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Colère des habitants face aux délabrements des routes à Yaoundé

Embouteillages à moins de 5 minutes du stade omnisports de Yaoundé, au Cameroun, le 28 février 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Au Cameroun, le délabrement avancé de certaines routes à Yaoundé, devant accueillir la coupe d’Afrique des nations de football 2019, a poussé les Camerounais à se plaindre au gouvernement qui va entreprendre des travaux sur certains axes.

Les embouteillages sur les routes dégradées à Yaoundé n’en finissent plus. Comme sur la bretelle Mimboman Sapeur-marché Essos.

La bretelle, en plus de desservir les quartiers Est de Yaoundé, est aussi l’une des voies les plus sollicitées par les automobilistes lors des grands matchs de football à Yaoundé.

L’axe en question est devenu un véritable cauchemar pour les riverains. Tout au long de l’avenue marchande, les commerçants expriment leur ras-le-bol.

Début des travaux de réhabilitation d’une route à Yaoundé au quartier Etam Bafia, au Cameroun, le 28 février 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Début des travaux de réhabilitation d’une route à Yaoundé au quartier Etam Bafia, au Cameroun, le 28 février 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

"Je loue cette boutique depuis huit ans et depuis cinq ans, j’ai perdu la quiétude en saison pluvieuse. Tout est inondé à cause de la rigole qui n’est pas aménagée", déplore Mme Tagne, commerçante au marché Essos à Yaoundé.

Quand il pleut, "même les voitures ne circulent plus sur cette route, on est obligé de transporter les passagers sur le dos", renchérit Zaché, qui conduit un porte-tout au marché Essos.

Le malaise est grand ici. Lors du passage de VOA Afrique au marché Essos, les dégâts causés par les inondations à cet endroit étaient encore visibles dans certaines boutiques.

Travaux en arrêt depuis plus de trois ans sur une route située à côté d’un palais de justice à Yaoundé, au Cameroun, le 28 février 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Travaux en arrêt depuis plus de trois ans sur une route située à côté d’un palais de justice à Yaoundé, au Cameroun, le 28 février 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Plus loin, à moins d’un kilomètre de l’axe que prend généralement le cortège présidentiel, se trouve une autre bretelle en état de délabrement avancé.

C’est le quartier Etam Bafia à Yaoundé.

Merlin, un habitant du quartier, confie à VOA Afrique: "la dernière fois que le goudron est passé sur cette route, c’était Il y a 43 ans". Après quoi, la route s’est dégradée et a été classée aux oubliettes.

"A cause du mauvais état de cette route, nous avons souffert tant en saison pluvieuse que sèche. Les enfants tombaient malades sans oublier qu’un tas d’ordures jonchait cette voie", raconte Merlin, qui dit vivre le début des travaux sur cette route comme dans un rêve.

A Yaoundé, même à proximité des édifices publics, certaines voies secondaires à n’échappent plus au phénomène de dégradation avancée. C’est le cas avec la route qui jouxte le palais de justice d’Ekounou.

Une plaque qui annonce les travaux sur une dizaine de voies délabrées à Yaoundé, au Cameroun, le 28 février 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Une plaque qui annonce les travaux sur une dizaine de voies délabrées à Yaoundé, au Cameroun, le 28 février 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Les travaux débutés n’ont pas jamais été achevés, laissant place à l’insalubrité. Les populations s’y accommodent depuis trois ans.

Au même titre, les propriétaires de véhicules exploitent malgré eux cette voie pour éviter les bouchons.

Cependant, des voix s’élèvent déjà pour décrier la grande les routes dégradées de la capitale.

"Je ne vais pas indexer le président de la République, mais je dirai que les autorités doivent faire quelque chose pour nous soulager de cette peine", a déclaré Arlette, une coiffeuse au marché Essos.

A cet endroit, les signes annonciateurs des débuts de travaux de réhabilitation de cette route sont visibles.

Colère des habitants face au délabrement des routes à Yaoundé (vidéo)
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Une société des BTP a installé son quartier général non loin de la chapelle de quartier Essos. Cependant certains riverains sont sceptiques sur la conduite à terme des travaux.

"Qui vous dit qu’on va bien réhabiliter cette route? Nous sommes habitués aux travaux superficiels réalisés", lâche Issa, un jeune du quartier.

>> Lire aussi : Le Cameroun développe ses propres drones

Combien de routes en état de délabrement avancé vont-elles être réhabilités ?

