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Le Cameroun développe ses propres drones

Présentation d’un modèle de drone de Will And Brothers, spécialisé pour les missions de défense, le 10 février 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Conçue localement par des Camerounais, sous la houlette de William Elong, la startup "Will and Brothers", a déjà trois drones à son actif, présentés au grand public samedi à Yaoundé.

Le public n’a pas manqué d’acclamer William Elong, âgé 25 ans, et neuf de ses jeunes collaborateurs lors de la cérémonie de présentation des drones.

Sur la cour arrière de l’Hôtel de ville de Yaoundé, où la jeune startup "Will and Brothers" a présenté les drones fabriqués à Douala, les visiteurs ont été impressionnés par les trois modèles exposés à l’occasion.

Parmi lesquels, le "cyclop", un drone muni d’un capteur qui détecte automatiquement les personnes, objets et animaux.

>> Lire aussi : Cameroun : des drones pour combattre Boko Haram

"Il est aussi utile pour des décomptes avec précision", a expliqué William Elong, son concepteur.

Ce dernier a poussé plus loin encore son ingéniosité dans la fabrication des autres drones de la start-up.

"Algo" est le premier, une voilure fixe avec une portée de 20 kilomètres et plus de 45 minutes d’autonomie. "Logarithm", le second est un hexacoptère. Et le dernier est un drone terrestre baptisé "Sanaga", du nom d’un fleuve du Cameroun, explique t-il.

"Il y a donc variétés d’opérations avec ces drones".

A gauche, William Elong, le CEO de Will And brothers, le 10 février 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
A gauche, William Elong, le CEO de Will And brothers, le 10 février 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

"L’un de nos modèles peut faire un audit sur les pylônes des télécommunications. Un autre fait la surveillance maritime, frontalière", a conclu M. Eyong.

Ces réalisations ont attiré des élèves et étudiants de certains établissements scolaires et universitaires de Yaoundé, tous venus découvrir les premiers drones "made in Cameroon".

"Je repars avec la conviction qu’il suffit tout simplement d’avoir de la créativité et être déterminé dans ce qu’on veut faire réaliser des grandes prouesses technologiques", a commenté un étudiant de l’Ecole nationale supérieure des postes et télécommunications et TIC ( SUP’PTIC).

"A voir ce qu’ils ont réalisé, ils ont transformé un rêve en réalité", a ajouté un élève d’un lycée de la capitale présent à la cérémonie.

Il faut préciser que William Eyong n’est pas titulaire d’un baccalauréat scientifique.

"J’ai fait des recherches sur internet sur la fabrication des drones, des avions", témoigne t-il à son auditoire du jour.

Didier Zanga dirige un centre de métiers des travaux publics à Akonolinga à 117 km de Yaoundé. Il a bravé deux heures de route pour visiter le stand d’exposition des drones.

"Il y a de la matière grise, du génie, du savoir et surtout beaucoup de créativité dans le travail de ces jeunes gens. Ils méritent les encouragements de tous", a confié M Zanga à VOA Afrique.

Deux drones fabriqués par les jeunes camerounais à Douala au Cameroun, le 10 février 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Deux drones fabriqués par les jeunes camerounais à Douala au Cameroun, le 10 février 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Les trois premiers drones ont été conçus entre 2015 et 2017. Le coût de fabrication est de $200.000 (105 millions de francs CFA), une somme obtenue à l’issue d’une levée de fonds internationale.

Parmi les contributeurs, "il y a trois camerounais dont on peut donner l’identité", assure Adam Vessah, responsable de la communication de Will And Brothers.

M. Vessah précise cependant que les fonds "levés en 2017 étaient pour la fabrication de drones. 70% a été investi dans la recherche. Du coup nous nous sommes battus pour réaliser trois drones".

En novembre 2017, la start-up Will and Brothers a assisté au salon de la défense en France. Seules deux start-up africaines avaient été conviées à l’exposition.

L’équipe de la start-up Will and Brothers, concepteur des premiers drones camerounais, le 10 février 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
L’équipe de la start-up Will and Brothers, concepteur des premiers drones camerounais, le 10 février 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Aujourd’hui, Will and Brothers entend mettre en vente l’un des modèles de ses drones à 600.000 francs CFA, notamment pour les propriétaires des grandes exploitations agricoles.

Minette Libom Likeng, la ministre camerounaise des postes et télécommunications n’est pas indifférente au succès de la jeune start-up.

"Will And Brothers font la fierté du Cameroun. Ils ont parfaitement mis en application le message du Chef de l’Etat qui demande aux jeunes d’oser, d’innover et de créer. Nous appelons les autres jeunes start-up à leur emboîter le pas et à s’attendre à un soutien du gouvernement".

L’enjeu de la présentation des premiers drones fabriqués au Cameroun étant passé, il reste maintenant à relever celui des commandes .

Les concepteurs disent attendre des commandes des autres pays de la zone de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale.

