d'habitants, cela veut dire que parfois, pour traverser la ville, il faut quasiment trois heures avec les bouchons. C'est le seul joueur que j'ai connu à avoir un appartement juste à côté du stade afin d'éviter de trop circuler, alors que sa femme et ses enfants habitent un peu plus loin dans une grande maison".

Hormis Raïs M'Bolhi (Algérie, 30 ans), qui a fait des arrêts miracles contre le Zimbabwe, ou encore Denis Onyango (Ouganda, 29 ans), sacré meilleur joueur africain évoluant sur le continent, ils sont encore très peu à le concurrencer sur la ligne de but en Afrique.

Objectifs: Mondial et record de Mondragon

"Dans le face à face, il est exceptionnel. C'est vraiment là où il a le plus de qualités, il sait attendre le dernier moment pour se jeter dans les jambes. Il anticipe systématiquement le bon côté au moment de la frappe", remarque Carteron, en comparant sa trajectoire à celle de Gianluigi Buffon (38 ans), toujours portier de l'Italie depuis près de 20 ans.

Malgré sa trentaine de trophées décrochés sur le continent, une chose manque toutefois à El-Hadary : disputer un Mondial avec les Pharaons. Son rêve.

"Je suis fier de ma longue carrière mais une participation à la Coupe du Monde représente quelque chose d'exceptionnel dans la vie d'un joueur. Mon ambition n'a pas de limite et je suis toujours déterminé à atteindre cet objectif", avait-il confié dans un entretien à la Fifa, en juin dernier.

S'il y parvient, il pourrait devenir cette fois le joueur le plus âgé à disputer une Coupe du monde, record détenu par le gardien colombien Faryd Mondragon (43 ans et trois jours) depuis 2014. Mais avant, ne comptez pas sur lui pour faire impasse sur la CAN-2017 !

Avec AFP

XS
SM
MD
LG