A cette question, le délégué régional de l’urbanisme et de l’habitat, maître d’ouvrage des travaux réalisées à Yaoundé, n’a pas souhaité en dire plus à VOA Afrique, en dépit des sollicitations.

Ces travaux entrent dans ce que le gouvernement camerounais a baptisé "le plan d’urgence triennal pour l’accélération de la croissance économique".

Au marché Essos, situé à moins de 5 minutes du stade omnisports de Yaoundé, l’un des stades qui devrait accueillir les matchs de la CAN 2019 à Yaoundé, les habitants espère oublier bientôt les désagréments consécutifs au mauvais de la route Mimboman sapeur – Marché Essos.

Emmanuel Jules Ntap, correspondant à Yaoundé

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Ghana: agressions contre des journalistes, trois policiers suspendus

Un journaliste d'investigation avec le visage caché lors d'une interview à Accra, Ghana, 12 juin 2018.

La police ghanéenne a suspendu trois agents mis en cause dans l'agression de journalistes qu'ils avaient frappés, dans un contexte d'inquiétude professionnelle après le meurtre d'un journaliste anti-corruption réputé.

Les policiers suspendus mercredi sont accusés d'avoir frappé trois journalistes du Ghanaian Times impliqués dans une infraction routière, qui les filmaient à Accra, le 14 mars. Parmi les journalistes, une femme a dû être hospitalisée.

La violence de cette agression a choqué, dans un pays souvent salué pour son dynamisme démocratique, classé 23e sur 180 pays dans l'indice mondial 2018 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF) - devant la France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

Mais en janvier, l'assassinat par des hommes non identifiés du journaliste d'investigation Ahmed Hussein-Suale, qui avait révélé de graves scandales de corruption dans le monde du football africain, avait déclenché une vague d'indignation.

L'Association des journalistes du pays a qualifié l'agression des trois journalistes de "barbare, à une époque où la police est censée faire respecter la loi et non l'enfreindre".

"Cet incident ne doit pas s'ajouter à la liste des cas d'agressions non résolus de journalistes par des policiers. Cette culture de l'impunité doit prendre fin maintenant !", a-t-elle ajouté.

Selon les médias locaux, depuis 2006, plus de 20 agressions de journalistes par des policiers ou des militaires n'ont fait l'objet d'aucune poursuite. Dans la plupart des cas, les journalistes étaient en train de filmer les membres des forces de sécurité.

"L'Etat n'est pas intéressé par l'ouverture de poursuites judiciaires contre ses fonctionnaires", a commenté l'avocat Samson Anyenini, qui a défendu à plusieurs reprises des médias lors de procès au civil.

Pour le porte-parole de la police ghanéenne David Eklu, les allégations d'agressions de membres des forces de l'ordre contre des journalistes sont "prises très au sérieux".

Avec AFP

Macron ne se rendra pas aux commémorations du génocide rwandais

Le président français, Emmanuel Macron, à gauche, reçoit le président rwandais, Paul Kagame, au palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 23 mai 2018..

Emmanuel Macron, qui avait été invité par Kigali à participer à la 25e commémoration du génocide rwandais le 7 avril, ne s’y rendra pas et a chargé le député de la République en Marche (Larem) Hervé Berville, orphelin tutsi, de le représenter, a annoncé jeudi l’Elysée.

“Le président de la République a été sensible à l’invitation mais il ne pourra pas s’y rendre, il a donc désigné le député des Côtes-d’Armor, Hervé Berville, pour le représenter”, a-t-on indiqué. “La France sera aux côtés du Rwanda dans ce moment de deuil et de recueillement”.

Nicolas Sarkozy est le seul président français à s’être rendu au Rwanda, en février 2010.

Les relations entre la France et le Rwanda ont traversé plusieurs zones de turbulences ces dernières décennies, empoisonnées par la question du rôle joué par Paris lors du génocide des Tutsis en 1994.

L’actuel président rwandais Paul Kagamé a notamment accusé en 2014 Paris d’avoir “participé” à ces massacres qui ont fait selon l’Onu 800.000 morts, des accusations rejetées par les autorités françaises.

En mai 2018, à l’occasion de la visite de Paul Kagamé à Paris, Emmanuel Macron avait exprimé le souhait de nouer une relation “pragmatique” avec Kigali mais avait écarté dans l’immédiat un retour d’un ambassadeur français au Rwanda, reconnaissant que la normalisation prendrait du temps.

Avec Reuters

Les Algériens restent mobilisés un mois après le début de la contestation

Manifestation dans les rues d'Alger, contre le gouvernement, le 19 mars 2019.