Emmanuel Jules Ntap à Yaoundé

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Soudan: la contestation suspend les discussions avec l'armée, veut intensifier le mouvement

Sit-in devant le siège de l'armée à Khartoum, au Soudan, le 20 avril 2019. Les manifestants exigent que l'armée, qui a renversé et arrêté le président Omar al-Bashir la semaine dernière, cède immédiatement le pouvoir.

Les responsables de la contestation au Soudan ont annoncé dimanche la suspension des discussions avec les militaires, et appelé à intensifier les manifestations réclamant un pouvoir civil.

"Nous suspendons nos discussions avec le Conseil militaire" de transition, a déclaré un porte-parole des organisations représentant la contestation, Mohamed al-Amine, qui s'adressait à des milliers de personnes rassemblées devant le QG de l'armée à Khartoum.

"Nous considérons le Conseil militaire comme un prolongement du régime" de l'ex-président Omar el-Béchir, destitué le 11 avril dernier, a-t-il ajouté en appelant à "poursuivre et intensifier les manifestations jusqu'à ce que nos demandes soient satisfaites".

Les manifestants massés devant le QG militaire agitaient des drapeaux soudanais, et inondaient de lumière les bâtiments avec les lampes de leurs téléphones portables.

"Liberté, paix, justice" scandait la foule. "Notre révolution est civile, elle est protégée par le peuple" lançaient aussi des manifestants.

Le chef du Conseil militaire de transition, le général Abdel Fattah al-Burhane, a fait monter la pression sur les manifestants en "condamnant le blocage de routes et la fouille de personnes sans en avoir l'autorité", lors d'une rencontre avec des officiers de haut rang. Il faisait référence aux barrages et points de contrôle établis par les manifestants aux abords du QG de l'armée.

Samedi, les dirigeants militaires et les leaders de la contestation avaient eu des discussions et convenu de les poursuivre. D'autres séries de discussions avaient également eu lieu auparavant, selon un responsable de la contestation.

Plus tôt dans la journée, le général Burhane avait affirmé à la télévision son "engagement à remettre le pouvoir au peuple", et promis que l'armée répondrait dans la semaine aux demandes des manifestants.

- Annonce "dans quelques jours" -

Il avait également indiqué que l'équivalent de 113 millions de dollars, en devise américaine, euros et livres soudanaises, avaient été saisis dans la résidence de M. Béchir. Le président déchu a été arrêté puis emprisonné après sa destitution par l'armée sous la pression de la rue.

Et le nouveau procureur général, al-Walid Sayyed Ahmed, en place depuis quelques jours à peine, a de son côté annoncé des dispositions pour contrôler les biens des hauts responsables du régime de M. Béchir et de leurs familles.

Mais ces annonces n'ont pas apaisé la foule qui campe depuis plus de deux semaines devant le siège de l'armée pour réclamer un transfert rapide du pouvoir à une autorité civile, seule à leur yeux à même de garantir une véritable transition politique.

L'annonce de la composition d'un Conseil civil censé remplacer le Conseil militaire, qui était attendue dimanche, interviendra "dans quelques jours", a indiqué un porte-parole de la contestation, Madani Abbas Madani.

La contestation au Soudan, déclenchée le 19 décembre après la décision du gouvernement Béchir de tripler le prix du pain, s'est rapidement transformée en contestation inédite contre le président déchu et plus largement du système en place.

- Aide financière de Ryad et Abou Dhabi -

Arrivé au pouvoir par un coup d'Etat le 30 juin 1989, Omar el-Béchir a dirigé d'une main de fer un pays miné par des rébellions dans plusieurs régions et est en outre accusé de graves violations des droits humains.

Sur le plan économique, le pays a aussi souffert de l'embargo imposé par les Etats-Unis en 1997, en raison notamment d'un soutien à des groupes jihadistes, et retiré 20 ans plus tard. Le Soudan demeure cependant sur la liste américaine des "pays soutenant le terrorisme."

Une délégation soudanaise va se rendre à Washington pour discuter d'un retrait du Soudan de cette liste, a déclaré dimanche M. Burhane à la télévision.

Les Etats-Unis avaient salué jeudi les premières mesures prises par les militaires, mais ont aussi appelé à une transition qui réponde davantage aux aspirations démocratiques des Soudanais.

Washington avait également annoncé la venue à Khartoum de la responsable du département d'Etat américain chargée de l'Afrique de l'Est, Makila James, "ce week-end", sans préciser qui elle y rencontrerait. Le général Burhane n'a pas fait de commentaire sur cette visite dans son interview télévisée dimanche.

Ryad et Abou Dhabi ont confirmé dimanche leur soutien au Soudan en annonçant un dépôt de 500 millions de dollars dans la banque centrale soudanaise et une somme de 2,5 milliards destinée à financer les besoins du peuple soudanais en produits alimentaires, médicaments et produits pétroliers, selon l'agence saoudienne officielle SPA, qui n'a pas précisé s'il s'agit de dons ou de prêts.

Dimanche, la valeur de la livre soudanaise s'est fortement renforcée sur le marché noir, s'échangeant à 45 livres pour un dollar contre 72 livres la semaine dernière. Le taux de change officiel est fixé à 47,5 livres pour un dollar.

Avec AFP

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