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CAN 2017 : Zimbabwe, un retour les poches vides mais plein d'espoir


Le Zimbabwe joue contre l'Égypte lors des qualifications au stade d'Harare, le 9 juin 2013.

Sa préparation a été agitée par des problèmes financiers mais après onze ans d'absence, le Zimbabwe retrouve dimanche la phase finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) avec l'espoir de représenter la grande surprise du tournoi.

Pour ces retrouvailles avec l'élite continentale, les "Guerriers" auront fort à faire puisqu'ils ont hérité du groupe B composé de quelques uns des prétendants les plus sérieux au dernier carré de la compétition qui se joue au Gabon.

Après l'Algérie en hors-d'oeuvre dimanche, ils affronteront deux autres "gros morceaux", le Sénégal puis la Tunisie.

Sur le papier, le Zimbabwe semble donc promis à jouer les utilités. Classé au 103e rang du classement Fifa, le 30e en Afrique, il n'a jamais dépassé la phase de groupes lors de ses deux précédentes participations, en 2004 et 2006.

Ses relations chaotiques avec sa tutelle administrative ne plaident pas non plus en faveur d'un exploit.

Jusqu'à la veille du tournoi, les "Jaune et Vert" et leur encadrement ont eu maille à partir avec leur fédération (Zifa) autour des conditions financières de leur campagne gabonaise.

Un grand classique du football africain, encore aggravé par la situation économique catastrophique que traverse le pays, dirigé d'une main de fer depuis 1980 par Robert Mugabe (92 ans).

Au bord de l'asphyxie financière, l'Etat éprouve les pires difficultés à payer ses fonctionnaires et la Fédération ses cadres et joueurs.

- Primes -

La semaine dernière, la Zifa a ainsi réglé en urgence une énorme facture de l'hôtel d'Harare où le onze zimbabwéen s'était replié faute de pouvoir utiliser le Stade national. La faute à une facture non payée par... la fédération.

Bis repetita quelques jours plus tard. La Zifa a encore dû mettre la main à la poche pour faire taire la grogne des joueurs, qui refusaient d'embarquer pour le Gabon si leurs primes de jeu et leur forfait journalier n'étaient pas revus à la hausse.

Parce qu'en ce domaine deux précautions valent mieux qu'une, le grand argentier de la Zifa a confirmé publiquement que les 23 joueurs avaient reçu un premier versement jeudi.

"Pour les trois premiers matches, c'est 5.000 dollars US par match", a assuré Philemon Machana, cité par le quotidien d'Etat The Herald.

La Fédération zimbabwéenne traîne depuis pas mal d'année déjà une réputation de très mauvais payeur. L'an dernier, la sélection a ainsi été exclue des qualifications pour la Coupe du monde 2018 à cause d'un impayé de 67.000 dollars US dû à son ex-sélectionneur brésilien, Jose Claudinei Georgini.

Très irrité par ces querelles de tiroir-caisse, le patron de la Zifa a riposté en affirmant que son équipe serait "la mieux payée de la compétition". "Avec ça, nous attendons de très bons résultats", a ajouté Philip Chiyangwa.

Partout dans le pays, ces péripéties n'ont pas entamé les espoirs les plus fous des supporters des "Guerriers".

- 'Surprise' -

Tous citent en exemple l'excellent, et inattendu, parcours qualificatif de leurs protégés, qui ont terminé en tête d'un groupe composé du Swaziland, du Malawi et surtout de la Guinée (4 victoires, 1 nul, 1 défaite).

"Beaucoup pensent qu'ils vont servir de +punching ball+ aux autres équipes. Moi, je ne m'attends pas à ce qu'ils rentrent prématurément au pays", pronostique le vétéran du journalisme sportif local, Stanley Katsande.

"Ils ne finiront peut-être pas premiers de leur groupe, mais vous verrez que les gars vont faire une forte impression".

Son collègue Nigel Matongere lui aussi veut y croire. "Ils (les autres pays du groupe B) sont peut-être des géants du football africain, mais ils ont leurs faiblesses", assure-t-il.

La formation dirigée par Callisto Pasuwa dispose des joueurs pour briller, dit-il. Parmi eux, l'attaquant Knowledge Musona, qui brille sur le terrains belges sous les couleurs du KV Ostende et surtout le milieu offensif Khama Billiat, champion d'Afrique avec les Mamelodi Sundowns sud-africains.

"Avec de l'organisation et pas mal de la chance, les +Guerriers+ pourraient bien créer la surprise au Gabon", s'enthousiasme M. Matongere.

Ragaillardi par la prestation de ses troupes mardi face au Cameroun (1-1), Pasuwa n'est pas loin de croire à un exploit, lui non plus. "S'ils peuvent refaire ce qu'ils ont produit contre le Cameroun en amical, alors nous surprendrons tout le monde".

Avec AFP

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