Un mois après le début de la contestation, les Algériens entendent rester mobilisés, avec de nouvelles manifestations vendredi pour réclamer le départ du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 20 ans et dont le camp se fissure.

Les deux précédents vendredis ont vu une mobilisation record. Le 15 mars, des manifestations ont été enregistrés dans 40 des 48 préfectures du pays, selon des sources sécuritaires, et des diplomates ont évoqué "des millions" d'Algériens dans les rues.

Sur les réseaux sociaux, les appels à la mobilisation se sont poursuivis cette semaine autour des mots-dièses "Mouvement_du_22_mars", "Partez tous!", ou du slogan "Nous sommes unis, ils sont finis".

La météo annonce de la pluie, pour la première fois depuis le début de la contestation le 22 février, mais il en faut plus pour décourager les manifestants, qui appellent à se munir d'un parapluie et de l'orner du drapeau national -vert et blanc frappé de l'étoile et du croissant rouges-, accessoire désormais indispensable du manifestant algérien.

​"La rue va gronder sous la pluie", assure un twitto.

"Le peuple algérien exige le départ immédiat et sans conditions du président Bouteflika", indique une affichette circulant sur les réseaux sociaux, qui invite également "les responsables des pays qui soutiennent le pouvoir illégitime algérien à cesser (...) leur ingérence".

Les manifestations, sans précédent depuis l'élection de M. Bouteflika en 1999, sont restées jusque-là globalement pacifiques.

Lors d'une tournée à Rome, Moscou -allié historique d'Alger- et Berlin, le nouveau vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères algérien Ramtane Lamamra a répété et confirmé que M. Bouteflika remettrait ses fonctions à un successeur élu lors d'une présidentielle dont la date n'a pas encore été fixée.

- Fissures -

En reportant le 11 mars l'élection présidentielle prévue le 18 avril jusqu'à l'issue d'une conférence nationale chargée -à une date non précisée- de réformer le pays et de le doter d'une nouvelle Constitution, le chef de l'Etat a prolongé d'autorité son mandat actuel au-delà de son expiration constitutionnelle le 28 avril.

Agé de 82 ans, M. Bouteflika est affaibli par les séquelles d'un AVC qui, depuis 2013, l'empêchent de s'adresser de vive voix aux Algériens et rendent rares ses apparitions publiques.

Aucune sortie de crise ne semble émerger, chaque camp campant sur ses positions. Le président refuse de céder le pouvoir et le "prolongement" du mandat a continué d'être largement rejeté.

Etudiants, professeurs, professionnels de santé, avocats, magistrats ont tour à tour manifesté cette semaine, montrant que la mobilisation ne faiblissait pas.

Côté pouvoir, les efforts du nouveau Premier ministre Noureddine Bedoui pour former un gouvernement rajeuni de "technocrates" semblent toujours stériles, dix jours après sa nomination.

Et le camp présidentiel apparaît plus divisé que jamais face à l'attitude à adopter.

Les fissures apparues depuis le début de la contestation ont semblé s'élargir parmi ceux qui il y a à peine plus d'un mois étaient les plus fervents partisans d'un cinquième mandat du chef de l'Etat, dont la candidature a finalement jeté les Algériens dans la rue.

- Qui décide -

Mercredi, le patron de la propre formation du président Bouteflika, le Front de libération nationale (FLN), s'est livré à un exercice de grand écart, en assurant que l'ancien parti unique, au pouvoir depuis 1962, "soutient le mouvement" de contestation, tout en prônant le "dialogue" proposé par le chef de l'Etat.

Du côté du principal allié, le porte-parole du Rassemblement national démocratique (RND), Seddik Chihab, a affirmé que le parti s'était "trompé" en soutenant la candidature de M. Bouteflika à un cinquième mandat.

Plus grave, il a accusé des "forces non constitutionnelles" de diriger le pays, disant ne pas savoir qui décide "réellement" à la présidence.

Un discours tenu habituellement par les plus féroces opposants à M. Bouteflika.

Le RND, parti de l'ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, récemment sacrifié à la colère populaire, a eu beau se démarquer des déclarations de son porte-parole, les protestataires voient dans l'apparent délitement du "système" un encouragement à poursuivre de la mobilisation.

La contestation en Algérie, pays membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), a été déclenchée le 22 février après la décision du chef de l'Etat de briguer un cinquième mandat. Et sa promesse ensuite de ne pas se porter candidat à une présidentielle à la date inconnue n'a pas apaisé les Algériens.

Avec AFP

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